PRÉF ACE
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moins assuré , car dans le champ de l’histoire , comme ailleurs, mauvaise herbe croît toujours. En veut-on la preuve pour ce cas particulier ?
La dissertation de Bullet est de 1 77 1 ; or voici depuis lors jusqu’à ce jour la destinée du chien de Montargis.
En 1776, en 1778, paraissent deux éditions successives des Essais historiques sur Paris, de Poullain de Saint- Foix f1), et dans ces deux éditions on retrouve sous la rubrique : lsle Notre- Dame ou Saint-Louis, une nouvelle relation du combat déjà raconté tant de fois. Les réflexions de Saint-Foix à ce sujet peuvent passer pour curieuses : « Quelques auteurs , dit-il , ont cru « que c’étoit sous le règne de Charles VI (2)que « vivoit un chien dont la mémoire mérite d’être « conservée à la postérité. D’Audiguier prétend « que c’étoit un lévrier ; j’en doute, attendu que <c le nez dans les chiens est le mobile du senti- « ment; or, les lévriers n’ont pas de nez; et, « par conséquent, s’ils caressent un maître , « s’ils se trouvent à son lever, à son coucher, « ce n’est que par l’habitude, comme des cour- « tisans, sans s’y attacher et sans l’aimer. Je les « crois absolument incapables de ces traits de « bonté de cœur dont je vais faire le récit. »
Ce récit terminé , Saint-Foix ajoute :
« On ne sera point étonné que ce chien ait
1. Celle de 1778 comprend les œuvres complètes. Voyez le t. III de cette édition et le t. I de la précédente.
2. Comme on l’a vu plus haut, ce n’est point au règne de Charles VI, mais à celui de Charles V, que l’on ratiache l’histoire.
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« testé plusieurs jours sur la fosse de son maître « ni qu’il ait marqué de la fureur à la vue de v son assassin; mais la plupart des lecteurs ne « voudront pas croire qu’on ait ordonné le duel « entre un homme et un chien. Il me semble « cependant que , pour peu qu’on ait parcouru « l’histoire et vécu dans le monde , on doit être u tout au moins aussi persuadé des travers de « l’esprit humain que du bon cœur des chiens.»
Voilà, si je ne me trompe , le burlesque vraiment agréable : celui qui s’ignore ! J’en extrais un autre échantillon non moins précieux des Mémoires de l’Académie celtique. Un savant dont le nom n’est pas oublié, Eloi Johanneau, proposait à résoudre, en 1 807, aux membres et associés correspondants de cette académie , la question ciaprès :
« V a-t-il à Montargis quelques vestiges du « culte du chien , quelques traditions , quelques « fables, quelques monuments, quelques usages, « quelques mots qui y aient rapport, et qui puis- « sent donner lieu de croire que cette ville, dont « le nom semble venir du français mont, du cel- « tique ar (du) et ki (chien), était chez les Cel- « tes ce qu’était la ville de Cynopolis ou du chien « chez les Egyptiens, ce qu’est encore chez « les Gallois la colline du chien , nommée Moel « Gylan (') ? »