P. 83, V. II
N'estes mais dignes de corone porter.
Voyez l'expression corone porter dans Gai de Nanteuil, p. 26, et dans le poëme même de Macaire, p. 102. Le compilateur ici Ta rejetée sans doute pour simplifier, selon son habitude.
Sus el palais, en la sale votie ; ou , pour conserver antie du texte vénitien :
Sus el palais, en une sale antie.
Gaydon, p. 326 :
Dont l'amenarent en la sale voltie.
Faite me fu une grans estoutie.
Otinel, p. 34 :
Il lur fera ja mult grant estultie.
a grant vergoigne ma moillier chalengie.
J'ai admis ici , fort à regret, le mot chalengie, faute d'en trouver un meilleur. Je crois qu'acusie (pour acusée, comme brisie, bautisie, pour brisée, baptisée) est la véritable leçon ; mais je ne connais pas d'exemple du
J72 Macaire.
mol accusée sous celle forme (Voyez ci-dessus la note sur le vers 20 de la p. ^1).
P. Sjy V. 20 : dont en ai Vamt irie; ou mieux peutêtre : dont ai tî cucr grant ire. Inutile de dire que la rime n'est pas un obstacle à celle leçon.
Quant li baron ont la parole oîe, Mal de celui qui un soi mot en die.
GayDON , p. 20, V. 26 :
Quant Fransois oient lor seignor si parler, Mal de celui qui osast mot sonner.
Et ne croi mie de nul en sois blasmé.
a El je ne crois pas (qu'en suivant mon conseil) lu sois blâmé de personne. » C'est le sens aue j'ai donné à ce vers. Si l'on préfère celui que parait indiquer le texte de Venise, on peut lire :
Et n'en serai, ce cioi, de nul blasmés.
P. 8^, v. 18 : apelcs. Comme il s'agit ici d'un duel judiciaire, j'ai substitué au mot calonçcr du texte italien l'expression employée en pareil cas :
La vilonnic dont iestes apelés.
[Gaydon, p. a8.) P. 8s, v. 19:
El en bliaut si soit il despoilliés.
Gerartnon plus, dans Huonde Bordeaux, n'a point d'armes offensives lorsqu'il va au-devant de Chariot, cl c'est ce qu'il exprime ainsi :
T'as bon haubert et çaint lebranc forbi. Et je suis nus el bliaut sebelin.
(P. aj.)
J'ai donc substitué le mot bliaut au mol guarnelo du texte italien.
Notes. 37;
P. 8^, V. 21 : uns plaissiés , une palissade, pour fermer le champ de combat et limiter le parc où le duel va avoir lieu. Astelé, du texte italien, n'est pas un mot français sous cette forme ; mais il se peut bien qu'on ait dit estalier d^une série de pieux, puisqu'on trouve la forme féminine estallicre en ce sens. (Voyez Du Gange sous stalaria.) En ce cas, il faudrait lire :
Et sor la place soit fais uns estaliers.
P. 87, V. 2 : coilli en hé (texte italien au en al). Coill'ir en hé, on le sait, signifie prendre en haine. C'est une expression qui revient trop souvent dans nos anciens poëmes pour qu'il soit nécessaire de la justifier ici. Voyez, cependant, à cause de la forme aè, Parise la Duchesse, p. 98, à la note sur le vers 1 1 de la p. 10.
P. 89, V. I : crier un ban, ou huchier, comme dans Raoul de Cambrai, p. 333 :
Parmi Arras a fait un ban huchier.
P. 89, V. 3 : apendus corn larron, ou, si l'on veut, pendus comme un larron.
Je vos pandroie ausiz corn un larron.
[Jourdain de Blaives, ms. fr. 860, fol. 113 r», col. 2.)
Il faudrait lerre dans mon texte ; mais j'ai déjà justifié les licences de ce genre.
P. 89, V. 16 : H est sore coru.
Gaydon, p. 1 1 5, V. 21 :
Qui fièrement li sont sore coru.
P. 89, V. 17 : aconséu. Le mot prendu du texte italien n'est point français; au contraire, on rencontre fréquemment aconsivre ou consivre au sens d'atteindre :
Renoart vise si l'ait aconséu.
{Loquiferne,ms.h. 1448, fol."28l v», col. 2.)
374 Mac A IRE.
Et li basions contreval descend!, Que le cheval en chief ûconsievi.
{Gjydon, p. 10 j.) Par les espaules a cotisa u Morel.
{Caydon, p. iSj.)
P. 89, V. 18 : nfcru.
Ogier I, 123 :
Ogiers le hastc si l'a tost referu, P. 91, V. 1 : Cf. GayJon, p. 291, v. 3. P. 91, V. 2 : Sainte Marie, aiu! pour a'iue, aide!
P. 91, V. j : Crans fu l'estors.
Ce mol peut fort bien s'appliquer à une lutte entre deux combattants, à un duel. Gaydon, p. 99 : Crans fu Vestors, c'est-à-dire la joute de Ferraut et de Kenaut d'Aubepin.
P. 91, V. 10 : ii/i5 <y^i /or; saillis fu.
On pourrait maintenir à la rime le mot salu du texte italien, sous cette forme ou sous la forme saillu, puisqu'on trouve dans le Moniage Renoart, ms. de Boulogne-sur-Mer, fol. 190 vo, col. i :
Tibers se haste si est en pies salus,
et , même manuscrit , fol. 209, le composé asaillu.
P. 91, V. 13. C'est pour éviter une répétition que je m'éloigne un peu du texte de Venise. Kien de plus facile que de lire :
En celui lieu où il estoit salus.
Mais embatu ou enbatu était un terme fort usité au sens où je l'emploie, et il se pourrait bien que le compilateur italien n'eût pas trouvé ce mot assez clair pour ses auditeurs.
P. 91, V. 14 : Quant il l'ot entendu. Je garde le sens en changeant la rime. Metu^ du texte italien.
Notes. 375
n'est pas plus français que prendu qu'on lit dans la même tirade.
Il l'en arreste au passer d'un placer.
On pourrait lire aussi :
Il l'en arreste à un placer passer.
Voici un tour identique :
O^ier coisi à un tertre puiier.
(Og/cr, 1,155.)
Placer^ mot assez rare, se trouve par exemple dans Parise la DuchessCy où on lit : sol placer ^ p. ^0, et placer seulement, p. 51.
P. 93, V. 3 : Va en présent mené. J'ai justifié cidessus la locution en présent (en présence). Rien n'empêche d'ailleurs de conserver le texte :
Devant le roi le vait à présenter.
P. 95, V. 1 5 et 16. Même tour dans Aspremontj ms. fr. 2495, fol. 105 v» :
Que faites vos que ne nos secorrez ?
P. 95, V. ij : de toi sont il lointain. Berte as grans PiÉs, ms. fr. 1447, fol. 38 ro : Selonc ce que ele ert de ses amis lontaigne.
P. 95, V. 23 : abatre jus. YoW Gaydon^ p. 11$.
P. 95, V. 25 : qui sor tos es poissans (nobele e sovran). Rien de plus aisé que de lire :
Hé ! gentis rois, nobiles et sovrains.
Mais nobiles aurait le même sens que gentis, et je ne vois nulle part de locution identique ou analogue. Au contraire, Charlemagne est souvent qualifié li rois poissans, ou sorpoissans.
Î76 Macairf.
Un contessor me mannes mamtenant.
On pourrait sans doute conserver le mot chapelain et le maintenir i la rime ; mais un quakhe çapelan sent trop l'italien pour ne pas me faire croire à une altération complète du vers. Je propose, cependant , cette seconde leçon :
A ma confes.'^c mandés un chapelain.
Voyez confesse dans Parise la Duchesse, p. 2 1 .
P. 97, V. I : engignement. V. ci -dessus la note de la p. 2j,v 9.
Et cil i vient volcntiers, tôt errant.
Je remplace par cette locution si fréquente celle du texte vénitien : por talan , qui ne me paraît pas admissible en la forme. Mais peut-être vaut-il mieux lire : volentiers, non enprans, locution analogue à celle-ci : volentiers, non envis. V. Raynouard, au mot engranl.
P. 97, v. 1 1 : hassetement.
AuBERi LE Bourguignon, ms.fr. 8^9, fol 4^ v», col. I :
Entre ses dens a dit bassetement.
P. 99, V. 5 : Cl orendroit se disait comme c endroit.
HuoN DE Bordeaux, p. 140 :
Et se m'ircs chi endroit atendant.
Et même page : ichi orendroit.
P- j99. V. ç) : ci a voir un miracle de Di.
Voyez ci-dessus la note sur le vers 1 ^ de la p. 79. J'ajoute qu'après ces mots et a on trouve le substantif employé au cas régime.
P. <)(), V. \2 : et des boins et des mels.
Notes. ^77
Le mot ré [reo) du texte de Venise est inadmissible. Le compilateur italien aura sans doute rejeté le mot mel {malus), qui à ses yeux comme à son oreille ne formait pas une rime suffisante. La forme mel se trouve bien des fois dans le poëme de Huon de Bordeaux, et à la rime, et dans des tirades en é ou en er. V. aussi Gui de Bourgogne , p. 7, et Fierabras, p. 6, où on lit : à mêles armes. Quant à la locution entière, elle était en usage comme li jone et II chanu, U petit etligrant, etc. ;
De lor maus soient quite et li mal et li bon
[Chanson d'Antioche, t. I, p. 62.)
P. 99, V. 27 : tu as bien meserré. (Vu avi ben falé.) Fait n'a jamais été français. On ne trouve que failli et falu. Meserré rend la même idée, mais le mot, si j'ai rencontré juste, n'était pas de ceux qui pussent accommoder notre compilateur. V. meserrer, dans Huon de Bordeaux, p. 198 et passim.
P. 101, V. 9 : laidement. {Gaydon, p. 175.)
P. 101, V. 1 5 : nuisement.
Que ne voz veillent faire aucun nuisement. (Gaydon, p. 315,)
P. 101, V. 22 : Si renchauça. On peut lire sans doute arier li vint ou après li vint, en restant plus près du texte ; m.ais enchaucer est le terme le plus usité en ce sens.
Et Aulaïz de prez les enchauça.
{Gaydon, p. 72.