‹ Ma vocation socialeChapitre 47 sur 103 · IV. — LE CERCLE DE BELLE > Il · texte numérisé non relu

IV. — LE CERCLE DE BELLE > Il

rico Maignen s'y marque tout entière, avec son culte pour l'antique organisation du travail dont, sans cesse, il nous entretenait depuis trois mois : et, dans cette é cation du passé, apparaît déjà la conception corporative qui allait prendre possession de nos esprits, s'y développer par l'étude et la réflexion, s'y fortifier par l'expérience et servir de base à tout notre programme.

Après plus de trente-six ans, je ne vois rien à retrancher de mes paroles : j'y reconnais les sentiments qui ont dominé toute ma vie, l'ardeur de la foi et celle du patriotisme, l'amour de l'Eglise et celui du peuple ; j'y retrouve en germe toutes les idées que j'ai défendues, et, dt'jà nettement formulée, celle de l'organisation professionnelle, condition nécessaire d'une paix sociale, fondée sur la justice '.

Le 7 avril 1872 est ainsi dans mes souvenirs une date inoubliable, non seulement parce que l'Œuvre commença, ce jour-là, à manifester sa vie autrement que par des déclarations, mais parce qu'il fut le point de départ du grand mouvement social qu'elle a déterminé.

La cérémonie cependant, si importante à nos yeux par sa signification, fut en elle-même assez modeste. Nous avions invité quelques amis qui, par complaisance, par sympathie ou par curiosité, consentirent à faire cet après-midi de dimanche, le voyage de Belleville : de Ladmirault voulut bien y envoyer ses tilles et ses nièces, M,,e« d'Abbadie de Barrau, avec leur institutrice et une de ses amies, destinée par la Providence, comme je le dirai tout à l'heure, à un rôle imprévu. Conduite par Maignen, une députalion du cercle Montparnasse y vint aussi avec la chorale du cercle, puis le clergé de la paroisse, quelques prêtres étrangers, en tout deux cents personnes au plus, qui nous parurent une foule.

Le ciel était pur, le temps très doux, comme au mois

1 V. Discours >fu comte Albert de Mun, t. 1, p.

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voix d'hommes lancent cette clameur d'espoir. «

profession de leur fo ippel à leurs frère-, en

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d'une saisissante grandeur.

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petit jardin de la rue Levert, à deux pas de l'enclos où les otages avaient péri dix auparavant, h

ouvriers qui, bravement, avaient répondu à notr

I quelques-uns avaient vu passer devant leurs yeux le cortège funèbre de^ victimes et d< îux,

l'entonnèrent avec leurs camarad utre

extrémité de Paris pour saluer leur coure ini-

tiative : o Espérance de la France, ouvriers, soyez chrétiens! » Se figure-t-on ce qu'en un pareil lieu, un

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