ON FÊTE MON ANNIVERSAIRE
lorsque, le lendemain, de très bonne heure, le directeur du théâtre de Francfort, M. de Guaita, arriva auprès de la malade en montrant une inquiétude si vive qu elle ne me sembla pas découler uniquement de ses intérêts de directeur. Fort soulagé de ce qu’il prît si chaudement Frédérique sous sa « touchante » protection, je m’entretins un peu avec lui de la possibilité de faire représenter un de mes opéras à Francfort. Le jour suivant, j’aidai M. de Guaita, dont la tendresse me parut paternelle, à transporter la malade à la gare.
A peu de temps de là, je reçus la visite d’un sieur Burde, mari de la célèbre cantatrice Ney et acteur au théâtre de Francfort. Causant avec moi du talent de Frédérique Meyer, il me raconta qu’elle passait pour etre la maîtresse de M. de Guaita, homme fort considéré à Francfort à cause de son titre de noblesse, et quelle avait reçu de lui la maison qu’elle habitait. Cette nouvelle me causa un certain déplaisir, d’autant plus que M. de Guaita m’avait laissé une impression peu rassurante, tout à fait défavorable même.
Les personnes qui demeuraient dans le voisinage de mon asile de Biberich se comportèrent, elles, très amicalement envers moi, quand, le soir du 22 mai, jour de ma fête, elles acceptèrent ma modeste invitation. Mathilde Maier, sa sœur et son amie tirèrent fort adroitement parti de mon pauvre assortiment de vaisselle ; devenues en quelque sorte maîtresses de ma maison, ce furent elles qui en firent les honneurs.
Mais de nouveau ma tranquillité fut troublée par la correspondance de plus en plus agaçante de Minna. Lui