‹ Ma vocation socialeChapitre 37 sur 103 · III. — FONDATION DE L OEUVRE · texte numérisé non relu

III. — FONDATION DE L OEUVRE

riches tendraient les mains aux pauvres et les convie- I, au nom de Jésus-Christ, a la paix sociale, c'était, assurément, de quoi piquer la curiosité, peut-être Sttiouvoir le cœur. Celui de Saint-Genest fut touché iès les premiers mots. La réception courtoise se chai vite en une cordiale attention, puis, à mesure que noua parlions, que nous disions n >s espoirs et nos enthousiasmes, en une chaleureuse et intelligente sympath

Saint-Genest promit l'article. Il parut le lendemain, 17 janvier 187^, sous ce titre : Les hommes de bien. En voici le début ;

« Tenez! j'ai passé une de ces matinées apr nielles, malgré tout, on se reprend à l'espérance.

n Je dormais encore. On vient me prévenir que deux personnes demandaient à me parler : je me lève de fort péchante humeur, cherchant dans mon esprit quel Intérêt ou quelle passion pouvaient être debout à fcreille heure.

« C'étaient M. le comte de Mun et son frère, offic d'ordonnance du général de Ladmirault, qui désiraient ^'entretenir, non pas de choses personnelles, mais du bien du pays! »

Nous avions lait Saint-Genest notre Appel aux

hommes de bonne volonté'. Il en citait des passages et il continuait :

« Je regardais ces deux gentil hommes, qui, heure matinale, étaient déjà dans notre lointain Pas non point pour faire des discours ou écrire des brochures, mais pour agir, décidés à lutter centre le mal, opérant contre toute espérance. Quand ils s'excusaient de venir ainsi déranger M. Saint-Genest, je ne puis z dire quelle était ma confusion, et je voudrais \,\ leur faire comprendre aujourd'hui! car, tout» s les fois lue je rencontre, parmi les heureux de ce monde, des hommes de bien qui, au lieu de s'agiter et de se lamenter dans le vide, disent : Debout ! il faut combattre m incline toujours devant ces hommes-lé

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oiïrande, s'entassèrent en quelques jours. Il s'y m îles injures anonymes, de> billets men pour notre plus grande joie; car il nous semblait,

■ riposte de l'adversaire, trouver un homn g à notre vigueur.

Lettres et souscriptions, tout arrivait a la grille de

m. I ONDATION DE l. <>ri \ RE

l'avenue de l'Aima. Nous avions installe dans le cabinet le toilette de mon frère trois tables de bois blanc et trois chaises : ce fut notre premier secrétariat.

Ce mot avait pour nous un sens particulier. Nous unions pu nous borner, selon L'usage des œuvres existantes, ;i la création d'un comité où le hasard des >onnes volontés, concourant sans ordre à l'entreprise jtommune, suffirait à faire l'ace aux besoins et aux ârconstances. Mais l'esprit militaire nous animait, ion moins que le zèle apostolique. René de La Tourlu-Pin en était la vivante incarnation. Il portait, dans la îouvelle carrière où il s'engageait avec nous, les habiftldes d'esprit qu'il tenait de sa profession, et des kervations dont il avait nourri sa pensée.

Officier d'état-major, il savait, par la douloureuse preuve de la guerre, comment le corps auquel il ap- )artenait s'était trouvé, trop souvent, paralysé par e défaut de méthode dans l'organisation du travail. 1 avait, des règles générales de cette organisation, une jonception très nette qui lui paraissait applicable à oui effort collectif; car il y voyait le seul moyen l'employer efficacement l'activité des hommes. La distinction entre la décision et l'exécution, la division et la coordination des tâches particulières, la esponsabilité de ceux qui en exécuteraient les détails ©vers celui qui en conduirait l'ensemble, celle de ous envers l'autorité supérieure maîtresse de la dir ion générale : telles étaient les idées dont il avait, en ftaints entretiens, pénétré nos esprits.

Nous voulûmes immédiatement les mettre en praique, en constituant un groupe spécial, dont les nombres, sous la direction d'un secrétain irai

t le contrôle permanent du comité, se partageraient es diverses branches de l'action commune. Ce groupe ut d'abord divisé en trois sections, chargées, l'une de a propagande, l'autre des fondations, la troisième d nances, dont les chefs devaient, chaque semaine,

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étaient tous trop occupés pour qu'un concours actif |

leur part fût possible. Nous avions. La Tour-dw Pin et moi, plus de loisirs, malgré les obligation notre service près du gouverneur de Paris, et grà<Bj à sa bonté. Mon frère était libre de son temps. Le

•étariat général fut ainsi formé entre nous t:

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