A FRANCFORT AVEC LES BÜLOW
l’aimable invitation de mes protecteurs. Eux aussi avaient songé à la possibilité de m’abandonner un petit appartement chez le régisseur du château, mais ils me rendirent attentif aux difficultés que j’aurais à m’y nourrir. Le prince s’occupait pour moi d’une autre question plus importante en cherchant à me creer a Vienne une situation durable. Dès qu’il irait à Vienne, m’assura-t-il, il s’adresserait au ministre Schmerling, qu’il croyait le plus apte à traiter cette affaiie. Peut être celui-ci réussirait-il à intéresser l’Empereur à ma personne et à trouver une position digne de moi. Lorsque je retoui nerais à Vienne, je devais tout simplement faire une visite à Schmerling en m’autorisant du prince. Puis, répondant à une invitation du grand-duc, les Metternich partirent pour Wiesbaden où je les accompagnai pour retrouver les Bülow.
Les Schnorr avaient quitté Biberich après une villégiature de quinze jours ; le moment du départ des Bülow approchait aussi. J’allai avec eux à Francfort où nous restâmes deux jours pour assiter à une représentation du Tasse de Goethe, précédée du poèmelsymphonique du même nom de Liszt. Cette représentation éveilla en nous les sentiments les plus divers. Tandis que Frédérique Meyer, dans le rôle de la princesse, et M. Schneider, dans celui du Tasse, nous enchantaient par leur jeu, la détestable exécution de l’œuvre de Liszt dirigée par le maître de chapelle Ignace Lachner désola Bülow. Au déjeuner que Frédérique Meyer nous avait offert avant la représentation, au restaurant du J ardin botanique, nous avions été rejoints par le mystérieux M. de Guaita. Et