IV. Il i BR< I E DE BELLES il I i
tel refrain, chanté par des hommes du pou pie, pouvait signifier pour nous, de quels rêves il semblait nous promettre la prochaine réalisation?
Mon discours fut applaudi sans transport. La simplicité de la mise en scène ne provoquait pas les enthousiasmes. D'ailleurs, les idées exprimées en paraissaient à plusieurs excessives ou chimériques : l'affirmai catholique dépassait les dispositions de leurs esprits; l'apologie des corporations les choquait comme un fâ oheux anachronisme. Les membres du comité, le petit aoyau de ses premiers adhérents et les ouvriers de Montparnasse étaient seuls, avec quelques auditeurs isolés, à l'unisson de mes paroles. Les autres applaudissaient avec plus de sympathie pour un effort généreux que de conviction dans son efficacité.
près que j'eus parlé, un prêtre de la paroisse donna, dans l'oratoire, la bénédiction du Saint-Sacrement, tandis que les assistants se tenaient debout prés des très ouvertes. Puis ils se retirèrent sans bruit, sans manifestation, presque inaperçus, dans la paix de humble quartier, dans le calme de cette soirée printanière. À la porte on fit une quête pour le cercle naissant. et M""' Benoît d'Azy distribua aux personnes présentes, en mémoire de la journée, des images signées de son nom, représentant saint Dominique et saint François d'Assise. En écrivant ces lignes, j'ai sous les yeux, jaunie par les années, celle que je reçus de ses mains : et je ne puis la regarder sans qu'un Ilot de souvenirs monte à mon cœur.
Depuis, j'ai participé a bien d'autres inaugurations, j'y ai prononcé des discours devant des milliers d'auditeurs, i'ai connu les joies inexprimables que fait éprouver a l'orateur la communion des âmes avec la sienne : ce it dans ma vie de grandes, d'inoubliables journées. aucune cependant n'a pu effacer dans mon esprit la
1 de la modeste après-midi de Belleville. Nous d cendîmes de la colline dans une ivresse de victoire.
en mi i m
( >nvi 1er. I." I '» juillet 187J U
i ti.ttn ■ i H-- section : le* quatrième section
Huit jours a naissante. M'r Mermill
de sa magnifique parole. Il tit
d'évêque d'Hébron et celui
•stolique de le pasteur chef des
catholiques i. La persécution, qui
suivante, le chasser d
e helvétique commençait a i jvir. T tho-
liques de l'Europe avaient ame
engagé dans l'Etat île G< . prélude du Culturka
allemand et de l'anticléricalisme fr;:
. se rel isant à lui- d qu'au point d'avoir à peine une cliemi-
rand évêque mendiait, pour son église menac» venait fréquemment è Paris afin de solliciter en sa fV
sympathies et les Toujours prêt à l'action, ne se dérobant jamais a un acte de dévoûment, il ajoutait aux fatigues de c errante le labeur que lui causaient les demandes dont l'accablaient les catholiques français, empressés à rechercher pour leurs propres œuvres l'éclat de son nom et de son éloquence.
\ . - l'ÉGOI 1 50C1AL1 L09
La notre avait un droit particulier à son patronage elle «tait, pour ainsi dire, l'application pratique de BOD célèbre discours du 23 février 1SB8. Ce fut encore dans l'église de Sainte-Clo tilde qu'à notre prière, le dimanche 14 avril 1872, il prit la parole.
Sa renommée eût suffi pour attirer les auditeurs :
nous voulûmes néanmoins qu'une large publicité fût
laite à l'annonce de la cérémonie. M*rGuibertla présida.
lise était comble ; la société mondaine s'y pressait
et la foule débordait sur le parvis.
Le sermon fut une admirable leçon de devoir social, I laquelle donnaient une décisive autorité les avertissements de 1808 et les drames de 1871. Mg* Mermillod rappela ses propres paroles, prononcées dans cette même chaire, trois années auparavant : « Les camps jfce forment, et l'on se demande si le monde va devenir un champ de bataille ou si un traité de paix va être signé entre les riches et les pauvres » ; et il ajouta :
*< Je vous suppliais do comprendre les sublimes et grandes responsabilités qui pèsent sur les classes riches et sur les classes élevées ; je vous conjurais d'aller au peuple, ce privilégie de la famille de Jésus-Christ, avec des idées chrétiennes, des mœurs chrétiennes et des devouements chrétiens. On crut alors que quelques-unes je mes paroles étaient d'imprudentes alarmes ; pourtant il n'y avait là que l'écho affaibli et anticipé, le cri précurseur d'une voix plus puissante que la mienne, la grande voix de vos désastres. Et maintenant nous nous demandons si celle Terreur du xixe siècle ne seraitqu'un incident pittoresque de votre vie séculaire, si les dessins et les photographies de vos ruines ne seraient que les cartes frivoles de la douleur nationale? N'y a-t-il pas la un enseignement éclatant et fécond, que nul ne peut oublier9 »
Puis, ayant ainsi évoque l'image, encore toute vive, du péril social, il en montra la force, en étudia les causes en chercha les remèdes, et définit enfin les devoirs qu'il
Le p ind, il e*t i
Un ( » fai t p
brillant
pâle et brillant remis qui • moulue h pourrie. I il croire au p
Maignen m'avait dites au Louvre. Pu
Œuvre, m'ayant fait le grand bonn
; i ■ - du d le, huit joura plue t
lelleville, il termina par une trophe : • Votre pontife «-t i
. -'ii veut rendre au p dans l'honneur de la doctr Lholiqui
sociale. Voue ne rester i spectateurs inertes et d- -
fait i votre foi. non par d chrétiens convaincus.
L'émotion fut immense. Ceti" fois, il n'y ei t ni ni protestations; personne ne C >mme <
scandale et à ! ace. La m p écrivait, le
demain, dans le Monde : • Il y a une grand* entre un discours avant et un dit - le
pétrole, i
Quand l'évoque descendit de la chaire, les da quêteuses, qui avaient bien voulu répondre à notreappe!. se placèrent aux portes : un de nous se tenait auprès de chacune d'elles: ceux qui appartenaientè l'armée é ta i en uniforme, et de le' . frappaient les dalles pour
attirer les regards vers les bourses tendues. On y jetait l'argent à pleines mains, de l'or, des billet^ qu'à des bijoux. La recette fut énorme. Notre Œuvre avait pris, grâce a fermillod, possession de l'a!
tion publique.
t . - l'école SOCIAli i 1 1
Vers le même temps, un hasard nous lit connaître 'existence d'une chapelle abandonnée, située au flanc te la colline Sainte-Geneviève, dans la partie la plus oontueuse de la petite rue des Carmes, qui s'élève de a rue des Ecoles vers la place du Panthéon.
Cette chapelle était un monument historique, intérestant et vénérable. L'abbé de Vaubrun, de la « Maison de >orbonne », l'avait fait construire au xvm6 siècle par 'architecte Boscry, dans la cour intérieure d'une maison lâtie, par l'ordre de Louis XIV, sur l'emplacement du ieux collège des Lombards ruiné et délaissé, pour serir d'asile aux étudiants catholiques d'Irlande, chas le leur patrie par la persécution anglicane. Pendant la lution, lorsque les églises furent livrées au clergé institutionnel, les catholiques fidèles se réfugièrent lans la chapelle des Irlandais, et même, en 1792, l'abbé lYalsh, supérieur du collège des Irlandais, y établit des s de retraites pour les prêtres de province qui cherchaient, en se cachant à Paris, un refuge contre la proscription. L'abbé de Salamon, Pinternonce dont les ménoires ont, il y a quelques années, révélé l'existence et os épreuves, entretenait de ces pieuses réunions le pape *ie VI, qui accueillait les témoignages de iidélité de ces tauvres prêtres « avec une tendresse infinie ».
Quand, avertis par un ami, nous vînmes visiter la hapelle abandonnée, on lisait encore sur la porte, i aots, grossièrement tracés et à demi effacés par le emps : Propriété nationale à vendre. Cependant, proégé par son caractère international, le collège irlandais fait échappé à l'encan : un décret de la Convention avait excepté de la confiscation générale '.
1. I/édifice de la rue des Carmes est, depuis, toujours demeur ropriélô du collège irlandais et figure au nombre des fondations onnurs sous le nom de Fondations britanniqu
.ni front < ha-
nom
Le Ire de
étail rempli, I entouraiei
Prompts, comme doua i étioni cations qui nous ; I il mes immédiatemei In- au
Jan a Les bâtiment I sera, disioo
Mon frère, a habituelle
lents n pour louer l'immeuble au
s Irlandais, a qui il app< sitôt, il commença les t ravaux on. I.
détruit, et dont il ne subsistait q fut rel
\ rignault tii i m humble art
ie «lu i qui mte Jésus dans l'atelier d ... et 1;
toile fut placée au-d< ssus de l'autel enti lonnes du rétabli modestes vitraux fermèrent les
ouvertures ; les resl ment rassemblés, furent réuni- s baies, dont les anciennes inscriptions indiquaisépultures. Mmc la du de Clermont-Tonn rit avec l'aide de quelques autres dai occupa d'urne: le sanctuaire, et, quand tout fut termine, le eu. Saint- Etienne-du-Mont vint, avec l'autorisation de l'an chevêche, bénir et réconcilier la chapelle, rendue a Diet sous le vocable d< -' >uvi
C'était le dimanche 12 mai 1872. La cérémonie fu simple et touchante. La petite chapelle était pleine | beaucoup d'ouvriers du quartier s'y étaient mêlésàceu:! de Montparnasse et de Belleviile. Le comte Benoî
\ . L'ÉCO] i SO< i vi '. 113
l'A /y, vice-président de l'Assemblée nationale, averti
>ar son frère, qui lui-même avait accepté la présidence
lu conseil de quartier de Belleville, avait voulu se
oindre à nous. La messe, dite par M. Jourdan, vicaire
rai de Paris, fut servie par mon frère et par M. Hu-
>urt-Ménage, l'orfèvre éminent, qui avait ciselé les vases
sacrés donnés à la chapelle.
Dans la suite, alors même qu'à partir de 187G elle eut
plus spécialement affectée au cercle Sainte-Gene-
rieve, établi dans les bâtiments du collège irlandais, la
;hapelle de Jésus-Ouvrier devait rester notre sanctuaire.
Une des premières manifestations de piété qui nous y
•assembla fut la consécration de l'Œuvre au Sacré-Cœur
Le Jésus.
La dévotion au Sacré-Cœur avait reçu, des événements de l'année terrible, une impulsion puissante. Le W»u national, formé par M. Le Gentil et recueilli par 'archevêque de Paris, allait être accompli par la construction, désormais résolue, de la basilique de Montnartre : le fait d'armes héroïquequi, le 2 décembre 1870, lans la plaine de Loigny, avait couvert de gloire la e troupe des zouaves pontificaux, groupés autour le la bannière du Sacré-Cœur, entouraiU'auomste imagre 1 une auréole patriotique.
Toutes les dispositions de nos cœurs nous portaient naturellement vers cette dévotion, en laquelle s'affirnaient pour nous la foi catholique et l'amour de la parie : nous voulûmes donc consacrer notre Œuvre au >acré-Cœur, et la date choisie fut le 14 juillet 1872.
L'anniversaire de la prise de la Bastille n'attirait pas lors l'attention : on était trop près des désastres pour Miser à décréter des jours de fête. Si on y eût songé, e n'eût pas été sans doute pour préférer à l'un des glorieux souvenirs dont pouvait s'enorgueillir la France
MA VOCATION <OCIV[.K. — S
> illej • des ouvrisi il fal 1 a i i i réunions, le i sît influé sur ooti noua parut remarquable : voil tard, noua fi app< r «i firent r ir l'inv.
Vrignaull avail r< Sun style pénétré de ferveur m lui en noire nom, «Ir J Cl
répétons a la i >nie «jui lo
d'abord Mont pi- re, puis
maintenant encore .-•.-.
Ile de .1 Miviicr est ainsi comme le cuol
de nos rs. i '•• n lant plus -i te ans,
nous y avons pri»* <*n -»• ■ m I : ; ■ assifl
tons a ootre aie du 19 ;ib!e,
nous y avons pleur.- i : ts.
Lorsqu'on 1SS7 Dieu rappela à lui rn. enj
aime, clans toute la force d< et toute :
«le Sun zèle, ce fut là qu'une plaque fui chère mémoire. Mix ans plus tard, <jaan<J l'horrible ca4 tastrophe du 1 iiarit" lit périr en un instafl
quatre de nos dames patronnesses le seize de nos bienfait ; ce fut encore la que s'érigea
le marbre destina r leurfintr De- :
d'ailleurs, nous avio ilu donner à la chapelle J
caractère particulier, en y exposant l'original de notM adresse à Pie IX. avec la bénédiction écrite de sa propfl main.
Mais elle prit immédiatement pour ta nne importance bien plus grande, en devenant le siège de n premier « conseil d'études » et le centre de notre pagande populaire.
L'ÉCOLE SOCÏ vi B 11«"
Nous avions senti trèspromptement la nécessité d'appuver notre action sur un corps de doctrines mûrement élaborées, dont nous cherchions les principes dans renseignement traditionnel de l'Kglise, et de la fortifier en la présentant comme la forme extérieure d'un vaste mouvement d'idées,
René de La Tour-du-Pin était plus qu'aucun d'entre n<uis attaché à cette conception, éveillée d'abord dans son esprit par les vues sociales de Le Play, mais à laquelle il sut imprimer, avec une orientation plus nettement catholique, la haute portée que ses rares facultés d'intuition lui découvrirent du premier coup '.
Il nous en pénétra. L'enthousiaste admiration, la foi ardente et docile, qui me jetaient tout entier vers l'Kglise catholique, vers son enseignement comme vers son histoire, préparaient d'avance mon âme aux suggestions de mon ami.
Sous son inspiration, nous résolûmes, dés le printemps de 1872, d'adjoindre au comité de l'Œuvre un conseil d'études, composé de théologiens et de sociologues, à qui nous demanderions de dresser en quelque sorte le plan de la société chrétienne.
Léon Gautier, par sa grande érudition, était le président désigné du futur conseil ; La Tour-du-Pin en lut le véritable directeur. Le Père Monsabré, avec sa bonne grâce souriante, accepta d'y prendre place. M. l'abbé Brettes, chapelain de Sainte-Geneviève, plus tard chanoine de Notre-Dame, en fut l'aumônier. Quelques autres ecclésiastiques éminents assistèrent aux premières séances : leurs noms ne sont plus présents à ma mémoire.
1. V. Etudes sociales et politique*: Vers un ordre social chrétien. talons de mute (1882-1907), par le marquis de La Tour-du-Pin La Charce. (Librairie Nationale, 1907. in v
lit. M I
bâtiments <n- la I
irlandais, où .1 : h m
composa .
m travaux, autant ,t un pea in ter mit! rmi les
■ bien voulu répondr . comme par leur
rer on temps suffise ni : d
- . plus que pai M.
Le petit groupe qui tâche, si neuve et si lourde, que I r-du-Pin a
tracée, devint de la qualrn
section d'enseignement, presque crétai rai.
A la t diatement Félix de Roquefeuil qui, de pli. tourné vers ce côté de nof
consacra entièrement à la direction de nos études : auditeur et bientôt conseiller référendai:
comptes, il ajouta à son labeur professionnel W -norme fardeau que lui imposa la préparât* cessivement adoptées par le c a fa-
tigue qu'il en ressentit usa rapidement ses forces, et il succomba à la peine, non sans avoir, durant près de /t années, par son savoir étendu, «nie d'inc
1. Ce vocable a égaré un certain nombre d'écrivains. lorsqu'il! commencèrent à s'occuper de notre ituvre.qu ils désignèrent le nom fV Œuvre de Jésus-Ouvrier. (Test, en particulier.ee titre qu'a choisi, pour parler d'elle. M"' Arvède Barine, dans un petit livre intéressant, relativement bien informé, et conçu dans un esprit qui veut être impartial.
v. - !. i OCIALE HT
recherches ne cessaient d'accroître, par la fermeté de son sens catholique et la sûreté de ses déductions, puissamment contribué à constituer le corps de doctrines dont, aujourd'hui, s'inspire l'école catholique sociale.
D'autres hommes, comme le comte de Bréda, le Père de Pascal, Henri Lorin, Nogues, ancien lieutenant de vaisseau et aujourd'hui capucin, nous apportèrent leur concours précieux, et. lorsqu'en décembre 187(> le comité de l'Œuvre fonda, sous la direction du comte Edgar de Ségur-Lamoignon, la revue qui subsiste en- • sous le titre de VA \ catholique, ils de-
vinrent ses premiers rédacteurs.
L'hommage que, sans pouvoir les nommer tous leur rends ici, d'un cœur ému, me souvenant de tout ce que j'ai du, pendant nia longue carrière, à leurs leçons et à leurs travaux, serait incomplet si je ne leur a piais, dans cette pensée de reconnaissance, les dames de haute intelligence et d'inlassable dévouement, <jue !. pourjpropager les idées ainsi élaborées, la capiivante influence de La ïour-du-Pin. Cette collaboration féminine, bientôt 1res active, l'ut par la suite une des originalités de notre Œuvre. Le rôle des dames de notre quatrième section peut se comparer, au point de vue social, à celui que remplirent, au xviue siècle, les femmes du momie gagnées au parti des philosophes. Le cadre de ces souvenirs ne me permet pas de parler d'elles plus longuement. Je souhaite qu'un jour, un de ceux qui lurent intimement mêlés à cette vie intellectuelle, si intense et si féconde, raconte l'histoire des galons où elle s'enfermait : c'étaient ceux de la comtesse de Chabrillan, {dus tard remariée à son cousin René de La Tour-du-Pin, et, jusqu'à son dernier jour, par la tinction de son esprit, l'âme de cette sociét. ; de
la marquise de Saint-Chamans, dont la grâce incon ralde rendait aimables les plus austères entretiens ; et de M""! Henri Lorin, conquise à l'Œuvre par l'amitié, qu'elle était encore la marquise de Las Marismas,
♦'( «iulit |(! ( h.illli.' lit i]i
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. quelque jour, qu
J'ai dit que la maison de la me d temps qu'elle devenait i de notre premii
seil d'études, fut le foyer i laire.
On parle aujourd'hui 1 tple »
on a bien raison, et c'est un lutairei
de l'encycliqui oir pénétré de a
pensée beaucoup d'esprits, dans lajei et dai.
clerg< .
Dès 18' peine notr organi-
nous avions voulu la réaliser. Noua nous pr< s de
répandre dans les quart:- ulaires de Pai
chures, des tracts, des publi brétienn
niser contre les révolutionnaires des réunions publiques et contradictoircs.de déterminer les à faire do:
dans leurs églises des conférences spécialement destinées aux ouvriers. Ce vaste programme fut appliqué au commencement de l'année lv tua l'active impu;-
\ . ii:- i.l.l SOC! \l.l. 1 I!)
du conseil de Jésus-Ouvrier. Il rédigea les tracts, prépara les entretiens, recruta les orateurs.
La première conférence eut lieu dans la chapelle, le
lundi 1 1 janvier JHT.'i, a huit heures et demie du soir. Ou l'avait annoncée par des affiches placardées dans tout le quartier. M. Victor Pierre, réminent historien de la République de 1848 et des persécutions du Directoire. l'auteur de tant d'autres ouvrages de forte érudition, a raconté cette soirée dans une petite brochure publiée par ses soins a l'occasion des noces d'argent du cercle Sainte-Geneviève établi, en l<S7t>, dans la maison, et dont il fut le dévoue président. Son récit exprime a merveille nos émotions de ce jour-là.
. En attendant, dit-il, l'heure de l'ouverture, le conseil étaitréuni dans la bibliothèque. L'inquiétude y était grande. On avait prodigué les affiches. Le public se rendrait-il a cet appel ? et quel public ? Serait-il favorable ? serait-il hostile ? y aurait-il des interruptions, du trouble ? Quel ne fut pas l'étonnement de ces messieurs lorsque, descendant dans la cour, ils la virent envahie par une foule, qui n'était animée «l'autre passion que dr celle d<> pénétrer dans la chapelle pour entendre le conférencier! »
Et il ajoute :
• Chaque lundi, charpie jeudi, c'était pareille affluence. M. Léon Gautier présidait ces conférences; ses auditeurs d'alors se rappellent encore avec quel art, mais quand on parle de lui, il faut ajouter avec quelle chaleur, il faisait au début une glose, et à la fin développait une conclusion. »
La chapelle contenait six cents places : pas une qui ne lut occupée. Bientôt, le cure de Saint-Ltienne-du- Itont, paroisse dont dépendait la rue des Carmes, frappé du résultat obtenu, établit le dimanche soir dans son église, spécialement pour les hommes du peuple, des conférences plus proprement religieuses ; du premier coup elles reunirent deux mille auditeur.-.