La Boissière à .Maclianll, 20 octobre, ibid
■2. (jui los eût oblijjés, ij'après le règlement de 1687, à en délibérer dans le délai (le 2i heure?.
la faire sortir de soq inaction, à répondre que l'affaire du vingtième était engagée, que cette affaire n'était pas encore suffisamment éclaircie ; et le clergé persistant de son côté à ne pas voter tant que la noblesse n'aurait pas voté elle-même.
Jamais encore la hardiesse n'avait été poussée à un point aussi inquiétant. La rupture des États commença à apparaître comme une éventualité regrettable, mais nécessaire. Elle semblait d'autant plus probable que la noblesse ne la redoutait nullement. « Ils disent publiquement que la volonté du roi n'est point de séparer les États, quoi qu'il arrive; que dans les circonstances présentes du royaume on y regarderait à plus d'une fois; que les commissaires du roi n'en ont pas le pouvoir et ne l'oseront pas; qu'au pis aller, la province n'en serait pas plus malheureuse *. » Le clergé assistait avec une satisfaction indicible à ces troubles qui le vengeaient. L'intendant ne voyait de salut que dans une rupture des États, et dans quelque bon règlement qui, en les rétablissant, les mît dorénavant dans l'impossibilité de nuire. Le duc de Chaulnes, désespéré du peu de succès de sa dernière démarche, n'avait pas perdu un moment pour signaler à Saint-Florentin et à JVIachault les plus compromis de la noblesse, remettre en avant un projet déjà esquissé d'une modification profonde dans l'organisation des États, et demander des ordres positifs et absolus qui contraignissent l'assemblée à aller de l'avant.
Ces ordres royaux, datés du 24 octobre, et apportés par un courrier spécial qui marcha avec une vitesse extraordinaire, arrivèrent à Rennes le 23 au soir. Pour laisser aux commissaires du roi, meilleurs juges de la situation, plus de latitude, Machault et Saint-Florentin avaient envoyé deux ordres différents, entre lesquels ils pouvaient choisir. L'un enjoignait de délibérer sur les demandes du roi, dès qu'elles étaient signifiées, sous peine de désobéissance; l'autre modifiait gravement le règlement de l'assemblée, en décidant que deux ordres pourraient constituer majorité contre le troisième qui ne donnerait pas d'avis, sans aucun égard à l'ordre dans lequel ils pouvaient être habituellement pour renonciation de leurs suffrages. A ces deux pièces était ajoutée une lettre de cachet pour séparer l'assemblée dans le cas où elle continuerait à résister.
A la conférence du 25 octobre, il fut unanimement résolu de faire usage du premier ordre de préférence au second, bien que ce dernier s'attaquât plus directement à la racine même du mal. Mais ce fut celte gravité même qui le fit écarter. On craignit, tant les dispositions étaient mauvaises, que la fureur de la noblesse n'allât jusqu'à quelque éclat violent, comme de quitter en masse les États, séparation volontaire plus