‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 309 sur 376 · LO H EN GR I N ” A FRANCFORT · texte numérisé non relu

LO H EN GR I N ” A FRANCFORT

de lui rendre notre séparation aussi légère que possible, je lui expédiai tout ce qu’elle réclamait et j installai à neuf ma demeure des bords du Rhin. In fabricant de meubles de Wiesbaden consentit à me faire le long crédit que j’exigeais pour cela.

A la fin de septembre, je me rendis donc à Francfort pour y diriger huit jours durant les répétitions de LoJiengrin. Et de nouveau, dès mes premiers rapports avec le personnel de l’Opéra, je fis les anciennes expériences dont j’avais tant souffert jadis. Je faillis tout abandonner. Cependant je fus arrêté par l’esclandre que provoquerait mon départ et par les peines qu’on se donnait pour me retenir. Finalement, et malgré un personnel de chant détestable, je m’intéressai moi-même à l’effet que devait produire une représentation executée sans coupures, dans les « tempi » exigés et avec une mise en scène correcte. Frédérique Meyer fut certainement la seule qui se rendit compte de cet effet. Pourtant le public s enthousiasma comme de coutume ; mais on m’a raconté plus tard que les représentations suivantes dirigées par cette misérable mazette d'Ignace Lachner,tant choyé des Francfortois, étaient retombées à un niveau si bas que pour conserver l'opéra au répertoire, il avait fallu recourir à l’habituel mode d’estropiement.

Moi, l’impression d’ensemble m’avait fort abattu, d’autant plus que j’avais vainement attendu les Bülow. Cosima avait passé par Francfort sans s’arrêter ; elle avait dû se rendre rapidement à Paris pour porter les secours de son affection à sa grand’ mère très malade et qu’une nouvelle douleur venait de frapper. Blandine

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