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La Hoissière à Machault, 12 novembre

leur interdisaient de rien recevoir, de rien entendre, qui eût quelque rapport avec cette imposition. Les deux politiques opposées se trouvaient ainsi nettement en présence. Chaulnes persista dans la sienne, prit sur lui de ne pas faire usage, du moins provisoirement, des ordres du 13 novembre, et récrivit lettres sur lettres à la cour, tant pour expliquer les motifs de sa conduite que pour insister de nouveau sur la nécessité des concessions : et il inspira aux États, quoique non sans peine, d'adresser au roi la demande directe d'une commission mixte.

Si les États n'avaient accepté qu'avec hésitation le moyen de conciliation otTert par le duc de Chaulnes, d'autres s'y prêtaient plus malaisément encore : l'intendant notamment, bien au courant du caractère indomptable de ses administrés, et qui savait combien d'embarras de toutes sortes lui susciteraient les étranges collaborateurs qu'on se préparait à lui imposer. « A l'égard du vinglième, écrivait-il au contrôleur général, quelque petite part qu'on donne à la province dans cette administration, et ne me donnât-on qu'un commissaire de chaque ordre, vous pouvez compter que ce sera comme si l'on me donnait pour adjoints les 90 commissaires qui existent en Bretagne,... parce que les trois qu'on m'associera ne voudront donner leur avis sur aucune affaire que les autres ne soient consultés.... Je préférerais l'abonnement sur le pied d'un million à une régie de cette nature : tous les gens de bonne foi en seront la victime pour le présent et pour l'avenir, parce que l'on ne pourra jamais sévir contre les gens de mauvaise foi qui sont en grand nombre et qui font le plus de bruit ici '. » Et il blâmait énergiquement le duc de Chaulnes de s'être prêté, dans l'espoir d'obtenir un peu de tranquillité, à une concession aussi incompatible avec le bien du service. Machault partageait celte manière de voir, et il ne put s'empêcher, quels que fussent les liens d'affection qui l'unissaient au duc de Chaulnes, de lui faire quelques observations sur sa conduite, si différente des instructions royales du 13 novembre. Mais il comprenait en môme temps qu'après s'être avancé de la sorte, il n'était plus au pouvoir de personne de reculer, et qu'un refus ne pouvait manquer d'entrainer les conséquences les plus graves. Il se résigna donc, et s'engagea à accorder à la Bretagne ce qu'il était sur le point d'accorder au Languedoc, quoique avec regret, et sans dissimuler son mécontentement : « Sa Majesté, écrivait-il le 21 novembre au duc de Chaulnes, n'a pu voir sans étonnement qu'après la conduite que les Ktats de Bretagne tiennent depuis près de deux mois, pendant lesquels ils n'ont été occupés que d'arrêter par des contradictions de toutes espèces et sous toutes sortes de prétextes, l'exécution de presque tous les articles de vos instructions, ils aient pu se croire dans le cas de ceux de la province du Languedoc,

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