INTRODUCTION
ORIGINE DE MACHAULT. — SA XOMIXATION AU CONTROLE GÉNÉRAL DES FINANCES. — SON ADMINISTRATION DE 174o A 1749
La famille de Machault était une des plus importantes que comptât la noblesse de robe. Depuis le xyi*^ siècle, où le système de la vénalité des charges avait favorisé la constitution des grandes familles parlementaires, elle occupait un rang érainent dans les différentes cours souveraines du royaume, auxquelles ses branches multiples avaient fourni un nombre considérable d'officiers '. Simon 11 Machault, conseiller d'État, auditeur en la Chambre des comptes, mort en loj.'i, qui avait eu de son mariage avec Louise Bureau, nièce et héritière de Jean Bureau, le héros du règne de Charles VU, cinq fils et trois filles, était l'ancêtre commun de ces différentes branches. De son cinquième fils, Baptiste de Machault, conseiller au parlement de Paris, descendit celle d'Arnouville, qui nous intéresse plus spécialement -.
Le fondateur en fut le fils cadet de celui-ci, Louis de Machault, seigneur de Boutigny, mort en 1638. Avec le fils aine de Louis, Charles de Machault, seigneur d'Arnouville. né en lo87, mort en 1607, les Machault commencèrent à jouer un rùle important. Richelieu n'eut peut-être pas d'auxiliaires plus zélés que Charles de Machault dans sa lutte contre l'indépendance féodale et contre les résistances provinciales. Envoyé en qualité d'intendant dans la province où ce grand ministre rencontra le plus d'obstacles, en Languedoc, Charles de Machault montra beaucoup
1. El aussi des ecclésiastiques, des jésuites, des chevaliers de Malte, des financiers, des gens de guerre : un Machaull se distingua à la défense de Saint-Jean-de-Losnc eu 1636.
2. Généalof,'ie de la famille de Machault, dans les Archives de Thoiry : La Ghesaaye-Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse, t. XII.
d'énerjjfie lors de la révolte de Montmorency : plusieurs châteaux de nobles rebelles furent rasés par ses ordres dans le Vivarais '. Il ne se contenta point de s'en prendre aux choses, il frappa aussi parfois les personnes, et un pamphlet du temps associe son nom à celui de Laffémas ^ Vers la fin du ministère de Richelieu, puis de nouveau en 1644, il fut intendant en Bourgogne et eut à y soutenir des luttes violentes contre le Parlement de Dijon. L'hostilité que lui témoigna cette compagnie fut telle que Machault se trouva entraîné du côté de ses adversaires, même lorsque ses adversaires devinrent aussi ceux de la cour, et dans la dernière partie de la Fronde il parait avoir pris parti |(Our le prince de Condé^; défection toute momentanée, qu'effaça sans doute l'éclat des services précédemment rendus, et dont il ne semble pas que Louis XIV ait gardé mauvais souvenir, car Charles de Machault était doyen de son conseil d'État quand il mourut en 1667. Un neveu de Charles, Louis-Charles de Machault (1623-169.3), s'est dévoué aussi tout entier à l'œuvre de concentration du pouvoir et d'unification de la France que Richelieu avait commencée, que Colbert continuait, et que plus tard le contrôleur général Machault aurait tant voulu achever. 11 fut l'un des agents les plus énergiques de Colbert. Conseiller au grand conseil en i6t't, maitre des requêtes en 1649, il fut successivement intendant à Montauban en 16oo, à Chàlons en 1663, à Amiens en 1665, où il instruisit le procès et prononça la condamnation à mort de Fargues, ce frondeur auquel Louis \l\ n'avait jamais pardonné, à Orléans en 1667, à Soissons en 168'.), enfin dans la Flandre et le Hainaut *. Il fil partie en 1665 des conférences tenues au Louvre pour la réforme de la justice, d'où allaient sortir les fameuses ordonnances de Colbert. Dans toutes ces fonctions, il déploya le plus grand zèle pour l'autorité royale et réprima d'une manière inllexible toutes les résistances. A propos de difficultés que les États d'Artois avaient faites pour le vote d'un don gratuit, voici en quels termes il écrivait à Colbert, le 5 août 1665 - : « Après plusieurs autres choses pour les réduire, je leur fis entendre que cette voye estoit bien
1. Gachon, Les États dn Languedoc et l'e'dil de Béziers, p. 101 et 252.
2. Cilè par d'Avenel, Richelieu et la Monarchie absolue, t. I, p. "6.
Mais quels iniques altentats
Ont faits Macliaud et Laffémas,
Les bourreaux de qui les souhaits
Sont de peupler tous les glbaits....
En décapitant ils se jouent.
lis sont encor plus gais s'ils rouent....
3. Inventaire des Archives départementales de la Côte-d'Or. introduction, p. via.