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XVI11 QUELQUES MOTS DU PETIT-FILS DE L'AUTEUR

Jacques Chevillet était trompette au 8° régiment de chasseurs à cheval. Parti au service à 15 ans, il n'eut pas le temps de recevoir une instruction bien complète: mais il avait en lui le talent du narrateur. Son récit est sincère, vif, vrai, et, lorsqu'il parle de charges à cheval et de combats, ce récit devient palpitant.

Durant dix années, il servit en Hollande, en Bavière, en Italie et en Autriche, qu'il parcourut, en semant partout sa bravoure et sa belle humeur.

Nommé sous-officier en pleine charge, il tomba quelques heures après grièvement blessé sur le champ de bataille de Wagram et son cheval tué sous lui. En sorte que ce jeune homme intelligent, adroit, hardi, plein de fougue, aimant les belles armes, les beaux chevaux et les belles batailles, vit sa carrière militaire brisée à l'âge de 24 ans, alors que toutes les espérances s'ouvraient devant lui.

Amputé du bras droit, au sortir de l'hôpital de Vienne, il ne craignit pas de se présenter au palais de Schoenbrunn, devant Napoléon. Celui-ci le reçut comme il savait recevoir ses soldats :

« Que veux-tu de moi, mon brave? lui dit l'Empereur.

— La croix d'honneur, Sire.

— La croix ne te rapportera que 250 francs. Je préfère, vu ta position, t'accorder une dotation de 500 francs qui te permettra de vivre plus à l'aise. Je ne puis te donner les deux choses à la fois car j’ai tant de braves comme toi à récompenser !

— Sire, que votre volonté soit ainsi faite! »

L'Empereur ajouta encore quelques mots, le prince

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