Flammermont, Hemonlrances du Parlement de Paris, I, 4lo
un fonds suffisant pour acquitter la totalitt'^ des dettes exigibles que vous vouliez éteindre.... Vos peuples ne seraient-ils pas autorisés à croire que le produit de cet impôt rigoureux a élr'' employé à d'autres usages qu'à celui qui par sa destination les aidait au moins à en supporter le poids?... Qu'il nous soit permis de supplier Votre Majesté de faire examiner dans son conseil s'il n'y a pas quelques dépenses dont le retranchement, joint au produit du vingtième, put la mettre en état d'éteindre les dettes que la nécessité du temps a fait contracter, sans avoir recours cà de nouveaux emprunts capables de répandre le discrédit sur ses finances et d'épuiser dans un temps de paix les ressources qu'il est de l'intérêt de sa gloire et de la sûreté de son État de réserver pour les temps difficiles. « Nouvel ordre du roi, sec et impérieux, d'enregistrer son édit dès le lendemain; mais le Parlement revint une troisième fois à la charge et envoya le 28 mai une nouvelle députation supplier le roi « de ne pas donner lieu par un emprunt si inopiné aux justes ahirmes de ses sujets sur l'emploi du vingtième et sur la durée de cet impôt. » — « J'ai eu assez de patience, n-pondit le roi, je veux être obéi dans le jour, et vous, M. le premier Président, je vous charge de minformer dès ce soir de la délibération de mon Parlement. » Le Parlement se réunit en effet le soir même, mais ce ne fut que pour renvoyer une quatrième fois et sur l'heure le premier Président vers le roi « pour obtenir de la bonté de. son cœur de retirer son édit ou du moins de fixer le temps de la suppression du vingtième ». L'enregistrement eut lieu enfin le 29 mai, du très exprès commandement du roi, et à une faible majorité de 12 voix. Mais le roi n'en avait pas encore fini avec les ennuyeuses représentations de son Parlement : il lui fallut encore en subir de nouvelles lorsque le 18 juin le premier Président, venant lui rendre compte de l'enregistrement de l'édit, lui parla de cette « obéissance primitive » à laquelle le Parlement s'est astreint par la foi du serment, et des occasions où la conscience peut exiger de lui de faire céder l'obéissance actuelle à cette obéissance primitive '. Cette ténacité inaccoutumée avait causé à la cour une vive irritntion. Le roi s'indignait de cette prétention à se mêler d'affaires qui étaient les siennes, qui ne devaient pas int('resser son peuple, et ne comprenait rien à cette résistance « puisqu'il n'exigeait rien de ses sujets et que ce qu'il leur demandait (Mait volontaire - ». Les courtisans, que toute parole d'é'conomie irritait, faisaient honte au roi de tolérer un pareil langage : « Sire, disait l'un d'eux à Louis W alors occupé à jouer au quadrille aux gros l'cus, bientôt le Parlement prescrira à Votre Majesté de ne plus jouer qu'aux petits écus ^ ». Une seule per-