‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 38 sur 376 · HENRI VIEUXTEMPS. — HERMANN FRANCK · texte numérisé non relu

HENRI VIEUXTEMPS. — HERMANN FRANCK

Rahn-Esclier. Cet homme, aux manières tranquilles, parvint, avec le temps et grâce à son traitement calmant et modéré, à me remettre dans une voie normale supportable.

Je ne souhaitais plus qu'une chose : commencer mon poème combiné des Niebelungen. Mais, pour trouver le courage de faire cet effort, j'attendais la venue du printemps. J'employai mon temps à de petits travaux parmi lesquels je mentionnerai une lettre à Liszt destinée à la publicité. A propos de la « Fondation Goethe », j'exposai mes idées sur la nécessité de créer un théâtre allemand original. J'écrivis encore une seconde lettre, adressée à Franz Brendel, dans laquelle j'exprimai mon opinion sur la ligne de conduite que devait suivre une revue musicale.

De cette époque, je me rappelle une visite de Henri Vieuxtemps, venu à Zurich en compagnie de Belloni pour donner un concert. Comme autrefois à Paris, il réjouit mes amis en jouant du violon chez moi.

A l'entrée du printemps, Hermann Franck me fit aussi la surprise de sa visite. J'eus avec lui une conversation intéressante sur les récents événements politiques pendant lesquels je l'avais totalement perdu de vue. De son ton calme, il m'exprima son déplaisir de la fougue avec laquelle je m’étais mêlé à la révolution de Dresde. Très étonné, je me mépris sur le sens de ses paroles. Il m'expliqua alors qu’il m’avait toujours estimé capable de tous les enthousiasmes, mais qu’il ne m’avait pas cru assez étourdi pour prendre part à des entreprises aussi niaises. J'appris de lui l'opinion qui avait généralement

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