Cf, Bknedetto Varchi. Histoire des révolutions de
veilleux des tombeaux *, ne sont parvenus à entourer sa mémoire d'une auréole glorieuse.
Il a pour successeur un prince plus insignifiant
Florence sous les Médîcw,trad. par Requier. Pari», 1765, 3 v.in-8, t. II, p. 393. « Michel-Ange (après la capitulation de Florence en 1530) s'attendait à être du nombre des proscrits, parce qu'il avait été un des neuf membres du Tribunal de la Milice, qu'il avait fortifié le mont Saint-Miniat, et qu'on lui faisait dire qu'il aurait fallu détruire jusqu'aux fondements le palais des Médicis et faire de l'emplacement le marché aux mulets. En conséquence, il avait disparu durant les derniers jours du siège; mais, au bout d'un certain temps, le Pape ordonna qu'on le cherchât avec le plus grand soin, qu'on l'assurât du pardon et qu'on lui dît qu'on voulait mettre ses talents en œuvre. Il se montra aussitôt; et quoique la crainte, plutôt que la bonne volonté, guidât sa main, quoiqu'il eût passé plusieurs années sans travailler, il orna en entier, en peu de temps, la nouvelle sacristie de Saint-Laurent : ouvrage qui fait l'admiration des plus habiles artistes, quoique imparfait. »
1 . Il n'y a personne qui n'ait visité à Florence la sacristie de San Lorenzo. A droite de la poile d'entrée est la statue de Julien II de Médicis, duc de Nemours, frère de Léon X; à gauche, celle de Laurent de Médicis, duc d'Urbin, neveu du pontife, et que l'on désigne, à cause de son attitude, sous le nom de PensierosOy le penseur, ou encore il Pensiero, la pensée. Aux pieds du premier,suivant la tradition, sont étendus le Jour et la Nuit ; l'Aurore et le Crépuscule se trouvent aux pieds du second, \oyez Une Visite à la chapelle des Médicis, dialogue sur Michel-Ange et Raphaèly par M. Emile Olivier, Paris, 1872, in-i2.
encore, son neveu, le fils de Pierre II, Laurent II, duc d'Urbin, qui serait parfaitement oublié*, s'il n'avait été, par son mariage avec Madeleine de La Tour d'Auvergne *, le père de Catherine de Médicis ^ Après la mort de Laurent, qu'enlève une maladie contractée dans la débauche, la race des Médicis qui maîtrisent Florence se change en une lignée de bâtards.
C'est, en premier lieu, au cardinal Jules de Médicis, fils naturel et posthume de Julien P% que le pouvoir est dévolu. Puis, quand Jules a ceint la tiare en prenant le nom de Clément VII, c'est, sous la tutelle des cardinaux
1. Cf. Machiavel, Œuvres compL t. II, p. 612, Lettres familières, Lettre xv. « Je ne veux point négliger de vous faire connaître la nianière dont le magnifique Lorenzo s*est conduit jusqu'à ce jour; elle est telle qu'elle a fait naître les plus heureuses espérances dans toute la cité, et tout semble rappeler en lui le souvenir des grandes qualités de son aïeul, etc. » Cette lettre, adressée sans doute à Yettori et destinée à être mise sous les yeux de l'oncle de Laurent, Léon X, n'est guère probablement aussi de la part de Machiavel qu'une flatterie de solliciteur.
2. Fille de Jean, comte d'Auvergne et de Boulogne, et d'une sœur de François de Bourbon, comte de Vendôme.
3. Mariée en 1533 à Henri d'Orléans, deuxième fils de François I^r^ auquel il succéda. Voyez La Jeunesse de Catherine de Médicis, par A. de Reumont et A. Baschet. Paris, 1866, petit in-8.
de Cortone, Cibo et Ridolfi, un enfant qui gouverne, Hippolyte, fils naturel de Julien IL Et enfin, lorsque Hippolyte, devenu contre son gré cardinal, a disparu empoisonné par son cousin Alexandre*, fils naturel de Laurent II et d'une servante nommée Anne', c'est à cet Alexandre même que Florence se voit for- »çée d'obéir, lequel, chassé en 1527, rétabli en 1531 par Charles-Quint qui lui fait épouser
i. Cf. Varchi, Ouvr, cit,, t. II, p. 220. « Il y avait entre Alexandre et Hippolyte une haine secrète, née de la rivalité ordinaire entre des concurrents de cette sorte; et dès leur plus tendre enfance, ils en étaient venus à s'injurier et à se batire. Id,, t. III, p. \0Q. « Lés fréquents voyages que faisait le cardinal d'Itri à Forli pour voir Julie de Gonzague, qu'il aimait, et pour ses autres amusements, le firent tomber malade. Le troisième jour de son mal. il vomit, en pleurant, une petite soupe au jus de poulet, que son sénéchal venait de lui faire prendre Peu de temps après, il fait appeler Bernardino Salviati, Prieur de Rome, depuis cardinal, auquel il dit :« Je suis empoisonné, et c'est de la main de mon sénéchal. » La plupart attribuent ce crime au duc Alexandre. Ils prétendent qu'un des serviteurs les plus àftidés de ce prince se vanta presque de l'attentat, en disant : « Nous savons nous chasser les mouches du nez, »