‹ Machault d'ArnouvilleChapitre 54 sur 268 · Laurent à Fulvy, 25 mars 1751, C · texte numérisé non relu

Laurent à Fulvy, 25 mars 1751, C

par lui oOO livres ; une autre dime dont jouissait l'abbaye du Saint- Sépulcre de Cambrai était déclarée aOO livres, et le directeur du vingtième avait entre les mains une quittance du receveur de l'abbaye pour la même dime s'élevant à 1 280 livres K El cependant, en dépit de ces dissimulations, c'était principalement la taxe des biens ecclésiastiques qui subissait, du seul fait des déclarations, une augmentation considérable : l'abbaye de Saint- Vaast d'Arras, célèbre par l'immensité de ses domaines, qui avait abonné en particulier son dixième pour la somme dérisoire de 1000 livres, dut payer 7000 livres de vingtième rien que pour celles de ses possessions qui étaient situées en Artois '. Les recouvrements eux-mêmes, qui présentaient dans les pays d'États encore plus de difficultés que la formation des rôles, donnèrent en Artois des résultats relativement favorables : sur le vingtième de 1750 (biens-fonds et industrie), 221 739 livres avaient été perçues au 30 septembre 1730 '' : c'était une proportion sensiblement supérieure à celle des autres pays d'États. Machault fut si satisfait des augmentations obtenues, et surtout de l'exemple donné, qu'il porta à 300 000 livres une décharge de 200 000 ordinairement accordée à l'Artois sur la capilation et d'autres droits ^ Il alla même jusqu'à une concession singulièrement plus grande, parce qu'elle portait sur le principe même de limpôt : il jjermit, sur les instances pressantes des Élats, que les syndics et principaux habitants des paroisses fussent admis à travailler de concert avec les contrôleurs à la fixation du tarif et à 1 évaluation du rendement moyen des biens régis, par comparaison avec le revenu des biens affermés; il leur permit aussi, après détermination pour chaque paroisse de la somme totale de vingtième à lever sur les biens régis, d'en faire la répartition entre les différents propriétaires^. On revenait ainsi partiellement à ces taxes de répartition, si chères aux assemblées, communautés, corporations et en général à tout ce qui était riche et influent, si justement suspectes au contrôleur général, qui voyait par là la porte rouverte à quantité dabus. Il ne s y décida qu'avec peine, et tint le plus possible celte grâce secrète << pour éviter les mêmes représentations que ne manqueraient pas de lui adresser les provinces voisines de l'Artois, qui voudraient toutes être traitées de la même façon ^ ».

Sa complaisance ne fut guère payée de retour : car le vingtième continua à rencontrer eu Artois une vive résistance, devant laquelle l'admi-

1. Cliauvelin à Macliaiilt, 20 août 1750: Laurent à Cliauvclin, 4 oclol)i'e. — C. 424.

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