Ibid., 20 septembre
sidéré par le public et suspecté par son père comme le chef de ce parti; il était lié d'amilié avec les prélats qui défendaient le plus obstinément les immunités ecclésiastiques, l'archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, l'archevêque de Sens, Tévêque d'Amiens, d'Orléans de la Motte; l'abbé de Nicolaï, futur évêque de Verdun, était son correspon-dant habituel. Ni la reine, ni le dauphin, n'avaient, il est vrai, aucune influence. Mais il n'en était pas de même de la dauphine, à qui le roi témoignait une affection véritable, et chez laquelle il aurait été disposé à passer des journées entières; ni surtout des filles du roi, qui certainement occupaient dans le cœur de celui-ci la première place'. Celle qui était préférée entre toutes, Mme Adélaïde, était une nature ardente et passionnée, sans mesure dans la haine qu'elle portait à Mme de Pompadour, ainsi qu'à tous ceux que celle-ci couvrait de sa protection, philosophes, gens de lettres, novateurs. Elle avait une véritable soif de domination et de pouvoir, et exerça réellement une inlluence occulte, mais puissante, sur bien des événements, grâce à l'empire qu'elle possédait déjà sur son père, bien qu'elle n'eût en 1730 que dix-huit ans-. Comme Mme de Pompadour avait eu soin de se faire donner après le départ de Mme Infante (ocl. 1749) l'appartement que celle-ci occupait juste au-dessous des aiipartements du roi ^, avec facilité pour lui d'y descendre à toute heure par un petit escalier dérobé, Mme Adélaïde prit quelque temps plus tard sa revanche en se faisant donner à son tour l'appartement de M. et de Mme de Penthièvre, dont la situation était analogue. Chaque jour son père descendait la voir, et elle n'épargnait rien pour lui faire oublier le chemin du logement de l'odieuse favorite. « Plus d'une fois le grand crédit de la cour et du gouvernement parut tourner de ce côté-là '*. » Dans le ministère ce parti s'appuyait sur le cardiual de Tenciii, sur Boyer, l'ancien évêque do Mirepoix, détenteur de la feuille des bénéfices, et surtout sur le comte d'Argenson, secrétaire d'État de la guerre. Auteur, du moins en partie, de l'élévation de Machault au ministère, d'Argenson n'avait pas tardé à se brouiller avec son protégé. Leur lutte était arrivée, vers 17o0, au plus haut degré de