D'Arf,'cnson, 22 juin
sonne, peut-être, à la cour, approuvait ces conseils de modération et de sagesse : le contrôleur général lui-même, qui voyait avec regret s'évanouir tous ses beaux rêves de libération de l'État; et le premier Président, qui s'imaginait probablement par ses remontrances atteindre le ministre de la tlnance, se rencontrait sans le savoir avec lui. « On fait à M. de Machault, dit d'Argenson *, l'honneur de dire que c'est lui qui le suggère au Parlement, et qui au moins est bien aise que cela soit dit pour faire rentrer le roi en lui-même. »
Malheureusement, ce qui n'était pas écouté dans la bouche du ministre de prédilection ne le fut pas davantage, venant du Parlement que le roi haïssait, et l'on continua à dépenser au delà des revenus. Le seul effet de ces remontrances fut d'inspirer au roi une aversion profonde pour les emprunts officiels et avoués, qui pouvaient l'exposer à dételles avanies; et sa grande préoccupation fut désormais de trouver des moyens d'emprunter <( si subtils - » que le public ne put s'en apercevoir, ni le Parlement en faire un thème à représentations. Le premier fut de dépasser le l'hiffre avoué de cet emprunt si pt'uiblement enregistré. Comme il fut facilement couvert, car les capitaux sans emploi étaient très nombreux à Paris, et que les souscriptions dépassèrent rapidement les sommes demandées, au lieu de 2 millions de rentes viagères il en fut crc'é 2 198 337 livres représentant en capital 22 millions ^ Il s'en fallut bien que cette ressource momentanée tirât le Trésor de ses embarras. Quelques mois après la nécessité de moyens extraordinaires s'imposait encore, et receveurs généraux, fermiers généraux, étaient sollicités pour de nouvelles avances. Les receveurs généraux en firent une île 10 millions et demi *. Ce ne fut qu'une goutte d'eau dans la mer : il fallut trouver plus et mieux. Après de longues recherches, l'expédient auquel on s'arrêta fut celui-ci. Un arrêt du conseil du 17 octobre 1752 autorisa, jusqu'à concurrence de 22 millions et demi, les propriétaires de renies sur les aides et gabelles qui voudraient en être remboursés à remettre au trésor royal leurs contrats, avec une somme en numc'raire égale à la valeur de ces contrats, pour être remboursés du tout dans l'espace de neuf ans en 9 paiements égaux par la caisse