AVANT-PROPOS XIX
siècles de commentaires, je me suis trouvé le premier, je crois, à surprendre et à signaler, l'auteur du Prince^ des Discours ^ des Sept livres sur Fart de la guerre et de Castruccio Castracani^ n'a point hésité à se faire, à son tour, plagiaire. Car c'est de toutes pièces et sans jamais en indiquer la provenance, que fréquemment il s'approprie de longs et entiers passages des orateurs, des moralistes, des philosophes, des historiens les plus réputés de l'antiquité. De la sorte, alors qu'on était habitué à surtout admirer dans Machiavel un penseur indépendant, il sovrano pensatore^ on serait presque tenté de ne plus reconnaître en lui qu'un imitateur ou même un copiste.
Faudrait-il donc conclure que plus on étudie de près Machiavel, plus aussi risque de se dissiper, comme un vain prestige, l'illustration qui environne sa mémoire et qui le place au premier rang des écrivains que la terre italienne s'enorgueillit d'avoir enfantés? Assu-