Courleilie à Chauvelin, S juillet 17ul
nistralion laissa plus dune fois fléchir la rigueur de ses instructions, surtout lorsque l'intendant Chauvelin eut fait place en 1752 à un autre intendant, d'Aligre, beaucoup plus soucieux de s'éviter des difficultés que de défendre les intérêts du fisc. On vil des décharges accordées dans les bureaux de l'intendance, sans ordre et sans motif, à des particuliers qui avaient été déjà déchargés, ou même qui n'avaient point présenté de requêtes ' : on vil linlendant ne tenir aucun compte des opérations des contrôleurs, et décréter des diminutions, là où leurs recherches avaient procuré et auraient dû procurer encore des augmentations -. Le clergé, dont on pouvait légitimement attendre une augmentation notable d'imposition, eut l'art au contraire de faire diminuer sa part : de 109027 livres en 1730, elle tombe à 103 821 en 1751 ^. Les officier^ municipaux donnaient les premiers l'exemple de frauder le fisc, et au besoin de braver les contrôleurs ^; les États d'Artois n'étaient pas encore en règle, en 1754, pour les déclarations qu'ils devaient faire des revenus appartenant à la province ^•, les contribuables affectaient d'attendre jusqu'au dernier moment pour présenter leurs requêtes en décharge, faisant ainsi languir les recouvrements de la manière la plus fâcheuse ^, et sollicité de mettre un terme à celle pratique abusive, l'intendant d'Aligre s'y refusait nettement, parce que « rien n'est plus contraire au service du roi qu'un intendant devienne la haine du public, et assurément rien ne serait plus propre à la lui attirer qu'une pareille ordonnance ' «. Ainsi secondés, les efforts du gouvernement pour donner à l'imposition toute la solidité et toute l'extension désirables, ne pouvaient être qu'inutiles; et en effet les plus-values que le directeur et l'intendant s'accordaient, en 1750, à considérer comme certaines et comme considérables, suffirent à peine à compenser les 36 000 livres de déductions qu'il fallut accorder sur ces mêmes rôles de 1750 à cause
1. Observations des contrôleurs sur la régie du vinf,'lième en Artois, C. 536.
2. En 'i7o2, une ordunnance de l'inlendant d'AIif.'re réduisit à 3 467 1. le vinglième d'industrie de Saiut-Omer, qui était fixé à o 000 1. cl qui aurait dû, d'après le directeur du viuf?lième Laurent, s'élever au moins à 9 000. S;iint- Omer comptant alors 1 838 contribuables au vingtième d'industrie, c'était moins de 2 1. en moyenne pour chacun d'eux. Devant celte faiblesse véritablement coupable de l'inlendant. le directeur du vingtième ne pouvait pas retenir une protestation indignée. (Lettre de Laurent à l'inlendant, 31 juillet i'i'à2. Arch. Pas-de-Calais, C. 426.)