‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 365 sur 376 · LE SECRÉTAIRE DU ROI DE BAVIÈRE · texte numérisé non relu

LE SECRÉTAIRE DU ROI DE BAVIÈRE

ment surpris de ce que ma présence à Stuttgart fût déjà connue par des personnes de passage, je fis répondre que je n’y étais pas et je ne tardai pas à retourner à mon hôtel. Là, on me dit encore qu’un monsieur de Munich désirait absolument me voir ; je donnai donc rendezvous à l’étranger pour le lendemain à dix heures du matin. Craignant toujours de nouveaux ennuis, je passai une mauvaise nuit. Le jour suivant, dans ma chambre, je reçus M. Pfistermeister, secrétaire du cabinet de S. M. le roi de Bavière. Ce monsieur m’exprima tout d’abord sa grande joie de ce que, après m’avoir cherché vainement à Vienne et à Mariafeld sur le lac de Zurich, où on lui avait donné des renseignements exacts, il avait enfin pu me découvrir à Stuttgart. Puis, il me remit un billet du jeune roi de Bavière, ainsi que le portrait de celui-ci et une bague comme cadeau. En peu de mots, mais qui atteignirent le cœur de ma vie, le jeune monarque se déclarait grand partisan de mon art et m’affirmait sa volonté de me prendre ainsi qu’un ami sous son égide afin de me préserver de toutes les iniquités du destin. Alors, M. Pfistermeister m’annonça qu’il était chargé de me conduire sur-le-champ auprès du roi et me demanda la permission d’annoncer télégraphiquement notre arrivée à Munich pour le lendemain. A midi, j’étais invité chez Eckert et M. Pfistermeister s’excusa de ne pouvoir m’y accompagner.

Mes amis, parmi lesquels se trouvait aussi le jeune Weisheimer d’Oslhofen, furent stupéfaits et ravis de la nouvelle que je leur apportais. On était encore à table quand Eckert reçut de Paris un télégramme lui appre-

Page 1