‹ Ma vocation socialeChapitre 80 sur 103 · IX. — LE PELERIN A(.l: DE LU · texte numérisé non relu

IX. — LE PELERIN A(.l: DE LU

Llle retourne à la prison, se couvre de L'autorité du feoudan, fait sortir les prisonniers, les conduit au bord du Nil, où tous quatre se jettent dans une barque « amenée par les anges », et descendent vers Alexandrie.

La fatigue les presse : ils s arrêtent pour se rep< quelques heures et s'endorment sur le rivage. A leur réveil, ils voient autour d'eux un pays nouveau : les anges les ont transportés endormis bien loin de la terre d'Kgypte. Ismérie s'étonne ; les chevaliers surpris interrogent un berger : ils sont tout proches du manoir de Marchais, où leur propre mère enferme, depuis leur départ, sa douleur et sa solitude.

Aussitotils se mettent en chemin, Ismérie tenant entre ses bras la chère statue. Mais, comme ils traversaient un jardin, celle-ci devint si pesante que la princesse dut là poser à terre. « La Vierge veut rester ici, dirent ses compagnons : nous y bâtirons pour elle une église. » qu'ils eurent ainsi prononcé leur vœu, la statue se -a porter sans peine jusqu'au château « où, dit la chronique, les voyageurs furent accueillis de leurs proches et amis avec des indices de joie et de bienveillance particulière, au grand contentement de leurs eujets et vassaux ».

Une chapelle s'éleva bientôt au lieu marqué par la Vierge. Ce fut le premier sanctuaire de Notre-Dame-de- Liesse, remplacé au xiv siècle par l'église encore debout, où la pieuse tradition se conserve inaltérée depuis huit cents ans. Des miracles répétés rendirent promptement célèbre la statue miraculeuse. Les pèlerinages s'y succédèrent, toujours plus fréquents et plus nombreux. Les rois de France en donnèrent l'exemple ; Louis XIII }t Anne d'Autriche, après de longues années d'une union stérile, vinrent y demander à Dieu, par l'intercession de selle à qui venait d'être consacré « le plus beau royaume lu monde après celui du ciel », l'enfant qui devait être Louis XIV.

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