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Elogia doctorum virorum, Augustinus Niphus

3. Cf. Opuscula moralia et politica, cum Gabrielis Naud.iîi de Aug. Nipho Judicio. Paris, 4645, in-4.

iOG CHAPITRE XII

place assez considérable parmi ces poly graphes, tels qu'en produisirent en grand nombre le quinzième et le seizième siècles ; érudits distingués assurément et auxquels demeurent redevables les belles-lettres et la philosophie, mais écrivains prolixes autant que fertiles et dont la vanité ridicule dépassait de beaucoup le pédantesque savoir; dont l'existence déréglée, abaissée ou frivole contrasta trop souvent avec la gravité de leur état; esprits inquiets, épineux et d'humeur batailleuse, et pourtant dociles et maniables esprits, d'ordinaire aux gages des princes, et chez qui les pensions déterminaient à coup sûr les convictions ; hommes enfin d'une réputation en leur temps brillante ou bruyante, et cependant hommes foncièrement médiocres et dont les noms demeurent, en somme, irrévocablement voués à une obscurité de plus en plus voisine d'un complet oubli.

C'est déjà donner de Niphus quelque idée que de le comparer à Cardan* , quoiqu'il lui soit néanmoins assez inférieur. Naudé ne lui a point marchandé l'éloge. « Ce fut, écrit-il de Niphus, ce fut un philosophe excellent, un médecin dis-

1. Cf. Hier on, Cardani Proxeneta, seu de pnidentia dvili Liber. Lugd, Batavor., 1027, petit in-18.

iingué, un savant profondément versé dans tous les secrets de Tastronomie et de la théologie. Philosophus excellens, medicus no?i vulgaris^ astronomiœ et theologise prœceptis imbutus * . » Et Niphus prend lui-même tour à tour les qualités ou épithètes de Médecin ou de Médicis^ dlllustre, de Sessanien, de Fortuné, de Philothée,de Philosophe. « Suessanus, Eutychus, Philotheus, Philosophus, Medices, Magnus et Philosophus ^.^^ Quelques traits rapportés par Gui Patin et par Moréri achèvent de peindre la fatuité grotesque ou grossière du personnage. «Il vivait, dit Patin, au temps de Charles-Quint; cet empereur, l'ayant voulu voir, alla chez lui. Niphus le fit entrer dans sa chambre, oii il n'y avait qu'une chaise sur laquelle il s'assit, disant à l'empereur qu'il était assez grand pour en faire apporter une autre pour lui. — Niphus dit aussi à Charles-Quint : « Je suis empereur des lettres, comme vous êtes l'empereur des soldats. » Moréri ajoute que « Charles-Quint ayant demandé à Niphus comment les princes pourraient gouverner leurs États, celui-ci lui aurait fièrement

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