‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 128 sur 268 · Viarme à .Macliault, 30 octobre, i/jid · texte numérisé non relu

Viarme à .Macliault, 30 octobre, i/jid

elle reprit donc son procédé d'obstruction accoutumé, ne donner aucun avis; et c'est ainsi que se passa la journée du 19 octobre, et aussi la nuit, car il y eut, encore cette fois, pernoctation. « En vérité, monseigneur, disait La Boissière au contrôleur général ', ceci est insoutenable à tous égards; mais ce qui n'a point d'exemple que l'extravagant veto de Pologne, c'est le droit que s'est arrogé l'ordre de la noblesse de ne point délibérer; en sorte que son silence a plus d'effet que n'en aurait la contradiction. »

Pour sortir de cette situation, les commissaires du roi jugèrent le moment venu de recourir de nouveau à la tactique qui avait si bien réussi en 1750 : signifier brusquement aux États les articles de leurs instructions pour le vote des divers fonds accoutumés. Le 20 au malin, les trois ordres, toujours dans leurs chambres, furent convoqués sur le théâtre pour entendre lecture des articles des instructions relatifs aux fouages et aux 2 sols pour livre du dixième. Mais on put alors apprécier tout le progrès qu'avait fait en deux ans l'esprit d'opposition et de désobéissance. En 1750, les plus hardis n'avaient pas eu un seul instant la pensée de résister à une demande directement faite de la part du roi; en 1732 pareille extrémité n'avait plus rien d'impossible aux yeux des chefs de la noblesse. A peine les commissaires du roi eurent-ils terminé cette lecture et furent-ils sortis de la salle des séances, que le président du tiers s'écria que son ordre y consentait; mais sa voix fut couverte par les clameurs de la noblesse, qui soutenait qu'il y avait une affaire entamée, celle du vingtième, et qu'elle devait être terminée avant que Ton s'occupât d'autre chose. En vain l'évêque de Rennes leur représenta qu'il était sans exemple que l'on eût laissé sans réponse des demandes faites au nom du roi; il n'obtint pas même que la noblesse honorât les communications des commissaires du roi d'un tardé à délibérer ~; et le refus persistant de la noblesse permit au clergé, se retranchant derrière la règle qui lui imposait de ne voter que le troisième, de ne rien voter non plus. Tout ce que put faire l'évêque de Rennes, qui redoutait une nouvelle pernoctation, ce fut de faire décider que si la délibération n'était pas terminée à quatre heures, les États se sépareraient, chambres tenantes, c'est-â-dire que la séance, suspendue en fait, serait réputée légalement continuer et être reprise le lendemain. Celte forme inusitée, qui permettait au moins à tout le monde d'aller se coucher, plut unanimement, et si bien même qu'elle fut employée plusieurs jours de suite; du 20 au 2o octobre, tout resta dans le même état, la noblesse persistant obstinément, à chaque tentative qui était faite pour

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