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Encore appelés palleschiy partisans des Médicis

3. Partisans de Savonarole, encore appelés stropiccioni ou bigots, masticapateimostri, gens qui mâchent des Notre- Père.

4. Encore appelés ostinati ou gaudenti, partisans de la République, mais, avant tout, ad versaires^e Savonarole.

o. Cf. BuRLAMACCHi , Vîta di Girolamo Savonarola delV ordine dei predicatoriy con la giiinta del catalogo délie opère scritte dal Savonarola. Lucca, i76^, in-8. Voyez surtout Pasquale VillaRi, Jérôme Savonarole et son temps, d'après de nouveaux documents; traduit par (insiavo Grnyor. Paris, 1874, 2 v. in-iî, apologie mo-

ciné \ Machiavel, que commencera par séduire, par envelopper avec beaucoup d'autres, un Michel-Ange, par exemple % un Baccio délia

dérée et savante, mais enfin apologie du moine illustre de Ferrare. Voyez aussi A. Geffboy, Revue des DetiOi' Mondes, 15 mai i863, Un réformateur italien de la Renaissance , Jérôme Savonarole , diaprés de nouveaiuc documents.

i. Cf. ViLLARi, Ouvr. ,cit., t II, p. 63 et suiv. Prophéties de Savonarole et ses théories sur le don prophé-* tique. Dialogue sur la vérité prophétique. Le cùmpendium revelationum (1495). Vision des deux croix symbolisant la colère et la miséricorde de Dieu (1492). Vision où Savonarole se présente comme ambassadeur des Florentins auprès de Jésus-Christ.

2. Cf. PfîRRENs , Jérôme Savonarole. Paris, i853, 2 V. in-8, t. I, p. 372. « Les Prieurs, qui s'étaient faits Arrabbiati, du premier au dernier, depuis que le succès était de ce côté-là, choisirent les plus coupables parmi les complices de Savonarole pour sévir contre eux. Dix personnes furent condamnées à Texil, à une amende, et privées pour un temps de leurs droits civiques. Seize autres furent condamnées simplement aune amende qui varia de trois mille à cent cinquante llorins. A leur suite venait un nom modeste encore et presque obscur, mais à qui appartenait l'avenir : celui de Nicolas Machiavel, condamné à deux cent cinquante florins [Rastrelli, ch. xxviii'i. » — Cf. Jean-François Pic de la Mirandole, ami et historien de Savonarole, Opusculum de sen-tentia excommunicationis injusta pro H. Savonaroke innocentia. Florence, 1497. — Vasari et Condivi rapportent que c'était avec passion que Michel-Ange relisait les

Porta *, Téloquence véhémente «du grand Savonarola*, involH^on la 5w«jDaro/«;» Machiavel entendra bientôt, sans en êti'e touché % les

pt*edische de Savonarole, dont il avait été jadis l'auditeur ému, et, d'autre part, on a pu retrouver non sans raison dans le Jugement dernier de la chapelle Sixtine comme un reflet de l'imagination biblique et dantesque qui inspirait au célèbre Dominicain l'enthousiasme sinistre de ses anathèmes. Ajoutons que Raphaël, qui était âgé de quinze ans lors de la mort de Savonarole, semble lui-même avoir eu à cœur de lui rendre hommage ; car il n'a pas craint de donner une place au moine supplicié de Ferrare dans sa Dispute du Saint-Sacrement au Vatican.

1 . Après la mort de Savonarole, Baccio délia Porta se fit Dominicain sous le nom de Fra Bartolommeo et abandonna la peinture pendant plusieurs années.

%. Machiavel, Œuvres compL, t. II, p. 85. Première Décennale. « Je parle de ce grand Savonarola qui, animé du souffle de la puissance divine, vous tint enchaînés dans les liens de sa puissante parole. Comme on craignait généralement de voir la patrie périr par degrés sous l'influence de sa doctrine prophétique, on ne put trouver d'autres moyens, pour réunir tous les esprits, que de voir s'accroître ou s'éteindre entièrement la lumière divine dans des flammes plus grandes encore. »

3. Machiavel, CEMvre« compl , t.I, p. 612, le Prince , ch. VI. « Savonarole vit ruiner ses projets au moment où la multitude n'ayapt plus confiance en lui, il manqua de moyens pour l'obliger à en avoir encore, et pour en Migrer aux plus incrédules. »Et bien auparavant : « Las jMrophètes qui n'ont pas d'armée à leur suite tiaisMAt toujours mal. ie conseille à Savonarole d'en avoir une. »

prophéties fulminantes S les invectives atroces ^, les exhortations pathétiques ou les indignations calculées ^, enfin les mensonges

1, Machiavel, Œuvres compL, t. II, p. 598, Lettres familières, Lettre ii, à un ami, i498. « Tous ceux qui auront été témoius de Taudace avec laquelle notre moine commença ses prédications et les continua, ne peuvent qu'en être grandement émerveillés ; en effet, il craint beaucoup pour lui-même ; il est persuadé que la nouvelle Seigneurie est disposée à lui nuire, et, résolu en conséquence d'entraîner dans sa propre ruine un grand nombre de citoyens, il commença son discours par des prédictions effrayantes et par des raisonnements tout-puissants sur quiconque ne les approfondit pas, avançant que ceux qui avaient embrassé son parti étaient les meilleurs citoyens, et qu il n'avait pour adversaires que les plus vils scélérats. »

2./d., ibid,, 1. 1, p. 586, Discours, Liv. III, ch. xxx .« Les prédications de Savonarole sont remplies d'accusations et d'invectives contre les sages du monde ; car il appelait ainsi les envieux et ceux qui contrariaient ses idées. » T. II, p. 600, Lettres familières. Lettre ii, à un ami, « Il commença alors à déchirer vos livres et vos prêtres, et à vous traiter de manière que les chiens n'en voudraient pas manger. »

3. Id,, ibid. « Savonarole avait d'abord cherché à réunir des partisans, en versant l'odieux sur ses adversaires, et en cherchant à les effrayer par le nom de tyran ; mais aujourd'hui que ces moyens violents lui sont devenus inutiles, il a changé d'allure : il exhorte chacun à la concorde ; il ne parle plus ni de tyran ni de la scélératesse de ses rivaux; il cherche à exciter tous les partis en général, et chacun en particulier, à se soulever contre Sa Sainteté et

éclater^ du haut de la chaire de Saint Marc; et deux fois, en sa présence, le bûcher s^Uumera sur la place du Palais-Vieux, d'abord pour Tépreuve ridicule, ensuite pour le supplice affreux ^ de ce Dominicain inexplicable, adoré tour à tour et conspué, mélange unique de sincérité et de ruse, de violence ' et de cha-

âes agents, qu'il traite comme on ne traiterait pas les plus vils et les derniers des hommes. »

1. Machiavel. Œuvres comp/., t. Il, p. 600. « C'est ainsi, selon moi, que Savonarole s'accommode au temps, et qu'il tâche de colorer ses mensonges. )>Id., 1. 1, p. ^^^j Discours, Liv. I, ch. XI. « Le peuple de Florence est très-éloigné de croire manquer de lumières; et cependant le frère Jérôme Savonarole parvint à lui persuader qu'il s'entretenait avec Dieu. Je ne dirai pas qu'il en imposait; on ne doit parler d'un si grand homme qu'avec respect... »

2. W., 1. 1, p. 246. Fragments historiques, a Le 24 mai, on brûla le frère Jérôme, ainsi que les frères Domenico et Salvestro, de la manière, etc.. »

3. Voyez Sermons sur les psaumes, xxvi® sermon, prononcé le 28 juillet 1495 pour obtenir 1 abolition des parlamenti. Savonarole y autorise el prêche ouvertement le pillage, la confiscation, l'assassinat. Villari, Ouvr, cit,j t. I , p. 346. Cf. Machiavel, Œuvres compl.,i, I, p. 477, Discours, Liv. I, ch. xiv. « En 1494, l'état de Florence venait d'être réformé à laide de Jérôme Savonarole, dont les écrits prouvent la science, l'habileté, la prudence, le courage d'esprit. Parmi les lois qu'il lit établir pour assurer la libertù des citoyens, il y en avait une qui permottait d'en appeler au peuple de tous les jugements

rite *, de savoir et d'extravagance, de désin térendus, pouç crimes d État, par les Huit ou par la Seigneurie. Pour la faire passer, il lui en coûta intiniment et de temps et de peine. Il arriva que, peu après qu*elle eut été publiée, cinq citoyens furent, pour crime de cette nature, condamnés à mort par la Seigneurie. Les condamnés ayant voulu en appeler au peuple, on ne le permit point; on viola complètement la loi. Cet événement contribua plus que tout autre à diminuer le crédit de frère Jérôme. » Ces cinq citoyens étaient : Bemardo del Nero, Niccolo Ridolti, Lorenzo Tomabuoni, Giovanni Cambi, Giannozzo Pucci, accusés d'avoir préparé le retour des Médicis. Le jugement qu'a porté Machiavel sur Savonarole a d'ailleurs varié avec les temps et les circonstances. C'est ainsi également que Pappréciation que Guichardin a faite de Tillustre et infortuné moine de Saint- Marc dans son Histoire d'Italie^ où il l'appelle ^^ le sauveur de la patrie, » n'est pas la même que celle qui se trouve développée dans son Histoire florentine, œuvre de sa jeunesse, où il le juge sévèrement. — Voyez l'article que M. Geifroy a consacré dans la Revue des Deux-Mondes (15 août 1861) aux œuvres inédites de Guichardin. Opère inédite di Francesco Guicciardini, illustrate da Gimeppe Canestrini e publicate per cura dei conti Piero e Luigi Guicciardini, Firenze, 1857. Le l»*" volume comprend : Considérations sur les Discours de Machiavel concernant la première décade de Tite-Live. — Maximes {Ricordi) politiques et civiles. — Discours politiques, — - Le 2® volume : Dialogue sur le gouvernement de Florence. — Discours sur les changements et réformes du gouvernement florentin, — Le 3® Yolume ; Histoire florentine Storia fiorentina. — Le 4« volume est destiné aux Légations^ Legazioni.

1. Cf. Villari, Ouvr. cit,y t. II, p. 221 et suiv. Conduitf» de Savonarole pendant la peste, etc.

î)0 CHAPITRE III

ressèment patriotique et d'ambition monacale. « Dieu ! s'écriait souvent, en parlant du pouvoir pontifical, l'indomptable adversaire d'Alexandre VI, ô Dieu! s'il était possible de briser ces grandes ailes! — « Deh! per Dioj donna ^ se ramper si potria quelle grandi aie! » En s'élevant violemment contre un pape indigne, Savonarole, sans remédier à aucun abus, ne réussit qu'à précipiter la révolte qui déjà grondait en Allemagne contre la papauté *. D'autre part, il eut beau faire abolir les parlamenti, décréter le règne du Christ et la paix universelle, vouer solennellement au feu les instruments de la vie mondaine, bruciamenti délia vanità ^ ; sa politique ^ ne parvint à rendre à Florence ni l'ordre ni la sécurité. On l'a remarqué : Savo-

{, ViLLARi, Ouw, cit., t. II, p. 282. « De TAlIemagne même, disait en H98 le Prieur de Saint-Marc peu de temps avant sa mort, nous recevons des lettres écrites par les nouveaux partisans de notre doctrine. » Sermon de la Quinquagésime.

2. Sur tous ces détails, voyez Villari, Ouvr,cH., t. Il, p. i8, 70, i51.

3. Id,, ibid., p. 285, Trattato circa il reggimento e governo délia città di Firenze, Ce traité fut imprimé du vivant de Savonarole, sans indication de lieu et sans date. Voir Tédition faite par Âudin de Rians. Florence, i848.

narole n'avait guère enseigné aux Florentins que l'art de bien mourir, « Varie del ben morire * . » Vainement encore Florence remettra-t-elle le soin de ses destinées au bien intentionné, au doux, au patient Soderini *. Machiavel apprendra de bonne heure à ne point placer sa confiance dans cette âme d'enfant % et, en dé-

1. Cf. QuiNET, les Révolutions d'Italie, Paris, i848, 2 v. in-8 , t. Il, p. 73, ch. H, Vart de bien mourir. Voyez le sermon prononcé par Savonarole le 2 noyembre 1496, * jour des morts, sur Vart de bien mourir. Ce sermon fut souvent imprimé à part. On en cite trois éditions différentes au xv® siècle, et toutes sont ornées de belles gravures.

2. Machiavel, OEwores compl., t. I, p. 548, Discours, Liv. III, ch. III. M Pierre Soderini crut, à force de bonté et de patience, vaincre Fobstination de ces nouveaux fils de Brutus qui désiraient retourner sous une autre forme de gouvernement, et se trompa complètement. » Cf. Id», ibid,, ch. XXX, p. 586. « Soderini croyait avec le temps imposer silence à Tenvie, par son affabilité et ses bienfaits particuliers, ou lui échapper par sa bonne fortune... Il ignorait que Ton ne peut rien attendre du temps, que la bonté est insuffisante, que la fortune change, et que l'envieuse malignité est implacable... »

3. On a souvent cité Tépigramme suivante contre Soderini, attribuée faussement peut-être à Machiavel :

« La notte che mon Pier Soderini L'aima n' andà dell' inferno alla bocca ; E Pluto la gridô : anima scioccal Ch' inferno ? Va nel limbo de* bambini. »

finitive, laissera fuir, sans même raccompagner de ses regrets, le faible gonfalonnier, lorsqu'après le sac de Prato, les bandes espagnoles de Raymond de Cardone rétabliront dans Florence les Médicis.

Les Médicis, promoteurs de civilisation et de corruption. — Cosme le Père de la patrie et Laurent le Magnifique, — Julien II duc de Nemours et Laurent II duc d'Urbin. — Clément VII et Léon X. — Machiavel juge des Médicis. — Machiavel prophète de la Réforme.

Étaient-ce donc les Médicis, que Machiavel subit, qu'il caressa, dont il se fit, hélas ! le courtisan très-humble, mais que vraisemblablement il détesta toujours au fond du cœur ; étaient-ce donc les Médicis qui pouvaient lui oflFrir un type plus pur, moins oblitéré, de la nature humaine? Illustre, mais étrange famille que celle des Médicis ; dont la grandeur s'édifia peu à peu sur les ruines de toutes les grandes familles qui l'entouraient, des Ricci et des Albizzi, des Barbadori et des Peruzzi, des Strozzi et des Acciauoli, des Neroni et des Soderini, des Pazzi et des Tornuaboni, des

Pitti et des Capponi ; race prodigue et avare, d une origine plébéienne et de goûts aristocratiques ; d'habitudes mercantiles, et passionnée pour les œuvres de l'esprit ; patriote et égoïste ; qui répandit sur son pays tant de lustre et y fit germer tant de semences de dissolution ; qui « soutint par des exécutions sanglantes un pouvoir usurpé par la perfidie * ; » qui favorisa toutes les délicatesses, et, en débilitant toutes les forces, gageant tous les lettrés *, créa au sein d'une république changée en patriciat le parti des etidormeurs ^ ; dont, en un mot, il serait difficile de décider si elle fut plus nuisible à Florence qu'elle ne la servit ! Deux noms résument toutes ses gloires, celui de Cosme à qui les Florentins décernèrent le titre de Père de la patrie^ et celui de Laurent qu'ils se complurent, tout en l'aidant de leurs deniers, à

i. Cf. SisMONDi, Histoire des républiques italiennes du moyen âge, — Id., Histoire de la Renaissance et de la Liberté en Italie, etc. Paris, 1832, 2 vol. in-8, t. II, p. 103.

2. Cf. LiBm y Histoire des sciences mathématiques en Italie depuis la renaissance des lettres jusqu*à la fin du dixseptième siècle, Paris, 1838, 4 v. in-8, t. II, p. 274.

3. Cosme de Médicis se fit continuer pendant vingt ans la magistrature appelée Balia, dictature temporaire et de péril. Elle devint sous Pierre II une véritable tyrannie.

appeler le Magnifique * . Cosme , Laurent ,

4. Cf. Alamanno Rinuccini Ri'posta, « Je crois que, trouvant les citoyens de notre ville d'âme et de mœurs serviles et complètement avilis dans les habitudes commencées et établies par son père, Laurent conçut, comme une idée très-superbe et très -ambitieuse, le dessein de transporter en soi toute la dignité, puissance et autorité publicjue. — Il dépensait sans aucun ménagement et consumait les revenus publics, sans songer au tort qu'en souffraient les citoyens, qu'il dévorait ainsi avec tant d^indnstrie, soit pour les rendre plus faibles et plus impuissants à résister à ses entreprises, soit par une excessive envie qui dominait en lui, outre une immense ambition et vaine gloire qui le portait à ne refuser à aucun étranger aucune demande, même extrême, pourvu qu'il crût être loué. Et il leur accordait ce qu'ils demandaient non de son bien, mais de celui du public, sans mesure ni réserve aucune, car quand il avait à dépenser du sien, il penchait plutôt vers l'avarice que vers la générosité, excepté pour quelques entreprises de vanité, faites aux dépens d'autrui et qu'il s'attribuait en y ajoutant quelque chose du sien. Outre cela, toutes les choses qui évidemment acquéraient de la réputation aux citoyens^ comme les noces, les bals et les fêtes, le luxe des vêtements, il les blâmait. — Mais ce qui par-dessus tout est déplorable, toute Fautorité, la dignité et la réputation des magistrats publics, il l'enleva, la foula aux pieds, la transporta en lui, et l'usurpa de telle manière, que nul magistrat, même dans les moindres choses, n'osait délibérer, s'il n'avait son consentement, et s'il s'en passait pour quelque chose, il était contraint à le révoquer ; d'où naquirent dans les âmes des citoyens une grande bassesse, un grand mépris et dédain des choses publiques. » Rapprochez de

éblouirent Florence de leur tyrannie dorée et surent, principalement Laurent, comme charmer lem's concitoyens par des fêtes en les avilissant par des orgies. Mais à dater de 1494, qu'est-ce que Florence pour les Médicis ? Surtout un patrimoine qu'il s'agit de recouvrer, ou un domaine qu'il s'agit de régir. Et que sont les Médicis pour Florence ? Surtout un objet de scandale, d'indifférence, ou de haine. Parcourez en effet la liste des Médicis, qui s'ouvre en 1312, date de leur première restauration, et qui se clôt en 1327, date de leur seconde expulsion, et vous n'y découviîrez pas un homme vraiment considérable. C'est d'abord le frère du triste Pierre II *, l'honnête

ce jugement celui que porte Guichardin dans son Histoire florentine, Storia fiorentina, et qui en est à peu près laconiirmation. « En résumé, conclut Guichardin, si Florence ne connut point sous Laurent la liberté, elle ne pouvaitavoir un meilleur tyran. »Cf. Geffroy, loc, cit— La Vie de Laurent deMédidspav Roscoe, Paris, an vn, 2 vol. in-8, trad. Tliurot, n'est guère qu'une apologie, empruntée d'ailleurs presque en entier à Fabroni, Vita Laurentii Médicis,

{ . Au nombre des statues qui ornent la Loggia de' Lanzi d'Orgagna, entre le Persée de Cellini et \ Enlèvement d'une Sabine par Jean Bologne, se yoit la Judith de Donatello. Destinée d'abord à orner le palais des Médicis, cette statue en fut tiiée lors de la fuite de Pierre II, et, peu

mais médiocre Julien II, qui, à peine réinstallé dans le palais de sa famille, abdique (1513) pour occuper une souveraineté nouvelle, Parme, Plaisance, Modène, Reggio * , et qui, en épousant une tante de François P', Philiberte de Savoie ', doit recevoir, à cette occasion, le titre de duc de Nemours. Ni TArioste qui a célébré ses vertus % ni Bembo et Castiglione qui en font l'interlocuteur, Tun du Dialogo délia lingua italiana, Tautre du CortegianOj ni Michel- Ange en lui érigeant, quoique sous le coup de la douleur et de la contrainte*, le plus merde jours avant rentrée de Charles YIII à Florence, on la niit, comme un monument allégorique de délivrance, à la place qu'elle occupe aujourd'hui, en inscrivant sur le piédestal ces mots qui s'y lisent encore : Exemplum salut, pubL cives posuere MCCCCXCV.

1. Machiavel, Œuvres compL, t. Il, p. 660, Lettres familières , Lettre XL. kFrancesco Vettori, iblo. « J'ai appris par la voix puhlique que Julien devenait seigneur de Parme, Plaisance, Modène et Reggio ; ce qui me semble une souveraineté belle et forte, qu'il pourra conserver, quels que soient les événements, si dans les commencements il se conduit avec sagesse, »

2, Fille de Philippe, duc de Savoie, sœur de Louise, duchesse d'Angoulème et mère de François I^',

3, Voyez sa belle ode à Philiberte de Savoie : « Anima eletta, che net mondo folle. »

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