SÉJOUR A INTERLAKEN (JUILLET
événement dans le domaine d’un art nouveau et qu’ils en récolteraient des fruits précieux.
La sensation qu’occasionnèrent ces concerts se répandit de plus en plus en Suisse ; de très loin on nous pria de répéter ces auditions. Il me fut assuré que je pourrais redonner les trois concerts la semaine suivante sans craindre une moins forte affluence d'auditeurs. Lorsqu’on discuta la chose et que j’objectai ma fatigue et aussi mon désir de laisser à ces exécutions leur caractère extraordinaire, je fus heureux de rencontrer chez l'ami Hagenbuch une approbation aussi intelligente qu'efficace. On termina donc la fête et les musiciens purent repartir à la date convenue.
J’avais espéré que Liszt serait des nôtres à ces concerts, lui qui, en mars, avait célébré une « Semaine wagnérienne » à Weimar en représentant les trois opéras dont je n’avais donné que des fragments à Zurich. Malheureusement, il lui avait été impossible de se libérer assez tôt ; il me promit sa visite pour le commencement de juillet. D’Allemagne, mes fidèles amies Julie Kummer et Émilie Ritter étaient seules arrivées à temps. Elles partirent pour Interlaken les premiers jours de juin, et comme je sentais moi-même le besoin de me reposer, je les rejoignis avec ma femme à la fin de ce mois. Mais ce séjour d’agrément fut complètement gâté par une pluie continuelle. Le Ier juillet cependant, au moment où, désespérés, nous nous apprêtions tous les quatre à retourner à Zurich, le temps se remit au beau. Nous l’accueillîmes avec enthousiasme, affirmant qu'il nous était apporté par Liszt ; et en effet, dès notre retour à