II. — ASPIRATIONS CHRÉTIENNES ET SOCIA] M
IMus tard, à l'Elysée, au F, ouvre, d'autres situations nous furent signalées, qui émurent notre pitié. Je me trouvai ainsi en rapports avec quelques hommes, de milieux très divers, des ouvriers, des demi-bourgeois, qui avaient été mêlés à l'insurrection et dont je ne pus obtenir la liberté.
Je les voyais souvent, je causais beaucoup avec eux, et l'impression qui me reste aujourd'hui, tivs précise, de 06fi conversations dont, après un si long temps écoulé, le détail est effacé de ma mémoire, c'est celle de l'involontaire désaccord de nos esprits : comme des étrangers que le hasard met en présence, nous parlions des langues différentes.
Sans doute aussi, nous étions encore, les uns et les autres, trop près de la lutte à peine terminée, pour apporter dans nos pensées et dans nos paroles le calme et la sérénité qui nous auraient peut-être rapprochés.
Un souvenir confirme pour moi cette réflexion. L'Assemblée nationale avait, dès le lendemain de la reprise de Paris, institué, sous la présidence du comte Daru, une grande commission d'enquête, chargée de rechercher les causes de l'insurrection. Quelques-uns de ses membres, ayant su que j'avais, durant le second siège, été chargé du service des renseignements, témoignèrent le désir de m' en tendre. Je me rendis à la convocation qui me fut adressée, sans avoir pris soin, dans mon inexpérience, de préparer ma déposition. Enhardi par le 1res gracieux accueil des commissaires, je parlai d'abondance. La sténographie fixa le compte rendu sommaire de mes paroles et je n'y songeai plus jusqu'au jour où, plusieurs années après, dans le tumulte des discussions politiques, mes adversaires en tirèrent une phrase qui, depuis, me fut reprochée a safi
Ayant «ht qu lion me
<• bour
.ut pu fusi;
qui, ne poui
mor. attribuée qu
finir plutôt que d<
aujourd'hui. I
-e, il en est qui i rent La d îple
courage. Ce que, ma déposition rend fort mal,
j 'aven parlant
formuler m
{Vu des pas qui non ient, j
pensée un tour méprisant. <|»ie nul. dans Pan
a déplaeé, tant l'universelle irrita
nnent aurai-je pu, en cet état d'àme, II les
mots qui touchent. mes entre vec les si
vanta du combat ?
Cependant cette déposition elle-même, faite devant la commission d'enquête parlementaire, révèle. au>après la phrase où respire encore la colère, des pr cupations d'un tout autre ordre qui, chaque jor. dissaient dans mon esprit. J'y lis. en effet, ces lignes tificativea : Il y a aujourd'hui entre les diverses classes de la société un abime profond, qui ne peut être comblé que par le temps et par une éducation morale meilleure, donnée à la classe ouvrière. Je suis bien