I. Ms. -.qui là estoient. Vers faux
^14 Mac AI RE.
De la viande qu'il emportoit.
Pour scavoir ce que povoit cstre ,
Le roy suyvir jusqu' à son maistre
Le fit : si fui le corps trouvé
D'Aubery qui esloii tué ;
Puis fil le roy commandement
Qu'enlerré fut solempnclment.
El Macaire par suspeçon
Fit prendre et mener en prison,
Puis fit assembler son conseil.
Dit l'un des saiges : « Je conseil
a Que Macaire et le lévrier
a Soient mis en ung champ plainier,
o Et se combalcnt bien et fort :
n Là verra on qui aura tort;
«V El cellui qui sera vaincu ,
a Si soit iraynéet pendu. »
Geste deliberacion
Fut du conseil conclusion.
Et fut à Macaire assignée,
Pour combattre au lévrier, journée
A Paris, la noble cité.
Bien en voulsisl estre acquicté
Macaire, car a acceptée
Malgré lui ladicte journée ;
Car bien scavoit qu'avoit mis mort
Auberi son maistre à grant tort.
Le jour de la bataille vint,
Qu'un des amys Auberi tint
Le lévrier au boull de la lice.
Celui ne fut ne fol ne nycc,
Car l'avoit amené devant
Pour ce qu'il estoil appellant.
Macaire assez losl vint après
En rille Notre Dame ez prez ,
Où le peuple estoil si très grant
Qu'en lieu on n'en vit oncques tant.
Li se combatil le lévrier
Appendice. 315
A Macaire le chevalier ,
Qui fut tellement desconfit
Que de sa bouche regehit
Qu'avoit voulu le roy trahir
Et avec la royne gésir,
Qui estoit si très preude femme
Qu'on ne vit oncques meilleur dame,
Et qu'Auberide Montdidier
Qui estoit maistre du lévrier
Avoit partrayson occis
Aux bois qui sont près de Bondis.
Si fut pendu en ung gibet
Pour la trayson qu'avoit fait.
De preuve n'a mestier.l'histoire,
Car en France est toute notoire.
(Ms. de la Bibl. imp. , Moreau , 1685. Coll. Mouchet, 9; volume intitulé : Sur la chasse avant 1400 [i].)
Extrait d'un Manuscrit de la Bibliothèque Impériale, intitulé au dos :
chroniques de france.
Il est de coustume que envieux ont volontiers envie sur ceulx qui ont en eulx plus de grâces et vertus.
I. Le poëme de Gace de la Baigne a été^imprimé, notamment par Antoine Verard à la suite de l'ouvrage en prose de Gaston Phébus, et confondu pendant quelque temps avec cet ouvrage. J'ai préféré aux textes imprimés celui que me fournissait la collection Mouchet,
3i6 Macaire.
Ung traittre avoit en la cort, appelé Maquaire, qui estant bien en grâce du roy , requist la royne Sebille de deshonneur, laquelle l'en cscondit (t) et débouta du tout d'entour elle. Quant le traittre se vit en ce point, pour doubte que le roy n'en oyst parler, pensa qu'il feroil sa planche (2) au roy à la confusion de la royne. Et prist le roy une fois à privé , et luy re monstra qu'il estoit moult tenu {]) à luy garder son honneur par maintes raisons (4) qu'il luy dist. Et tant dist au roy que le roy entra en soubpesson de jalousie, et haioil le roy de ces chevaliers plusieurs. Et dit l'istoire qu'il coucha ung nain ou lit la royne, dont elle ne sot riens.... Le roy bouta hors sa femme toute grosse d'enfant. Et fut baillée à mener et conduire à ung moult nobles homs chevalier, nommé Auberi de Mondidier, lequel en la menant fut occis en ung bois en rille de France, ou boys de Bondis ; et encore y est la fontaine Aubery. Et la royne s'eschappa pendant le débat, et s'adressa en la maison d'un posvre bocheron appelé Verroquier, où elle fut depuis longuement sans estre congneue de personne , et y enfanta ung filz nommé Loys. Le traittre qui occist Auberi fut moult dolant d'avoir perdue la royne et s'en retourna à la court, et dist bien à ces gens qu'ilz tenissent la chose celée.
Iceluy Aubery qui fut occis avoit ung moult biau lévrier qui adès le suivoit partout , lequel lévrier demeura sur la fosse où Auberi fut enterré ou bois, n'onques n'en bouja jusquez la fain l'en fist aller; et ala droit à la cour au roy. Le lévrier où qu'il trouvoit le traistre luy couroit tousjours sus. Les gens de la cour, qui bien congnoissoient Aubery et son lévrier, luy donnoient à mcnger; puis retournoil le le-