‹ Ma vie militaire 1800-1810Chapitre 15 sur 190 · QUELQUES MOTS DU PETIT-FILS DE L'AUTEUR XIX · texte numérisé non relu

QUELQUES MOTS DU PETIT-FILS DE L'AUTEUR XIX

Eugène et le maréchal Berthier, qui se trouvaient là, lui dirent également de bonnes paroles et ce soldat s'en alla fier et heureux d’avoir parlé à son Empereur.

D'étapes en étapes, après de longues semaines et de nombreuses aventures, il arriva dans ses foyers et rentra à Pontoise au mois de janvier 1810.

Doué d’une forte volonté, il voulut apprendre à écrire de la main gauche et il y parvint à force de persévérance. C’est alors que, aidé sans doute de notes qu'il avait dû prendre au jour le jour et servi par une admirable mémoire , il entreprit de raconter les souvenirs de sa vie militaire, ses aventures, ses traits de courage aussi bien que ses folies et ses fredaines. Il se mit sans délai au travail et termina son manuscrit en 1811. Ieureusement que, dans toute la fraicheur de sa mémoire et de sa jeunesse, il se hâta de parvenir au bout de sa tâche de conteur, car quelques années plus tard il n'eüt sans doute pas trouvé les loisirs et le courage d'accomplir ce travail. En effet, comme un grand nombre des serviteurs de l'empire, en butte aux tracasseries du gouvernement de la Restauration, privé de sa dotation, il connut la pauvreté et traversa les épreuves les plus difficiles. Grâce à sa laborieuse énergie il finit par conquérir une situation modeste qui lui permit d'assurer l'existence d'une nombreuse famille.

Je n’ai pas connu mon grand-père, car il est mort relativement jeune encore, le 2 février 1837, à Pontoise;

4. La lecture de l’Historique du 8° régiment de chasseurs à cheval nous a permis de constater l’exactitude rigoureuse des faits et des dates relatés dans les Souvenirs du trompette Chevillet. Cf. Essai sur l’organisation de la cavalerie légère suivi d’un historique sur le 8° chasseurs, par Jules Gay de Vernon. Paris, Dumaince, 1853.

Page 1