‹ Ma vie militaire 1800-1810Chapitre 17 sur 190 · XXII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XXII AVERTISSEMENT

chant, fort et faible, hardi et entreprenant, courageux et intelligent, prudent et étourdi, joyeux et sans souci, heureux et malheureux, soumis et indocile, espiègle et mal avisé, mais toujours guidé par des principes d'honneur, aimant la droiture et la loyauté, aimé et considéré de mes supérieurs et de mes camarades. Je n'ai pas besoin d'emprunter des actions des autres, mais je raconte ce que moi-même j'ai fait successivement à mesure que l’âge, la force, la raison et l'expérience m'ont donné les facultés de me conduire à travers les écueils d'une jeunesse ardente et fougueuse.

J'aime à le répéter, les actions un peu éclatantes qui se trouvent détaillées dans la suite de ce mémoire, toutes sont de ma facon: j'ai participé à toutes ; toutes sont relatives à ma conduite, je puis le dire sans vanité. Si le sort de la guerre ne m'ett pas sitôt arrêté dans ma carrière, je pouvais prétendre comme d’autres à l'avancement et aux récompenses qui distinguent les braves militaires. Puisque je voulais en faire mon état, je n'avais pas d'autre ambition en faisant ma profession des armes, que de bien servir ma patrie, apprendre à combattre comme un bon soldat pour l'honneur et pour la victoire sous le gouvernement d'un prince chéri de la nation, favori de la renommée, qui faisait déjà par son grand génie et ses talents la gloire et l'espérance des Français, la fortune des militaires qui servaient bien leur patrie, la terreur des ennemis, enfin l'admiration de toute l'Europe et de l'univers.

La vraie, l'impartiale histoire fera connaître à la postérité ce qu'a fait ce grand capitaine.

J'ai recueilli toutes mes lettres que j'ai divisées en quatre parties et que j'ai arrangées par ordre de dates ; les unes s'adressant à mon père, Îes autres à un ami.

La première et la deuxième partie de mes lettres ne

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