‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 64 sur 376 · RÉUNION AVEC LISZT A BÂLE (OCT · texte numérisé non relu

RÉUNION AVEC LISZT A BÂLE (OCT

chauds ; mais ils aggravèrent mon excitation d’une manière inquiétante.

Enfin, le moment de la réunion de Bâle arriva. Liszt, sur 1 invitation du grand-duc de Bade, avait organisé et dirigé à Carlsruhe un festival musical dont la tendance avait été de donner des auditions dignes de nos propres compositions. Comme il m'était encore défendu de mettre le pied sur le territoire de la Confédération germanique, Liszt avait choisi Bâle, le point le plus rapproché de la frontière badoise, pour y amener les jeunes amis qui s étaient réunis autour de lui à Carlsruhe et qui désiraient me voir. Je fus le premier au rendez-vous. Le soir, j’étais seul, assis dans la salle à manger de l’hôtel des « Trois- Rois » quand, tout à coup, dans le vestibule, retentit le motif de la fanfare de Lohengrin dans l’appel du roi ; il était chante par un chœur de voix d’hommes peu nombreuses, mais fortes. La porte s’ouvrit et une bande joyeuse fit irruption, Liszt en tête. Je revis alors Hans de Bülow, après son hiver aventureux à Zurich et à Saint-Gall ; avec lui se trouvaient Joachim, Peter Cornélius, Richard Pohl et Dyonis Pruckner.

Pour le lendemain, Liszt m’annonça la visite de son amie la princesse Caroline de Wittgenstein et de sa fille, la jeune Marie. Il ne pouvait en être autrement : cette réunion qui, malgré son air familier, avait un certain air de grandeur, comme tout ce qui venait de Liszt, devint avec les heures d une gaieté extraordinaire. A l’instant le plus bruyant, je remarquai que Pohl avait disparu ; je le connaissais par l’ardeur avec laquelle il soutenait notre cause dans des articles qu’il signait

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