A LA RECHERCHE D’UNE VILLÉGIATURE
souhait. Je m’adressai dans le même sens à Cosima à Berlin ; elle parut tout effrayée de mon idée, ce que j’ai compris plus tard, en voyant l’installation des Bülow.
En revanche, je fus vraiment surpris que mon beau-frère Avénarius, qui vivait également à Berlin dans une bonne situation, ne répondît point par un refus : il me pria seulement de venir d’abord me rendre compte si sa maison me conviendrait à la longue. Ma sœur Cécile était d’accord aussi, à condition de n’être pas obligée de recevoir ma femme ; mais au cas où celle-ci me ferait visite, on pourrait la loger facilement dans le voisinage. Là-dessus, la malheureuse Minna ne sut rien faire de mieux que de m’écrire une lettre furibonde pour se plaindre du manque d’égards de ma sœur. La perspective de voir les anciennes querelles recommencer au moindre prétexte m’effraya et m’empêcha d’accepter l’hospitalité d’Avénarius.
Il ne me restait donc plus qu’à m’établir dans un endroit tranquille des environs de Mayence, sous la protection financière de Schott. Celui-ci m’ayant parlé d’une jolie campagne appartenant au jeune baron de Homstein et située de ces côtés, je crus vraiment faire un honneur à ce monsieur, en lui demandant l’autorisation de me retirer pour un temps dans sa propriété du Rhingau. Aussi fus- je absolument déconcerté de l’effroi que lui inspira mon exigence. Je résolus donc de me rendre tout bonnement à Mayence et c’est vers cette ville que je fis diriger mon mobilier, resté emballé à Paris pendant près d’un an. Avant de partir, j’eus la consolation de recevoir une noble exhortation à la persévérance et à la résignation. J’avais tenu Mme Wesen-