‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 24 sur 268 · Arsenal, ms. fr · texte numérisé non relu

Arsenal, ms. fr

5. C'est le chilTre qu'indique le duc de Luynes, 11 juin 1749, ix. 431, en évaluant les revenus du Roi à 230 millions, y compris le dixième. C'est aussi le total auquel on arrive en joignant aux 64 399 000 1. de recette nette indiquées pour l'année l'.iO par les soumissions des receveurs généraux, les 22 millions des pays d'États (sans le dixième), puis les fermes générales et particulières, ot produits divers.

sont indiquées pour la dépense de l'extraordinaire des guerres, qui en absorba, toujours d'après le duc de Luynes, 45 à oO *, même après la réforme de troupes considérable qui suivit la paix d'Aix-la-Chapelle. On peut donc estimer à 220 millions au moins les dépenses ordinaires pour l'année 1749, et par conséquent à i6 ou 17 millions le déficit régulier qui devait se produire après la suppression des impôts de guerre si aucune ressource nouvelle n'était créée.

C'est bien ce que le futur secrétaire d'État de la marine Rouillé disait au commencement de 1719 au marquis d'Argenson : « M. Rouillé m'a dit, écrit d'Argenson le 21 janvier 17 i9 -, que les gens à argent ont calculé l'état de nos finances, les recettes et les dépenses depuis la paix faite : que, ne se devant plus faire d'alTaires extraordinaires, mais au contraire en retrancher, le dixième sera certainement supprimé au i""" janvier 1730 : et que par ces calculs les financiers trouvaient que l'État ne pouvait fournir les charges, ce qui décréditait tout, car avec les augmentations de pensions, les 4 millions de plus accordés à l'extraordinaire des guerres pour conserver les régiments étrangers, on accorde 8 ou 10 millions de plus pour rétablir au plus vite notre marine ^. »

Mais ce déficit n'était encore que l'embarras le moins grave : il fallait compter en effet avec un arriéré considérable, que la rumeur publique évaluait à 180 millions * : des sommes énormes étaient dues pour fournitures aux troupes; le paiement des rentes sur l'Hôtel-de-Ville était en retard ^; en succédant à Maurepas, Rouillé trouvait à la marine une dette honteuse de 8 à 9 millions, depuis quatre ou cinq ans, à de malheureux matelots qui mouraient de faim, et de 12 millions à des entrepreneurs ®. Il était urgent de remédier à cette situation désastreuse, sans quoi le bénéfice de la paix ne serait qu'illusoire, le Trésor toujours aux prises avec les mêmes embarras, et incapable de faire face aux dépenses, malheureusement à prévoir, d'une nouvelle guerre. Rembourser cet arriéré, diminuer une dette publique accablante, et élever la recette au niveau de la dépense (car il n'était guère possible d'espérer une diminution notable de celle-ci) était le seul moyen de rétablir le crédit de l'État, d'être à la hauteur des événements

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