‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 288 sur 376 · MALADIE DE FRÉDÉRIQUE MEYER · texte numérisé non relu

MALADIE DE FRÉDÉRIQUE MEYER

sible de m’aider à réaliser mon désir. A quelque temps de là, ils m’annoncèrent en effet qu’on consentait à me louer cette salle moyennant un prix modique. Mais on me fit remarquer en même temps que mon projet n’était point praticable : personne ne pourrait ou ne voudrait me servir là-haut et il n’y avait en fait d’eau potable que celle, fort mauvaise encore, qu’on puisait dans la profonde citerne des oubliettes du château. Il me suffit de rencontrer un obstacle de ce genre pour me faire renoncer immédiatement à un projet si aventureux.

Je n eus pas plus de chance avec la propriété du comte de Schœnbom, dans le Rhingau. On m’avait signalé ce château qui n’était jamais habité par ses maîtres. J’y trouvai vraiment quantité de pièces vides que j’aurais pu arranger à ma convenance. Je me renseignai auprès de l’intendant ; il écrivit au comte, mais la réponse fut négative.

Un incident curieux vint à cette époque troubler mon travail déjà commencé. Suivant sa promesse, Frédérique Meyer, revenant de Mayence, s’était arrêtée une aprèsmidi chez moi avec une amie. Mais elle était à peine entrée qu’elle fut prise d’un grand malaise, et à notre effroi, elle déclara qu’elle se croyait atteinte de la fièvre scarlatine. Son état devint bientôt si grave qu’elle se hâta de se rendre à 1’ « Hôtel de l’Europe » et de s’y aliter pendant qu’on appelait un médecin.

Je fus frappé de la certitude avec laquelle Frédérique reconnut immédiatement la nature de la maladie qui la frappait et qui d’ordinaire ne se manifeste chez les enfants qu’en suite de contagion. Mais mon étonnement s’accrut

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