‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 194 sur 268 · Vie privée de Louis AT, t. II, p · texte numérisé non relu

Vie privée de Louis AT, t. II, p

308 MACIIAULT D'âRNOUVILLE.

roi; le maréchal de Richelieu, qui avait d'abord semblé vouloir le prendre de haut avec Mme de Pompadour, mais qui s'était bientôt ravisé; l'abbé de Broglie, souple et insinuant personnage, habile à louvoyer entre les partis, auquel d'Argenson attribue, peut-être à tort, une grande part dans la politique anticléricale du gouvernement et un dévouement à la marquise qui n'était pas, comme on sait, dans les habitudes de sa famille '; les frères Paris, peu bienveillants sans doute pour Machault, et à qui Machault rendait bien la pareille, mais restés dans la clientèle de Mme de Pompadour, malgré les efforts significatifs du comte d'Argenson pour se les attacher -. Le Dauphin lui-même, quoique franchement ennemi de ^Ime de Pompadour et ne dissimulant pas le dégoût qu'elle lui inspirait, fut tenté parfois de préférer aux passions qui animaient la famille royale les intérêts d'une couronne dont il était l'héritier. D'Argenson va beaucoup trop loin en le représentant quelque part comme prévenu contre le clergé au point de ne plus vouloir entendre parler des raisons contraires ^. Mais il est certain qu'il a écrit sur les exemptions d'impôt des passages que !Machault aurait pu signer, qu'il a rendu plus tard pleine justice à ce ministre, ne lui a pas su mauvais gré de son alliance avec la favorite, et qu'en mourant il le recommanda à son fils.

A toute cette coalition s'opposait le parti de la famille royale, dont la haine contre Mme de Pompadour s'exprimait par un éloignement calculé, des froideurs affectées, voire même par des épilhètes grossières qu'on ne s'attendait guère à rencontrer dans la bouche de princesses royales^. La reine avait d'abord fait bon accueil à Machault, ami, comme elle, de la famille de Maurepas; mais elle lui témoignait une grande froideur et même de l'aversion depuis qu'il passait pour avoir juré la perte de la religion, accusation dont la piété un peu "étroite de ]\Iarie Leczinska ne lui permettait pas d'apercevoir le néant. Le petit cercle au milieu duquel la reine vivait, un peu isolée et oubliée, partageait naturellement la môme manière de voir : le duc et la duchesse de Luynes, le président Hénault, qui ne pardonnait pas à Machault de travailler au nivellement social et à la confusion des ordres. Le Dauphin était con-

1. .M. le duc de Broglie a tracé dans le Si'cref du roi (I, 2") un pittoresque portrait de ce personnage, qui aurait été. d'après lui, attaché au contraire au parti du clergé et de la famille royale.

2. D'Argenson, 29 janvier, l^r février 17ol. — Les querelles très vives de Pàris- Duverney avec M. de Vandières, frère de Mme de Pompadour, directeur général des bâtiments, au sujet de l'École militaire, indiquent cependant un grand refroidissement des Paris i>our la marquise et pour les siens. (D'Argenson, 28 juin 1751.) — D'après d'Argenson (l'J mars 1752), les Paris auraient travaillé à la disgrâce de Machault.

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