‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 187 sur 268 · D'Argenson, 25 mai l'oO · texte numérisé non relu

D'Argenson, 25 mai l'oO

3. Ib'ul., 19 et 20 septembre 17o0. L'afTaire de Lyon, dont d'Argenson parle en plusieurs passages, n'eut certainement pas l'importance qu'il lui attribue, car il n'en est question nulle part ailleurs. Il s'agit évidemment de quelque conllit entre le corps de ville et l'intendant, dans lequel le contrôleur général avait donné raison à l'intendant.

4. A en croire d'Argenson, on en était arrivé à souhaiter que le gouvernement usât de violence envers le clergé, parce que cela ne ferait qu'exciter davantage les peuples à la révolte. » On m'a conté, dit d'Argenson le 21 novembre liai, (jue dernièrement un moine s'asseyant sur un banc au Luxembourg, avait entendu des discoureurs qui disaient : « Oui, il est à propos « que le ministre pousse le clergé. » Sur cela le religieux avait défendu doucement les droits de son ordre. .Mais les discoureurs, après l'avoir laissé parler, lui dirent : « Mon père, nous savons ces raisons, nous n'en parlions pas dans « ce sens-là, mais en ce sens que les violences du gouvernement contre le .« clergé fidteraient la Révolution. »

garde contre rautorité royale une dernière proposition qui sera la plus forte.... Quand le clergé sera poussé à bout, quand le ministre de la finance, poussé par l'abbé de Broglie, aura saisi le temporel des principales églises, alors le clergé peut s'ameuter pour disputer au roi l'autorité arbitraire dans l'exaction des impôts et demander l'assemblée des États généraux de la nation.... Le clergé dira donc : « Vous agitez la question « de droit rigoureux si je suis tout à fait dépendant ou tout à fait indé- " pendant dans mes tributs. .l'ai prouvé mon indépendance par ma longue « possession, par mes titres, par les titres que vous m'avez donnés vous- « même,... j'ai conservé le droit de m'assembler et de ne rien faire en « finance que par les délibérations et l'autorité de mes assemblées, et j'ai « conservé cette prérogative tandis que les deux autres ordres de l'État « l'ont perdue.... Eh bien, moi, clergé, je soutiens que vous, roi, n'avez « pas le droit d'exiger arbitrairement les tributs et d'en disposer comme « vous faites sans l'intervention de la nation ; j'avance ceci, je le soutiens « pour moi et pour les autres corps et ordres de la nation. Je démontre « votre usurpation et je requiers l'assemblée des États généraux. » Les sentiments et les opinion? populaires seraient pour eux.... Je crains... qu'il ne s'élève des hommes qui soutiennent la cause nationale sous couleur de la cléricale, puis ces hommes deviendront grands et chers au peuple sans beaucoup de mérite ni de génie à eux. Et qu'on ne dise pas qu'il n'y a plus d'hommes : la statue est dans le bloc de marbre; les plus petits compagnons y deviendront bons. Voyez combien il y a aujourd'hui d'écrivains instruits et philosophes; le vent souffle d'Angleterre depuis quelques années sur ces matières-là, et ces matières sont combustibles. Voyez de quel style les remontrances des Parlements et et des États ont paru sur le vingtième; ces procureurs généraux du Parlement, ces syndics d'États, tout cela deviendrait ces grands hommes que je dis, toute la nation prendrait feu, la noblesse se joindrait au clergé, puis le tiers état; et s'il en résultait nécessité d'assembler les États généraux du royaume, il y aurait matière à régler les finances et les demandes d'argent par la suite; ces Élats-là ne s'assembleraient pas en vain '. » La page est véritablement prophétique. Ce rapprochement des privilégiés entre eux, et des privilégiés avec la nation; cet appel fait par eux aux lois fondamentales pour échapper aux mesures dont le trésor public les menace ; cette passion de libéralisme s'eraparant tout à coup du clergé et de la noblesse, et communiquée par eux au peuple, à grand renfort de libelles et de brochures; d'autre part le ministère dénonçant à l'indignation du tiers l'égoïsme des classes privilégiées; le peuple écoutant à la fois les privilégiés contre le gouvernement et le gouvernement contre les privi-

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