‹ Ma vocation socialeChapitre 95 sur 103 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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tantôt très modeste et tantôt luxueux... toujours affectueuse et empressée ; si j'arrivais le matin tôt la messe, à laquelle assistaient le- b de

l'Œuvre ; puis, dans la journée uu dans la soiive, la conférence dans une salle bondée d'auditeurs, ou dans quelque cirque rempli jusqu'au sommet les grad Avant ou après la conférence, venait nce du

comité, interminable, où je devais parler longuement, répondre aux questions, trancher les difficultés; a; le comité, les dames : nouvelle allocution: puis encore, les confrères à recevoir, les confidences à entendre : presque toujours un banquet, déjeuner ou dîner, occasion d'un nouveau discours; la visite du cercle, enfin, suivie de causeries prolongées avec les ouvriers, terminait invariablement la journée. Le lendemain, je repartais, sans avoir eu le temps de visiter ni un monument,

ni un musée, ni un point de vue. J'ai mené vingt ans cette vie fiévreuse; j'ai traversé ainsi la plupart des villes de France : je les connais à peine, niais, dans chacune, j'ai senti un moment palpiter l'Âme du peuple chrétien. J'écrivais dans une de mes notes, pendant cette tournée du Midi : « C'est éreintant, mais c magnifique. L'association catholique se l'orme partout. Elle m'escorte sur toute ma route. Je l'ai trouvée a Toulouse, à Castelnaudary, à Narbonne, à Béziers, elle m'attend à Hoquevaire : telle je l'avais rencon l'année dernière en Bretagne et en Vendée, telle je l'ai vue il y a deux mois dans l'Est. Quelle force! et, si tous voulaient, si tous comprenaient, que nous ferions de grandes choses ! »

Notre réunion générale de 1875 eut lieu à la fin de mai : elle eut une gravité solennelle. L'Œuvre comptait alors cent trente comités, cent cinquante cercles, et dixhuit mille membres, dont quinze mille ouvriers : c'était le fruit magnifique de trois années de travail et d'apostolat *. Nos cœurs étaient pleins de confiance en l'avenir, mais nous le sentions déjà chargé de menaces. Les généraux, les officiers, les hommes politiques, qui avaient fait longtemps l'honneur et l'ornement de nos réunions, y paraissaient pour la dernière fois. D'autres assemblées, dont chacun devinait les passions, allaient succéder à celle qui s'évanouissait dans l'impuissance ; les militaires n'auraient plus la liberté de leurs actes et de leurs paroles. Une période nouvelle commençait.

1. Dana la notice sur l'Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers publiés à L'occasion de l'Exposition universelle de 1900, où elle obtint un grand prix, on lit : « Depuis l'origine, il 6 418 cerclée

• ■t associations professionnelles comptant environ 60.000 membres, 130 syndicats agricoles comprenant 42.500 adhérents, 11 syndicats de l'Aiguille on associations chrétiennes de mères de ramille groupant & peu près 9.000 ouvrières. » Tel fut, en trente ans, sans parler des multiples œuvres inspirées de son esprit, ni du mouvement d'idées qu'elle a déterminé, le résultat direct de ►ri entrepris par l'Œuvre des cercles catholiques d'ouvrii

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bien fait pour m'enrourager. L'illustre pi t, le

i(.) août de cette année, dans une homélu* pion-»: messe d'ouverture du Congrès des comités de l'Union catholique, exprimé à mon sujet en des termes qui m honorent trop grandement pour que je ne les repro-

e pas ici. Parlant des « surprix émotions inattendues » qu'offrent les assemblées cl tiennes, il disait :

« Qui est eet autre dont le zèle est ardent comme la flamme de ses yeux, dont la parole est aiguisée cor; le glaive suspendu à ses flancs, suldat de l'armée du

i. V. Discours du r Ibtrt de Mun. t. I, p. 87.

!. le comte de Chambord avait d usiné accepter dêtre le parrain de l'enfant que j'attendais: il m'avait annoncé l honneur qu'il faisait à ma famille et à moi-même par une lettre datée de Frohsdorf, le 10 mai.

Christ et de l'armée des Francs, orateur d'un'1 croisade nouvelle, qui soulève des multitudes de travailleurs jusque sur 1rs hauteurs d<- l'esprit de foi et de sacrifice ? Grand Dieu, quel chemin parcouru depuis les jours de

Voltaire et du xvui' siècle expirant! Car je ne me trompe pas : en remontant le cours des générations que j'ai connues, je trouve là. au point de jonction d'une double ascendance4, le froid écrivain qui professait le

matérialisme dans le livre : De l'Esprit, i: lion

soità vous, vaillant apôtre des foules ouvrières, à vous qui n'avez pas seulement rompu avec un passé lointain et déjà répudié des vôtres, mais qui le corrigez, qui le réparez avec un surcroît de talent et d'éclat, d'où jaillit une riche source de mérites et de grâces, pour vous et pour ceux qui naissent de vous !

Je remerciai M*' Pie eu lui faisant hommage de mon discours, et il me répondit :

i \ i Poitiers, I'' M août 1875.

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