‹ Ma vocation socialeChapitre 96 sur 103 · DE POITIERS · texte numérisé non relu

DE POITIERS

Monsieur h' Comte,

Le discours que je viens de recevoir donne surabondamment raison à l'homélie dont les termes avaient effarouché votre modestie, ou plutôt il démontre qu'elle s'est tenue fort en deçà des limites du vrai.

On n'est apôtre qu'à la condition de travailler à être saint, et la première condition de la sainteté, o'esl l'orthodoxie : la plus généreuse ardeurn'y saurait suppl Nous ne pouvons rien sans la grâce, et l'on n'amènera point la grâce à divorcer avec la doctrine. Chez ie viteur de Dieu et de la cause divine, l'erreur, même in-

1. Helvétius (Mail l'arri ère-grand-père de ma femme et le mion.

cette

donne tout entier d abord à l'œuvre de

personnelle, i i

antr

C'< an général e1 I

de vos discours, particulièrement du d

que je viens de lire. Avancez hardiment d I lieu est avec von

Quelle s<-ra la mesure du enecèe que j'ignore dans quelle proportion I sente sera trouvée digne de le salut social peut naître de quelqu :ide partie de la.

Dans tous le^ cas, il en sortira d Dédictions abondantes pour vous naissent de vous ». Je le disais ainsi à lii nais d'apprendre que votre pieuse compagne von de nouveau rendu père. Je me permets de la féli de tout ce que Dieu lui accorde à elle-même en faisant de vous un de ses meilleurs « ouvriers » de l'heure présente. Elle a appris des siens, et v Monsieur, combien sont anciens

chers les liens de respect et d'affection qui m'attachent à votre commune famille. Le temps et vos œuvres n'ont pu que les resserrer davantage. Laissez-moi don< dire. Monsieur, votre très affectionné serviteur.

T 1 -F.. l.V. Dh PoilJEFS.

Rentrée Paris, à l'expiration de mon congé et au commencement de l'automne, je fis part au général de Lad mirault de l'intention où j'étais de quitter l'armée, pour me consacrer à l'a»! ion sociale que les circonstances rendaient de plus en plus incompatible avec l'état militaire.

Tout en insistant près de moi pour m'en détourner, avec une bonté qui mit le comble à celles qu'il m'avait prodiguées si Longtemps, il comprit mes raisons . I m'autorisa à envoyer ma démission au ministre de la Guerre. Le général de Cissey, à son tour, fit faire près de moi les démarches les plus honorables pour me i nir dans l'armée, (^es témoignages de mes chefs ajoutèrent à l'émotion que me causait une détermination, dictée par des motifs cependant plus forts que toutes les instane

Pour la forme, et afin d'obliger un de mes camarades, M. de Liedekerque-Beaufort, capitaine au 11* dragons, qui désirait passer aux cuirassiers, je permutai avec lui et, le 20 décembre 1875, je reçus avis que ma demie était acceptée.

Le jour où me parvint la lettre ministérielle fut pour moi rempli de mélancolie. A trente-quatre ans, j'avais derrière moi quinze années de service, plein sou-

venirs, tour à tour joyeux et douloureux ; toute ma jeule finissait là. La guerre avait marqué ma vie d'un ineffaçable sceau : j'en étais sorti, attaché à Tari! bien autrement que je ne l'étais la veille, par 1 poir passionné de la revanche. Je la quittais en lui laissant une partie de mon cœur. Devant moi s'ouvrait une route nouvelle, obscure et incertaine, dont je pressentais les difficultés et les fatigues.

J'étais triste, mais résolu. Je me souviens que je plaçai sur mon prie-Dieu la lettre du ministre, et que je

renouvelai

l'offrande de ru»-1 foi

l.'< 1 iivi . demeurail prêt désormais pour la ■ rande 'elle

allait entreprendre. Son i n complète,

r ptée, fidèlement suivie. Pat on bi tobre 1874, le Pape Pie IX I ' Kuvre

de riches indi I bientôt il

fait par an l br.-f. do 30 avril 181 Léon Mil

par la suite, confirma et accrut à plasi -es. Des

commissions consultatives, l'une de patr« triels, présidée p.'ir M. André, ma-' sancfs Haute-Marne . l'autre d'agriculteurs, pi parle comte Henri de La Bouillerie, \ constituées pour étudier l< professionnelle.

Le Conseil des Etm !Ache et com-

mençait la rédaction des Avù qui, au nombre de !. formèrent, dans les -: nn< - suivantes o ti

de doctrines '. Notre revue mensuelle. VA catholique ^ était destinée, après quelque tâtonnent à en devenir exclusivement l'organe : son prenuméro parut le 15 décembre 1S78.

Si ce n'était pas l'Œuvre qui me portait à la Chaml c'était bien elle et «die seule qui m'en avait fray^- le chemin, c'étaient ses principes qui allaient m'y servi, rèu'le, son but que j'allais y poursuivre, ses idées qu«j'allais y défendre.

Au moment où j'y entrais, je fus chargé par mes con-

4. Le Recueil des Avis du Conseil des Etudes a. été publié. en une brochure intitulée : Résumé des principe* de fflE des cercles catholiques d sur le régime du dans

l'ordre social chrétien.

frères de résumer son programme en une courte déclaration qui fut adoptée, dès lors, comme l'exposé de son objet. Elle exprime l'effort de toute ma vie. Je la reproduis ici, avec confiance, assuré d'y être demeuré fidèle depuis trente-sept ans, et de pouvoir écrire, a la dernière ligne de ces souvenirs, la devise inscrite par Montalembert à la première page «le ses œuvres : Qualis ab incepto.

« Opposer à la Déclaration des Droits de l'homme, qui a servi de hase à la Révolution, la proclamation des Droits de Dieu, qui doit être le fondement de la Contre- Révolution, et dont l'ignorance ou l'oubli est la véritable cause du mal qui conduit la société moderne à sa ruine; rechercher, dans une obéissante absolue aux principes de l'Eglise catholique et à l'infaillible enseignement du Souverain Pontife, toutes les conséquences qui découlent naturellement, dans l'ordre social, du plein exercice de ce droit de Dieu sur les sociétés; propager par un public et infatigable apostolat la doctrine ainsi établie; former des hommes déterminés à l'adopter comme règle de leur vie publique aussi bien que de leur vie pri et à en montrer l'application dans l'Œuvre elle-même par le dévoûment de la classe dirigeante à la classe populaire; travailler sans relâche à faire pénétrer dans les mœurs ces principes et ces doctrines, et à créer une force organisée capable de les faire triompher, afin qu'ils puissent trouver leur expression dans les lois et dans les institutions de la nation : tels doivent être l'esprit et h1 but de notre Association, pour qu'elle réponde au programme qu'elle s'est elle-même tracé dés son origine, quand elle a, par Y Appel aux hommes de bonne volonté, du 25 décembre 1871, hautement déclaré la guerre à la Révolution. »

Paris, 26 juin 1908,

Fête du Sacré-Cœur.

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