‹ Macaire; chanson de gesteChapitre 91 sur 91 · V. d'ailleurs Raynouard, sous encaussar · texte numérisé non relu

V. d'ailleurs Raynouard, sous encaussar

P. 103, v. 6 : tant ne (juant n'est qu'une variante que je propose pour éviter des répétitions fastidieuses. 11 est clair, du reste, qu'on peut lire de noient.

P. 103, V. 12 : reté m'oissor.

A com grant tort m'avoit cis gioz reté.

^7^ Macairk.

F'. 10^ V. ij, 14, ij :

Ne soie onc rois ne corone portant, Ne mengerai onqucs i mon vivant S'aurai de toi véu le jugement.

On retrouve souvent ce tour, par exemple dans Gaydon, p. 9 :

Dex me confonde parmi la crois, en som. Se mais menjuz de char ne de poisson, Ne ne bevrai de darè, devin bon, S'aurai tenu son cuer dedens mon poing.

P. loj, V. 22 : inprimcmânt y du texte italien, n'a jamais été français, que je sache ; premiercmenl l'a été de tout temps.

Dos de Nantuel parla premièrement.

Ogier, 11,406.) P. 103, V. 25 :

Méismc d'eus ferions nos autretant.

On retrouve un vers à peu près identique dans Raoul de Cambrai y p. 336 :

Et d'iax méisme ferai je autretant.

P. loj, V. 9 : pcnianl. {Huon de Bordeaux, p. 88.)

P. loj, V. I p aprls lui (derrière lui).

Après lui vin moult durement courant Après celui alai esperonnant.

{Huon de Bordeaux, p. ^ . > P. 107, V. 6 :

cil de Maience en ont grant reprovicr.

Raoul di- Cambrai, p. 187 ;

TuJt ti ami en aront reprovicr.

P. 107, V. 7 : Or luirons ci.

Or vos lairooi ci endroit de Gaydon.

Gaydon, p. a8.)

Notes. 379

Si corn ovra ot eu son loier.

On peut lire aussi : De son service ot

Gaydon , p. 224 :

De vo service aurez vostre loier.

P. 107, V. 9 : est remis. {Huon de Bordeaux, p. 170.)

P. 107, V. 15 : jus del cheval verser , ou, comme dans Huon de Bordeaux, p. 54 : à /^ terre verser,

P. 109, V. 13 : soletîe. V. plus loin, p. 238, v. 4.

P. 109, V, 15 : Cornent le faites? C'est le how do you do des Anglais. On peut lire aussi : Comment vos est? (Voyez Gaydon, p. 50.)

Ele li a demandé et enquis

Comment le fait Karles de Saint Denis.

{Anséis de Cartage, ms. fr. 1254, fol. 2 yo, col. 2.)

Idem, ibid : avés encombrement?

V. ce mot dans Gaufre'^, p. 310; dans Otinel , p. 2 et 13 ; et surtout dans Jean de Lanson, ms. fr. 2495, fol. 29 v<>.

P. 109, V. 2$ et 26 :

Que véoir puisse par toi séurement Costantinoble, où sont li mien paTent.

Le texte de Venise dit : Aler en Costantinopoli , locution que la mesure des vers ne permet pas de conserver, de quelque façon qu'on s'y prenne. Voir Constantinoble m'a paru admissible :

Ne quit véoir Bordele, le grant cit.

[Huon de Bordeaux, p. 26.)

P. 109, V. 27 : boin loier en aient.

Ogier, II , 324 :

Autel loier alons nos atendant.

î8o Mac A IRE.

P- III, V. 12 : dcponu me paraît admissible, quoique je n'en trouve pas d'exemple; mais ponu, pour pondu, se trouve encore dans quelques patois.

P . m , V . 1 6 : or «f j» Dieu salut , et même salu sans t, comme dans Ga^Joix , p. 88.

P. 1 1 1 , V. i8 : un grant bjston costu. Prendu, je j'ai déjà dii, me paraît inadmissible; et je dirai ci-après pourquoi je substitue coUu i quaru.

P. Il I, V. 20 : l(S cheveus borfolus. Je ne connais pas d'exemple de ce mot.

Et la roîne si vait deriere lui.

On peut conserver la forme lu du texte de Venise.

A grant merveille me sera deffendu S'encor ne trai le sanc dou corps de la. {Giiydon, p. jj.)

Mais on trouve aussi la forme lui dans des tirades en u. Je la rencontre plusieurs fois, par exemple, dans le ms. de Boulogne-sur-Mer, qui contient une grande partie de la geste de Guillaume au court nez. Elle y rime avec /u, etc. (fol. 76], avec coru, etc. (fol. 169). De même dans Girart de Vianne, ms. fr. 1448, fol. 7i v», col. I.

P. 1 1 3 , v. 6 : arrestéu. On pourrait conserver arestu, du texte vénitien, et lire :

Tant sont aie, que n'i sont arcstu Que

Mais, pour éviter ces que superposés, j'emploie la forme arrestéu dont on trouve aussi des exemples.

Dans la même page de Raoul de Cambrai (p. 77) on lit :

Li qucnj Ybers n'a gaircs arestu.

De ci au gué ne sont arestiu.

Notes. 381

P. 1 1 3, V. 8 : outre mer ont coru. Je n'admets pas metu , non plus que le composé trametu du texte de Venise. On pourrait lire peut-être : outre sont descendu, en restant plus près du texte oltra forent metu; mais descendu se trouve quelques vers plus bas. Il est probable que le compilateur italien l'eût conservé ici comme là, s'il l'y eût trouvé. Sans doute il aura rencontré une leçon moins simple, comme celle que je propose ou comme celle-ci : la mer ont trescoru.

P. 1 1 3, V. II : parmi ces puis agus.

Raoul de Cambrai, p. 152 : parmi. i. pui agu.

P. 1 1 3, V. 18 : Sages et membrus (pour membres). Sire ce est Robers, li sages, // membrus.

{Chanson d'Antioche, t. I, p. 28.)

P. 1 1 3, V. 20 : i/« grans et des menus. GiRART D'Amiens, ms. fr. 778, fol. 83 :

Il fu amez des grans et des menus.

En sa main prist un gros baston costu.

Ce mot cosîUj que j'ai ajouté tout à l'heure au texte de Venise , je le substitue ici au mot quaru, dont je doute fort qu'on rencontre un exemple. Arrestu (d'arrêter) ne semble pas, il est vrai, déformation plus régulière, mais on le retrouve souvent. Costu, appliqué à un bâton, donne le même sens que quaru ou carréj et peut se justifier par des exemples du temjjs ;

Ne toi ne t'arme ne ton baston costu, Toute ta force ne pris pas .1. festu,

[Moniage Renoart, ms. de Bouiognesur-Mer, fol. 173.)

Li un sont plat et li autre costu.

(Ms. fr, 294. v", col. I.)

On disait aussi baston cornu. Voyez Gaydon^ p. 87.

j82 M AC A I HE.

Et quicrt li ostes li soit amentèa.

i^Ei l'hôte demande qu'il lui fasse connaître.)

C'est sans doute ce verbe amenUvoir qui aura rebuté notre compilateur, dont le vers, si c'en est un , est à remanier entièrement.

On lit dans la Chanson liesSaisnes^ms. de l'Arsenal , B, L. F. 17J, fol. 240 :

Le covenant son père li a amentiu Que chevalier le face...

GlRART DE ViANNE, ms. fr. 1448,(0!. i94ro, col. 2 :

On voit lou roi si l'a amtntiu.

P. 1 1 i , V. 3 et 4 : scrvu, metu, du texte italien , qui forment la rime de ces deux vers, sont de la fabrication du compilateur. La leçon que je propose se justifie dans ses termes principaux par un passage de BerU as grans pUSy où l'on trouve une situation analogue.

A bertain aaisier met chascunc s'cntcnte.

Elle dit à ses hôtes :

Bien m'avés rcschaufée et moult bien repèue.

Quant à la locution sus et jus y elle est souvent employée comme ici.

P. 1 1 ^, V. I j : ensi l'a il usé.

Sire, dist Hues, je ne l'ai mie usé.

' Huon de BordeauXy p. 96.'

P. 1 1 S, V. 18 : cil (]ui m'a à garder y ou à guier.

P. 1 17, V. 3 cl p. 121, V. 4 :

S'agiut la dame d'un moult bel iretier... D'un fil s'agiut qu'au mostier vai portant.

Le texte de Venise porte : Cella dame varlori. — Cti enfant a partori , du latin parturire. L'italien a

conservé ce verbe sous la forme partorire; mais jamais, que je sache, il n'a passé ni en provençal ni en français, oîj l'on ne trouve que le substantif part (de partus). Au contraire, l'une et l'autre langue ont au même sens ajazer et agesir. Pour ajazer, voyez Raynouard , III, 583. Quant à agesir, voici un exemple qui le donne sous la forme même où je l'emploie : D'un fil s'agiut, s'ot non Guillaumes.

{Philippe Mouskes, cité par Sainte-Palaye, au mot agiut.) P. 1 17, v. 17 :

Puis quant ce vint qu'ele dust relever; ou , avec la diérèse : que dèust relever.

Je restitue ainsi le vers assez obscur du texte vénitien, en imitant un vers de Parise la Duchesse : Quant vint li termes que dèust relever

[Parise, p. 28, 2^ éd.)

Je n'ai pas besoin de justifier le tour si connu : quant ce vint que

Sor destre espaule une crois blanchoiant.

Je substitue blanchoiant à blanc que porte le texte de Venise , parce qu'il faudrait blanche, que la rime rejette. Je doute qu'on ait volontiers employé blanc pour blanche au moyen âge. J'en puis cependant citer un exemple :

Mais il n'i a pain ne vin ne forment, Fors .11. gastiaus et .1. mice blanc.

(Prise d'Orange, ms. de Boulognesur-Mer, fol. î4ro, col. i.) Mice blanc pour miche blanche; mais fallait-il suivre cet exemple ?

P. 121 , v. 18 : estre à bautisier ou au bautisier, selon le cas.

Là ot enfant ; g'i fui au bautisier.

{Raoul de Cambrai, p. 31e.)

j84 Macaire.

P. 121, V. 20 : Se Diex me soit aidant. Locution qui revient deux ou trois fois dans chaque tirade en ant du poème de Huon de Bordeaux,

D'cmpcrcor corn se fusi irctiers,

ou : com se fust engenrès.

ALISCANS, p. 109 :

Renoars sui, engendré fui d'un roi.

L'evesques chante la messe hautement.

{Raoul de Cambrai, p. 14J.)

P. 12} , V. 8 : mestier^ service, office divin. Raoul de Cambrai , p. s^ '

Et si faisoicni le Damedicu mestier.

Pariant d'un évêque :

Si se rcvesl por faire le mestier.

[Idem, p. 7.)

P. 123, V. 14 : rengenerer.

De saint baptesmc se fist rengenerer.

{Aspremont^ ms. fr. 249 j, fol. 124 r«.)

P. 125, V. () : de son droit nom.

Huclins est par droit nom apclés.

{Huon de Bordeaux, p. 77.)

P. 12^, V. 17 : <]uin:e jors ajornés.

GayDON, p. 37 et 186 : toute jor ajorné. — Autre jor a)orne.

Si vuet venir i son gent cors parler.

Cf. Huon de Bordeaux, p. 95, v. 13.

P. 127, V. 2 : Et ne le yod vier^ ou : de gré et vo- Untiertf ou CDCore ; bu fait à otner^ toutes locutions

Notes. 385

de même sens et qui reviennent presque à chaque page dans nos anciens poëmes.

P. 127, V. 14 et 15: bien veigniés! — hien soies ! {Huon de Bordeaux, p. 13, v. 34.)

Por amor Dieu, le voir justicier.

J'ai répété le voir justicier du texte italien; mais mieux vaudrait lire peut-être/^ verai justicier , comme dans ce vers de Raoul de Cambrai (p. 1 1 1) :

Dieu reclama, le verai justicier.

On trouve toutefois, quoique plus rarement, des exemples comme celui-ci :

Et croi en Damediu, le vrai justicier.

{Fierabras, p. 13.)

A l'origine, sans doute, le second i a compté dans la mesure, mais de bonne heure on l'a néglige.

P. 127, v. 25 et 26 :

Si com commère qui pas ne doit boisier A son compère mentir ne losengier ;

vers restitués d'après ceux-ci :

Cil de Nerbonne qui aine ne pot boisier A son signeur mentir ne losengier.

{Aliscans, p. 248.) P. 129, v. 10 :

De mon reaume si me fist il geter.

On disait aussi bien en pareil cas geter que chacier: Et tos mes oncles de la terre chacier.

{Raoul de Cambrai, p. 73.) Por tant firent la dame de la terre geter.

[Parise la Duchesse, p. j2.)

P. 129, V. 15 : mahaistié.

Macaire. 2 j

HuON Dt Bordeaux, p. 87 :

La voit on bien qui a fait mauvaisté.

Il semble qu'après ce vers le copiste italien en ail omis un dont le sens était : « // se battit. < Ce qui me le fait croire, c'est le mot cun (avec) par lequel commence le vers suivant et dont je ne tiens pas compte dans ma restitution.

P. iji , V. 4 ; 4 respié amolé , ou amoUii. On trouve un exemple de cette seconde forme dans Du Cange, sous le mot amollare; mais on y trouve également amolarc , qui permet de croire (\\iamoU a été aussi en usage. Peut-être le texte français portait-il : al branc forbi d'acier. Voyez p. 1 36, v. 9.

P. I j I, v. 6 : S» m'en fui.

HuoN DE Bordeaux, p. ^, v. i ;

si s'enfuttous scus...

{Fierabras, p. 6^.;

P. 1 ji, V. 1^ : mes estres (ma situation).

Lor couvine etlor cstrc enquérie et demander. Jierabras^ p. 6j.) P. 131 : V. 17 :

Por moi vorra chevaliers envoicr.

On disait même envo)er pour quelqu'un ^ sans régime : Car faites tost por Guiot cnvoicr.

{Caydon, p. i8i.

Et que ses père Costantinoble tient.

1! est manifeste qu'ici le compilateur italien a refait en entier le vers français qu'il avait sous les yeux. A mon tour, je prends avec lui la même liberté. Voici les exemples dont je; m" et pour la rime et

pour la locution tenir Cou jlc :

Notes. 387

Jules César, selon la légende de Huon de Bordeaux, était l'un des prédécesseurs du père de Blanchefleur, c'est-à-dire qu'il régna àConstantinople.

Constantinoble tint // tôt son éaige.

{Huon de Bordeaux^ p. r.)

L'auteur du même poëme fait rimer vient (p. 12) et souvient (p. 13) âvec fier, pitié, mesagier, grasiiés, etc. Il y a grande apparence que tient ne rime pas plus mal avec vérité, crestienté, envoier, etc.

P. 131, V. 24 : bien trovée soies. Cf. Huon de Bordeaux, p. 119, V. 34.

P. 1^3, V. I : d'Ongrie.

On disait indifféremment de Hongrie ou d'Ongrie.

An la terre d'Ongrie sont en un bois entré.

[Parise la Duchesse, 2^ édition, p. 24.)

Et rois fu de Hongrie s'en fu sire clamez. [Id., p. 26 et passim.)

Honguerie est , selon toute apparence, la forme primitive. Voyez cette forme dans Gaufrey, p. 2^2 et passim.

Dire et conter trestot le covenant.

Covenant, aventure, affaire, situation.

Huon de Bordeaux, p- 91 :

Or VOUS ai dit trestout mon convenant.

MONIAGE Rainouart, ms. de Boulogne-sur- Mer, fol. 194 fo, col. I :

Mairefer fu en son cuer mult dolant Quant de son père entent le couvenant.

Ibid., col. 2 :

Dist Mairefer : « Corn vos est covenent ? »

Cf. Macaire même, page 134, v. 12 et 13.

588 Macairk.

f^ 15$, V. 2 : trj'ittemem.

Gaydon , p. 120 : à tort , tràUrtmtnt.

\\ iM,v.3 :

Dont l'empercre cui France est apcndant. OCIER, t. Il , p. 398 :

Et Babiloine i lui est apendant.

P. 135, V. 6 : dinson taknt.

Bien pois, frère, dire vostre talent.

(Foulque de Candie, M$. de Boulogne-sur-Mer. 1 5 5 , V. 1 0 : i^uant sont à terre. V. Huon de Bordeaux, p. 8^, v. i j.

Idem, iHd. : il se Iraient arant. OtiNEL , p. 11 : se tret RoHans avant.

En son pa!aij les mande à parlement.

Gaydon , p. 263, V. 4 :

Comment Claresme le mande à parlement.

D'oîr noveles lor enquiert et demant.

Gaydon, p. 95 :

Fenaus li a demandé et enquis.

Si Ctnchâr^a ad un saen chevalier; ou encore : 5« la chargea.

Raoul de Cambrai , p. 140 :

Je vos charchai mon enfant I garder.

Voit sor s'espaule une crois blanchoier.

L'auteur a dit plus haut, p. 120, v. 14, que la croix éuil blanche ; j'ai cru pouvoir le répéter ici ,

Notes. 389

m'autorisant d'ailleurs , pour le tour que j'emploie , d'exemples comme ceux-ci :

De sa cité voit les murs bianchoier.

[Aimeri de Narbonne, ms. fr. 1448, fol. éj ro, col. 2.)

Si que les àenz véissiez bianchoier.

{Qîinel, p. 52.) On disait de même :

... Li sans que ci voi rougoier.

[Raoul de Cambrai, p. 69.)

P. 1 39, V. 9 : hautement mercier, on gracier, comme au texte de Venise.

Que por ma fille manderai à estros.

J 'ai à peine besoin de dire que la locution à estros j t mêmcià estrous, n'est pas déplacée à la rime dans un tirade en or. On l'y trouve cent fois.

P. 139, V. 18 : Mais ne f aura guerre. « La guerre ne manquera pas, » c'est-à-dire : « Je ne manquerai pas de faire la guerre à l'empereur. x>

Ne faudra guerre vers lui tout mon aé. [Gaydon, p. 27.)

P. 141, V. 17 : en nef corant (en un legno corant). Legno, au sens de navire, est purement italien.

P. i^i, V. 20 : de par le roi de Hongriç. Alez à Karle, ditez lui de par mi.

P. 143, V. 14 : contre lor vait corant, c'est-à-dire : court à leur rencontre, au-devant d'eux.

Contre 11 sont aie si ami et si dru.

[Renaut de Montauban, I, 201 , rec. des Anciens poëtis.)

50O Mac Al RE.

P. 144, ligne 1 et 2.

Je supplée par conjecture la rubrique omise dans le manuscrit.

P. 14^, w. \ : de pailc et de cendel , ou de cendé.

Et BlanchcfioT où il n'ot qu'enscgncr.

Il m'était facile de lire, en suivant de près le texte de Venise :

Et Bljncheflor, qui tant ert preus et ber ;

mais preus et ber surtout me paraissent convenir à un homme beaucoup mieux qu'à une femme; et d'ailleurs ICI il ne s'agit pas des vertus, des qualités que ces deux mots expriment, il s'agit bien davantage de reconnaissance, de politesse. La locution où 1/ n'ot quemegner me semble mieux en situation; elle s'applique à une personne bien apprise, qui a de bonnes et belles manières, et c'est ici le cas de s'en servir.

P. 147, V. 9 : <i icel jor que. C'est par ces mots qu( débute la chanson d'Aliscans.

P. 149, V. 2 : nel porroient durer (pour endurer).

P. Î49, V. 17 : acrianter ou, si l'on veut , acerUner.

Mais elc a moult envers lui mcscrré.

Raoul de Cambrai, p. 6j :

Por quoi ont il envers moi mcserré ' V. encore Cajdon, p. ^8.

P. isi, V. 4:

Se il la fa it par )ugcmcnt mener.

HuoN DE Bordeaux, p. 69, v. i :

El ne le veut par jugetneni mener

Notes. 391

Mais la roïne qui la nori souef.

Cette expression , que je substitue à celle du texte de Venise : ^e l'avoit élevé , revient souvent dans nos chansons de geste, et notamment dans Huon de Bordeaux :

A nostre mère qui souef nous nori.

(P. 19, V. 9.) A la ducoise qui Pot nouri souef.

(P. 72, V. 9.) Car vostre père me nori bien soé.

(P. 93, V. 8.) Gaydon, p. 26 :

Je voz norri, petit anfant, soef.

Chis savoit de sa dame le cuer et le penser.

{Charles le Chauve^ ms. La Val., 49.)

Bien conois celé qu'en mon ventre ai porté ;

ou , si l'on veut : en mes flans, comme dans ces vers de Parise la Duchesse (p. 37, 39, 2^édit.) :

Ne la mère ausimant que à ses flans t'a porté. Et conoistrai la mère qu'ew ses flans m'a porté.

P. I ^ 1 , V. 13 : Nés por tôt l'or de Dé. Pour tout l'or de Dieu, c'est-à-dire pour tout l'or du monde. On pourrait lire aussi : Nés por trestot l'or Dé. Mais à l'époque où fut composé notre poëme , tantôt on supprimait, tantôt on exprimait la préposition :

Por tout l'or Dieu n'aroit il garison.

{Raoul de Cambrai, p. 115.) P. 151, V. 19 :

Mal fait li rois, quant la blasme, et pechié.

>92 MACAiRt.

Caydon, p. îs :

a Sirf vassal, mil faites et pechié,

o Quant vos le duc blasmez ne laidengiez. m

P. ijî, V.4 :

S'ele gehist, mar fu «es gens cors nés ! HuoN DE Bordeaux, p. 9^ :

Se ne volés à son gtnî cors parler.

P. I ^j, V. 8 : pesmc renoU, cri, du texte de Venise , est sans doute là pour hlrlûquc , qui en vieux français était hcrcgc ou cnlc.

P. 153, V. 22 : doUreuse vengeance.

Si avérés un dolerous loier.

{Montage Rainouart, ms. de Boulognesur-Mcr, fol. 181 r", col. 2.)

P. i ^4, V. 16 et 17 :

On ht ces deux vers ainsi dans le manuscrit. Il y manque évidemment un verbe [je suis allé) pour en compléter le sens.

P. \ss, V. s ■

Bien ert Kallon vos mesages contés.

ALlSCANS,p. 72, V. 2 j :

Au roi sera mes mesages contés.

P. iss,v.6:

Congé demande et si s'en tome arier.

HuoN DE Bordeaux, p. 72, v. 24 :

Dont s'en torna s'a congic demandé.

P- 1^9. V. ij : Jerusûlan y ou Jerusalant , comme dans ce vers d'Aspremont :

Et Moydas qui tint Jerusalant

(Ms.fr. 249J,^ol. 9} fo.)

Notes. 393

P. 1 59, V. 21 : hom de conseil plus grant. ASPREMONT, ms. La Val. 123, fol. 1 r», col. i : Karle apparut qu'il iert de conseil grant.

Qui en vos se fie, bien puet estre certains.

J'ai à peine besoin de dire que (jui en ne doit former qu'une syllabe . Les exemples de ce genre abondent, et ce serait vouloir renchérir sur les meilleurs trouvères que de ne pas s'en autO'*iser.

En vos auroit eu boins chapelains.

Ce tour est très-fréquent dans nos anciens poëmes :

En Rocoul ot mervillous chevalier.

{Raoul de Cambrai, p. 114.)

P. 161, V. 6 : Ce disl U dus Naimon.

Il faudrait Naimes, je le sais, mais je sais aussi que la chanson de Roland elle-même contient des licences de ce genre.

P. 161, v. 19 : par en faire son bon, locution bien connue, et particulièrement employée quand il s'agit de désirs amoureux.

P. 161, v. 21 : desevroison. {Gui de Bourgogne ^ p. 30.)

P. 163, v. 3 : entresi que. {Fierabras, p. $1, etc.)

L'emperéor et dire et conter.

Je maintiens cette locution si fréquente et dire et conter, en dépit de l'hiatus, qui ne fausse point le vers, selon moi, amsi que je l'ai déjà dit ci-dessus (note sur le vers 23 de la page 7). Rien ne serait plus facile d'ailleurs que de substituer ici au mot conter le mot

394 Macaikk.

iicvtur qui le remplace parfois , comme dans c?t exemple :

Mais tant vos voil et dire et dévisser.

[Loquij:rne, ms fr, 1448, fol. 29 j r^, col l.)

P. i6j, V. 14 et suiv.

Ici le bon duc Naimes, donnant un conseil à l'empereur, lui dit : Voici ce que |e ferais; puis il fait parler l'empereur lui-même sans que la tr.msition soit indiquée.

Et s'amendisc vuct d'cle demander.

Raoul de Cambrai, p. 120 :

Por Camcndisc poi avoir maint destrier.

P. 167, V. 7 : cnlroblur.

HuoN DE Bordeaux, p. 18s :

Ses prisonniers n'a mie entroubliL

P. 169, V. 4 : Sel prcnt à apclcr.

Je pouvais lire comme au texte : Si li respont arier; mais aricr termine encore le vers suivant.

P. 173, V. 8 : roion. {Gui de Bourgogne, p. 30.)

Chacie l'ot com on fait le larron;

ou, si l'on veut :

Banie lot à guise de larron.

P. 17J, V. 19 : Sore li misl. Il lui mit sus, il lui imputa, il la chargea de.

Gaydon, p. jo :

Mis m'ayez sore que je fiz la puison.

P. 17^, y. 22 : de l'or d'Arage, {à' Ar3b\e) ou d'Arabe.

... el bon destrier d'Arrabe.

I Inurdain de Blaires. Ml fr. 860, fol. 1 i<' 1 'Ol 2 )

Notes. 395

P. 179, V. 9 et 10 : J'emploie la forme de salutation la plus fréquente :

cil Damediex qui le mont estora Saut la contesce et ciax que amés a.

[Raoul de Cambrai^ p. 11.)

Cil Damedieus qui tout a à jugier Il saut et gart l'evesque droiturier.

Costantinoble qui tient et tôt Ponor.

C'est ici une forme très-usitée au moyen âge :

Il tint Aufrike et tôt le règne grant.

[Ogier, H, 398.)

Et de Huon, le nobile guerrier, Qui tint Bourdele et le grant iretier.

(Huon de Bordeaux, p. 2.) P. 193, V. 3 :

Dex les confonde, l'aitismes criator.

A qui me rappellerait que criator est la forme du régime, je répondrais en invoquant l'exemple de plusieurs trouvères, et notamment de l'auteur de Gaydon :

Si m'aït Dex, li verais criators.

(P. in.)

Criators avec une s , pour voiler la faute apparemment. Mieux vaut, je crois, la laisser paraître que d'y ajouter encore par cette addition malencontreuse.

Dolor en ai et mautalent et ire. ''

Il n'est pas rare de voir cette finale ire à la rime dans des tirades en ie. Exemple :

Amont l'en dresce par moult grant druerie, si li pardonne son mautalent et s'ire.

[Gaydon, p. 326.)

El plus bas , même page :

CayJon appelle, si li a prins à dire :

a Caydes, biax sire, nel me celés vos mie.

P. I9i, V. 6 : Blancheflor (texte italien: Blançijlon). Les trouvères faisaient parfois fléchir, pour les accommoder aux besoins de la rime, les désinences des noms communs et même des noms propres. C'est ainsi que l'auteur de Gardon appelle une fois son héros Gaydur; mais celui de Macairc n'était pas obligé ici de modifier le nom de BLinchcfloTy les mots en or étant parfaitement admis dans les tirades en on. C'est donc le compilateur italien qui a imaginé la forme Blançijlon.

P. 195 : V. I ^ : paoniers. V. DuCange, vo Pedo.

P. 199, V. ^ : prodon. Il faudrait prodommc ; mais les licences de ce genre se trouvent dans les meilleurs textes.

P. 199, V. 9 : Ains qu'il soit esclairiê. {Huon de Bordeaux f p. 16^.)

P. 199, V. 12 : demainne treff la tente impériale. Cel demainne tref. [Gaydon , p. j , v. 1 1.) On disait au même sens : maistre trej , tref maior.

Et Kallemaines fu en son tr^ maior.

{Aspremonty mj.fr. 249 J, fol. 101 r«.)

Cil de Maience font moult à resoingniet. Gaydon, p. 167 :

Cil emperere fait moult à resoingnicr.

P. 201, V. 8 et 22 :

Fors cel roi qui Constantinoble tient

Cil dou roi cui Constantinoble apent

Notes. 397

Ces deux vers sont mal coupés , je l'avoue , mais on en trouverait aisément de pareils dans nos meilleurs poèmes. Exemple :

Par qui est toute créature vivant.

Dans le second vers, Costantinoble devrait prendre Vs, signe du sujet; mais cet s disparaissait souvent pour obéir aux exigences de la mesure.

Le personnage nommé Floriadent prend plus bas (v. 20) et plus loin (p. 206 et suiv.) le nom de Floriamont. Je n'ai pas cru devoir lui conserver ces deux noms, je me suis arrêté au premier.

A grant merveille fu li Griés orguillos.

Li Griés, le Grec, le chevalier grec. Je m'autorise, pour le désigner ainsi, du passage où Alberic de Trois- Fontaines a résumé ce poëme.

Donc oïssiés des cous moult grant tabor.

Tabor au sens de bruit, de tapage. On le trouve parfois ainsi employé , par exemple dans ce vers du poëme d'AUxandre :

Dusc' à l'aube aparant lor dura cis tabors. (P. 287, éd. Michelant.)

P. 205, v. 10 : dou chief blos.

Roman d'AUxandrc, p. 270 : del aval le fait bloas.

Com s'éussiés esté une s'amie ; tour analogue à celui-ci :

Je lor ai mort un lor prochain parent,

{Raoul de Cambrai, p. 336.)

jçS Macaire.

P. 211 , V. Il : // pardoncr vostrt trc. {Cajdon, p. )26.)

Se lot premier n'en ai vcngancc prise

Ce dernier mot est très-admissible en rime dans une tirade en ie.

P 2r2, V. 27 : l'inperer Cleramon.

C'est la seule fois que l'auteur désigne par son nom l'empereur de Constantinople. Il s appelait Kicher dans la seconde version analysée par Alberic de Trois-Fonlaines.

En moi n'avé5 chevalier, ains garçon.

J'ai dû substituer garçon au moi poltron du texte italien. Je ne retrouve pas ce mol dans nos chansons de geste, mais bien celui par lequel je le remplace. Dans le poème de Renaut de Montauban ^ par exemple, le père des quatre fils si connus leur dit :

N'estes pas chevalier, anccis estes garçon.

(Renaut de Montauban, t. I, p. 142, recueil des Anciens Poètes.)

P. 21 j, V. 7 : calon, du texte de Venise, est purement italien {gallone , flanc, côté . On peut lui substituer le mot français giron, et lire :

Mais se vos plaint de me ceindre au giron Le branc d'acier.

Ogier , II , i4i :

Puis irait Cortain qui li pent au giron P. 2 1}, V. 17 : Si m'avoia. Avoier s'employait nu même sens que convoier. Voyez Raoul de Cambrai,

Qu'en lui rois Kalles aura mau compaignon.

Notes. jI99

Voici un tour identique :

Cil chevals a en vos mal compaignon.

{Aspremonî, ms. fr, 2495, foi. 1 19 v«.)

Quant Varochers se vist si atorner.

Cf. aydon, p. 226, v. 25.

P. 219, V. 15 : enrecoij bêlement.

ASPREMONT, ms. fr. 249s, fol. 101 vo : Dist l'uns à l'autre coiement, en recoi.

P. 219, V. 19 : par delez un pendant; locution tirée textuellement de Raoul de Cambrai j p. 158.

P. 219, V. 20 : le trait à un arpent. On disait beaucoup mieux : le trait à un archer, — le trait à un bongon (ou bouzon). Voyez, par exemple , Gaydon, p. 81, et Ogier, II, 543. La meilleure leçon ici serait peut-être celle qu'on peut tirer du vers ciaprès :

La terre en crosle environ un arpent.

{Gaydon, [). 113.)

P. 220, V. 6 : lo somiant {somigliante), le semblable, la même chose.

P. 221, V. 19 : s'en est errant tornés.

HuON DE Bordeaux, p. 173 : errant s'en terne.

P. 225, V. 5 : en of des iex lermé.

ASPREMONT, ms. La Val. 123, fol. 3 r% col. 2 :

Savez quel chose li fait les iaulz lermer ?

P. 225, V. 8 : <î nul fuer (à aucun prix).

Si j'avais reproduit littéralement le texte italien , le mot tens se serait trouvé répété dans deux vers consécutifs.

P. 22^ , V. 20 : les escus bouclés^ ou bouclers. Cet

400 Macairk.

adjectif désigne la boucle oui faisait saillie au centre de l'ècu. Boucler ou bouclier, employé substantivement, remplace le mot êcu.

P. 227, V. 12 : Si est remese.

Amis et Amiles, ms. fr. 860, fol. 109 vo, col. 2 ;

Remese fuisse, je! vos di sans fausser...

P. 229, w. 2 : ne viels ne jones hon.

Est Agolans ou viels ou ioncs hon ?

[Aspremont, ms. fr, 249$, fol, ji y.)

P. 229, V. 6 : m Dieu criant.

Puis ne vi homme qui fus! en Dieu créant. {Huon de Bordeaux, p. 89.) P. 229, V. 17 :

L'un mort sor l'aulre verser et trcbuchier.

Ce vers se retrouve textuellement dans presque toutes les chansons de geste, et par e.xemple dans Amis et Amiles, ms. fr. 860, fol. 94 v^, col. 2.

L'aubers fu bon, que ne! pot empirer.

Le texte italien porte daner ( damnare , endommager), que l'on peut conserver si l'on veut :

Ja par nulle arme ne fust le jor dampnie. {Gaydon,p. n,v.4.)

mais ce mot était d'un usage rare; empirer est l'expression usitée en pareil cas,

P. 2}}, V, Il : Me le resdnle. {Huon de Bordeaux,

Chier li ferai à mon branc compeier.

On disait fort bien : chier li vendrai; mais aussi bien et aussi souvent : chia- h ferai comperer ou achaler.

Notes. 401

[Que flors et pieres en fait jus craventer,]

Je supplée ce vers, omis sans doute par le compilateur, et qui se retrouve textuellement dans presque tous les récits de combats.

P. 235, V. I : raviser. {H uon de Bordeaux, p. 131.) P. 237, V. 27 : Qu'il espenisse le mes/ait. Desor païens là t'espenéiras.

{Aspremont^ Ms. fr. 2495, fol. 85 v».)

P. 239, V. 3 : m^ vie aler querant , ou mieux peutêtre : m'en aler mendiant.

P. 239, V. 18 : entrencontré. {Gaydon, p. 46, v. 4.)

P. 239, v. 19 : N aimes et Isorés. Je substitue le nom bien connu a'Isorés à celui de Salaire qui reparaît au vers suivant.

De deus vassals, sol à sol, en un pré.

Otinel, p. 8 et 9 :

Mes car alons le matin en ces prez, Tout seul à seul.

P. 245, V. 4 : d'aler ou champ. V. Huon de Bordeaux, p. 50, V. 34, et 51, V. I.

P. 245 , V. 1 2 : Qui la fera ? — Faire la bataille est une locution habituelle. Voir cette expression à la page 244, vers 4 , oii je l'ai rejetée parce qu'elle ne s'adaptait pas à la mesure du vers.

Par foi, dist ele, vos estes fos provés. On peut lire aussi : vos estes forsenés, en restant Macaire. 26

402 Mac Al RE.

plus près du texte; mais l'autre leçon est peut-être plus fréquente ;

Dist l'amirés : « Te sire est fos provés. »

[H uon de Bordeaux, p. 172.)

P. 2 p, V. 8 : cmptrid pour empcrial ^ comme roui pour roial^ mcl pour mal ^ etc.

P. 2p, V. 14 : totevoie. Locution qui a le même sens que toutefois, sans avoir la même origine.

Por Varocher est en grant sospeçon.

Moult ai esté por voz en souzpeçon.

Et le bon branc a ceint au lez selonc ; ou encore :

Le branc a ceint au senestrc giron.

P. 2 ^ j , V. 21 : et or cuit et mangons. Gaydon, p. 29^ :

Chargié un mul d'or fin et de mangons.

Sire cmpercrc de France et de Loon.

Je lis Loon (Laon), et non Lion ou Lyon, comme au texte de Venise. Un Italien devait mieux connaître Lyon que Laon , et de là la substitution que jc suppose.

UAYDON, p. SS •

Rois cuidai icstre de France et de Loon.

P. 2^ j, V. 21 : JU lez senestre en son. Celte expression en son est souvent employée d'une manière purement explélive. Voir les exemples

Notes. 403

cités par M. Cachet dans son glossaire, au mot son. Quoi qu'il en soit, mieux vaut lire peut-être :

Ceinte a Courtain au senestre giron.

P. 257, V. 4 : nd se contint pas mu , locution tirée textuellement de la chanson d'Asprcmont (ms. fr. 2495).

P. 257, V. 19 ; entreferu. Otinel, p. 41 : ïentrefierent.

Vers sarrasins s'en vont iréemant.

[Aspremont, ms. fr. 2495, fol. 106 v».)

P. 265 , V. 16 : Vafairc tôt entier. Affaire, comme l'on sait, était du genre masculin.

P. 26^, V. 17 : de chief en chief.V. Raynouard, Lexique^ au mot Cap^ II, 318, col. 2.

Et vers ma fille esploitié laidement.

Je n'ai pas dû répéter loiaument ou desloiaument dans trois vers successifs, comme au texte de Venise ; j'ai remplacé ici desloiaument par laidement , comme m'y autorisait ce vers de Gardon (p. 175) • Emprisonner ne l'ait fait laidement.

Ad un fil d'or sa crigne vait nouant,

ou encore : ses crins vait accsmant. ( Cf. Gui de Nanteuil , p. 24.)

P. 279, V. 19 : aclin vos erent. V. Raynouard, Lexique, au mot aclis.

P. 287, V. ^ : poon. C'est la forme la plus fréquente du mot paon. Elle est à ce mot ce que sooler est à saoler.

P. 287, V. I i : damiUon. {Gaydony p. 2j^.)

P. 289, V. I I : Sj merc Blanchefur.

J'ai usé ici d'une licence analogue à celle dont je trouve un exemple dani> le pocme de Gaydon. L'auteur, pour le besoin de la rime, a fait une fois fléchir le nom de son héros en Gaydier (p. 272).

P. 289, V. 20 : Si me li lut parler (mihi licuit).

P. 289, V. 22 : longues (longtemps).

Gaydon, p. 120, 168 :

Ne puet longues durer, — se longues vit.

P. 291, V. 7 : Kallemaines li ber. Voyez cette expression ci-apres, p. 307, dans la seconde version de notre poème.

P. 291, V. 14 : acorde. {Raoul de Cambrai, p. 222,)

P. 291, y. 22 : le trait à un bouzon ; c'est-à-dire que les deux empereurs s'avancèrent chacun à la portée du trait nommé bouzon , en avant de leur camp.

P. 29$, V. Il : entr'eus tienent content. (Cf. Gaydon, p. 218.)

On pourrait lire aussi : entr'eus est li contens ( ils discutent les conditions de la paix).

Ou encore :

De la pais faire entr'eus vont porparlant.

Gui de Nantcuil, p. 94 :

Il ont toute la pès pourquise et pourparlée.

P. 295, V. 20, il faut peut-être lire : com dit totela gent. Dans le doute, j'ai employé une locution qui se retrouve partout et qui donne au vers ce sens : 0 Vous en avez tiré vengeance publiquement. »

P. 298, V. ^ : en Paris ladan. Sic, en un mot. Ladan me parait être une altération de là dedens.

Une charée d'avoir li a doné.

AUSCANS, p. !2 :

Une carée porteroit bien de pion.

Ne pain, ne vin, ne mais ciiar ne poisson.

AuBERi LE Bourguignon, ms. fr. 859, fol. 65 ro, col. 1 :

N'i trouvères pain ne vin ne poisson.

D'or en avant faut ici la chansons.

On lit à la fin de Raoul de Cambrai :

D'or an avant faut la chançon ici.

P. 305, V. Il et dernier: Dex vos garisse. Voyez a fin de Gui de Nanteuil.

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