‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 308 sur 376 · OFFRES DE WEISHEIMER ET DE GUAITA · texte numérisé non relu

OFFRES DE WEISHEIMER ET DE GUAITA

ce certain conseiller de cour Raymond qui avait l'oreille du premier chambellan, qu'en haut lieu on se mit enfin à considérer la représentation de Tristan comme une question d'honneur pour Vienne. Et c'est pourquoi maintenant on me faisait revenir.

Presque en même temps, le jeune Weisheimer m'écrivait de Leipzig où il s'était rendu, qu'il pensait pouvoir se risquer à y organiser un bon concert, si je voulais bien lui accorder la permission d'exécuter la nouvelle ouverture de mes Maîtres Chanteurs et celle de Tristan . Il estimait que cela ferait sensation, et que toutes les places se vendraient facilement ; on pourrait même hausser les prix et, tous frais payés, il me resterait une somme assez considérable. D’autre part, M. de Guaita s'occupait de la représentation de Lohengrin à Francfort, et tout en regrettant que les Schnorr fussent empêchés d'y participer, il me fallait tenir la promesse que j'avais faite de la surveiller. Toutes ces offres firent mûrir en moi le projet d’abandonner provisoirement la composition des Maîtres Chanteurs et de gagner le plus possible d’argent par des entreprises de concert. Le printemps suivant je reviendrais à Biberich et je reprendrais le travail de ma partition sans avoir à craindre les caprices de Schott. Je résolus donc de garder à tout prix mon logis actuel qui, somme toute, me convenait.

Mais, d'un autre côté, Minna insistait pour avoir mon lit et certains objets auxquels j'étais accoutumé et qu'elle voulait placer dans l'appartement loué à Dresde. Il fallait, m’écrivait-elle, que je trouve tout en ordre quand j’irais la voir. Ne voulant pas agir contre ma résolution

Page 1