CONCERTS A PEST (JUILLET 1S
tère dont j’avais fait la connaissance à l’occasion de la sérénade que m’avait donnée la Société des commerçants. C’est même lui qui l’avait organisée.
Je m’étais convaincu que je ne pouvais plus espérer que les études de Tristan fussent reprises à l’Opéra : si la fatigue de Mme Dustmann n’avait été qu’un prétexte, l’aphonie complète d’Ander était le véritable motif de la nouvelle interruption des répétitions. Le brave maître de chapelle Esser cherchait toujours à me persuader de confier la partie de Tristan au ténor Walter, mais ce chanteur m’était tellement antipathique que je ne pus même pas me contraindre à l’écouter une seule fois dans Lohengrin.
Je ne me souciai donc plus du tout de cette affaire et m’efforçai de m’absorber dans la composition de mes Maîtres Chanteurs. Je me mis à instrumenter la partie déjà composée du premier acte, dont je n’avais encore achevé que quelques fragments ; mais, avec l’été, les préoccupations de l’avenir vinrent me gâter les jouissances du présent et comme j’avais à tenir mes engagements, envers Minna surtout, je me rendis compte qu’il me fallait recommencer à gagner de l’argent.
Aussi l’invitation imprévue qui m’arriva du Théâtre national de Pest tomba- t-elle juste à propos. Je devais y diriger deux concerts. Dès la fin de juillet, je me mis en route pour la capitale de la Hongrie, où je fus reçu par l’intendant Radnodfay, que je ne connaissais pas du tout. Un violoniste de talent, nommé Réményi, autrefois protégé de Liszt, me déclara que je devais à ses seules démarches mon appel à Pest; il continua du reste à