‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 213 sur 268 · Soulavie, Méni. de lliriicli'ju, VIll · texte numérisé non relu

Soulavie, Méni. de lliriicli'ju, VIll

Pierre-Eûcise, et l'abbé Chauvelin, de la 3* des enquêtes, au Mont Saint- Michel (détention bientôt commuée pour celle de Caen, puis de Vincennes). La Grand'Cliambre avait été ("pargnée; on espérait que sa docilité toujours plus grande, son âge plus mûr et son avarice proverbiale, qui s'accommodait mal des cessations de service, la feraient reculer devant des démarches vives, et qu'on pourrait par ce moyen faire naître entre elle et le reste du Parlement des dissentiments ardemment souhaités par tous les ministres. Mais c'i'tait mal connaître l'élat des esprits. A peine réunie, le 9 mai au matin, la GrandChambre s'empressa de faire contre les événements de la nuit une protestation énergique, arrêta que persistant dans ses délibérations précédentes elle continuerait de vaquer au jugement des procès commencés, et en effet affecta dans cette séance même de décréter deux curés de prise de corps. Le surlendemain une lettre de cachet la transff-rait à Pontoise. La conséquence de ces événements fut pour le Parlement une recrudescence inouïe de popularité; pour le gouvernement, obligé de prendre de grandes précautions militaires dans Paris et d'établir garnison à l'archevêché, plus d'embarras en l'absence du Parlement que lorsqu'il était là; pour le comte d'Argenson, qui avait assuré que la Grand'Chambre serait sage, un fâcheux démenti, et la crainte fondée de s'être fait du tort dans l'esprit de Louis XV en l'engageant ainsi dans une mauvaise affaire; pour Machault enfin, plus de difficulté que jamais à plaider auprès du roi une cause aussi odieuse que celle du Parlement. Il ne se faisait làdessus aucune illusion et déplorait sincèrement la tournure que les événements avaient prise. « M. le garde des sceaux, lit-on dans une lettre écrite par Joly de Fleury le fils à son frère le procureur général ', m"a parlé plus clair que tous les autres; il est véritablement contrist(^ et m'a parlé avec une bonté, une ouverture de cœur et un chagrin très sincère du malheur où le Parlement se précipite. Il m'a répété par deux fois : Ce n'est point ici parole de ministre, mais de votre serviteur et de votre ami; si le Parlement ne fait pas des soumissions, le roi est déterminé à pousser les choses à l'extrémité; dites-le donc à ces Messieurs, et faitesleur entendre raison si vous pouvez; il est certain que rien ne peut excuser dans ce royaume une désobéissance formelle et réitérée; et personne dans ce cas ne peut prendre leur parti, surtout le roi se croyant personnellement attaqué. »

Son plus grand désir (Hait donc que le Parlement vint à résipiscence. Le roi ne le souhaitait pas moins; il était ('pouvante tout le premier des rigueurs auxquelles il avait é'té' entrain(', pré-voyait que le Parlement exilé ne serait que plus redoutable, et appelait de tous ses vœux un arrangement quelconque qui rétablit la paix. De leur côté les Grand?

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