Recueil de pièces, t. IX
de la lutte, les agents généraux s'empressèrent en effet de rédiger ', pour le mettre sous les yeux du roi et le répandre dans le public, un mémoire contenant l'estimation des revenus ecclésiastiques, le chiffre des décimes annuellement payées et le total des sommes déboursées par le clergé depuis le commencement du siècle : ils s'efforçaient d'y établir que le clergé payait beaucoup et que le roi ne gagnerait rien à violer ses immunités. Ce mémoire mérite d'autant plus d'attirer l'attention qu'il a été en quelque sorte le premier et le dernier mot de l'Église au xviiF siècle sur l'étendue de ses richesses : le chiffre qu'il indique pour les revenus ecclésiastiques (61 600 000) est déjà celui que le clergé avait donné en 1723, et à peu près ceux qu'il donna en 1755 et en 1760, lorsque, ayant jugé impossible de retarder davantage un nouveau département des décimes, et ayant ordonné aux bureaux diocésains de faire l'évaluation des revenus de chaque diocèse, il indiqua pour total de ces évaluations d'abord 57, ensuite 62 millions ^. Quelques polémistes du parti de Machault n'ont pas cru que le chiffre de 61 600 000 livres s'écartât beaucoup de la vérité 3 : et de nos jours c'est à peu près à la môme opinion que s'est rangé M. Léouzon le Duc ^, estimant les revenus du clergé à 60 millions, dimes non comprises, il est vrai. Le mémoire des agents généraux ne mérite donc pas d'être dédaigneusement écarté a priori.Yom par quels procédés ils arrivaient à ce total de 61600000 livres :