Venetiis, 1H18-1?>24, in-fol
la faculté de prendre les armes* et jusqu'au nom des Médicis^, il lui accordait le pouvoir de
1. Dans la dédicace qu'Antonius Franciscus Varchiensis a faite à Niphus d'un commentaire d'Alexandre d'Aphrodisias, il est appelé Augustinus Niphus de MediciSj Peripatetico7*um princeps, « Prœterea judicii tui gravitatem, ingenii magnitudinem, egregiam latinœ grœcœque linguœ eruditionem, tum quia hœc omnia omnibus nota suntj tum quia hœ tuœ laudes majori prœconio celebrandx forent; ut jure optimo Léo Pont, Max, acerrimus ingeniorum pensitator et judcx te familiœ suœ cognomine donatum voluerit, » Bandin. Juntar, Typogr. Ann. ij, p. 173.
2. Cf. RoscoE, Vie de Laurent le Magnifique^ trad. par Thurot, Paris, an vu, 2 v. in-8, t. I, p. 10. UOrigine e descendenza délia casa de' Medici fait remonter la famille de Médicis à Averardo de Médicis, l'un des capitaines de Gharlemagne. En récompense de la valeur qu'il montra en terrassant et tuant un brigand nommé Mugello, de la race des géants, il obtint le privilège de porter dans ses armes six palle ou balles, figurant les balles de fer qui étaient attachées à la massue de son antagoniste, et dont l'impression était restée sur son bouclier. Les palle ouho[i\es{bolo, paWa) n'étaient donc pas destinées à rappeler, suivant une explication rapportée par Verini, que le chef de la famille des Médicis avait été pour la Toscane, par le sang qu'il lui avait tiré, comme un médecin.
Est qui Bebryaca Medices testetur ab urbe Venisse, et Toscam sobolem delesse superbam Asserat : hinc Médicis mcruit cognomen haberc Quod medicns Tosci fucrit, sic ove vencnum
créer des maîtres es arts, des bacheliers, des licenciés, des docteurs en théologie, en droit civil et en droit canon, et, ce qui caractérise répoque, de légitimer des bâtards et d'anoblir trois personnes *.
Malheureusement pour Fauteur du Traité de r immortalité de Pâme, Léon X, contre toute attente, succombait à une indisposition soudaine % le 1" décembre de la même année.
Force fut donc à Niphus de s'attacher à de nouveaux protecteurs. S'il fallait s'en fier à ses vanteries, les universités de Tltalie se seraient disputé sa personne à prix d'or ^ Ce qui est
DixePunt patrio ; factique insignia portet Senis in globulis flaventem sanguine peltam,
(Ver., de illust, urbis, Lib. III.)
1 . C'est sur cette signification de medicus attribuée au mot Medicis que repose l'équivoque où se joue Niphus. Voyez ci-dessus, ch. vu, en note, p. 118. Cf. .Niceron, Ouvr. cit.^ p. 57.
2. Léon X, comme on l'aprétendu. mourut-il de joie à la nouvelle de la prise de Milan par la ligue qui soutenait Charles V contre François I®'? Succomba-t-il, comme on l'a d'autres fois afiirmé, au poison de son échanson Malespina? On ne sait plus à quoi s'en tenir touchant la vie et la mort des papes de ce temps-là.
3. « Prœceptores qui artes et scientias docent, pecutiias multas accumidare centimus : non primi a Bononiensihus^
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certain, c'est qu'après avoir enseigné à Pise et peut-être même à Bologne, il devait terminer sa carrière de savant à Salerne, où, dès 1507, une première fois, l'avait attiré Robert de San Severino en le chargeant d'éclaircir toutes les œuvres d'Aristote, et où, en 152S, le rappela Ferdinand de San Severino. Il mourut, selon toute apparence, à Sessa, âgé de plus de soixante-dix ans.
On ne sait où Patin a pris ce qu'il rapporte dans le Patiniana, que Niphus fut marié deux fois et qu'il dansa tant à ses secondes noces, qu'il y prit la maladie qui le conduisit au tombeau*. Paul Jove, qui ne parle nullement de ce second mariage, fait mourir Niphus d'un mal de
a Venetis, si in eorum gymnasiis philosophiam docere vellemus, millenarium aur eorum numerum pro mer cède singulis annis acciperemus, sicuti a Florentinis accopimus, Pisis philosophiam professi, » Niphus, de Divitiis. — Cf. Bayle, Dictionnaire^ article Niphus,
d. NiCERON. Oiivr, cit , p. 59. Paul Jove fait au contraire entendre que Niphus avait encore sa première femme, lorsqu'il se livrait à ces extravagances. Elle s'appelait Angelella, et il en eut un lils nommé Jacques, à qui il dédia son traité de Divitiis. Niphus parle plusieurs fois de sa femme, dans ses ouvrages et rapporte notamment un rare et scandaleux exemple de l'amour qu'elle avait pour lui. (De Amore^ cap. n.)
gorgée D'autre part cependant, il témoigne du ridicule où tomba le vieux professeur, en se livrant à .des extravagances amoureuses qui hâtèrent sa fin. « Susceptis liberis et senescente iixorCj écrit-il, septuagenarius senex^ puellsB citra libidmem impotenti amore correptus est usque ad insaniam; ita ut plerique philosophum senem atqiie podagricum ad tibiœ modos saltanterrij miser abili cum pudore conspexerint, unde maturatum illi vitse exitum constat ^ » — « Niphus avait des enfants, et sa femme était sur le retour, lorsque lui-même déjà septuagénaire s'éprit pour une jeune fille d'un amour qui alla jusqu'à la démence. Car ce ne fut point sans éprouver de la pitié et sans rougir, qu'on vit ce philosophe vieux et podagre danser au son de la flûte. Et il est certain que de la sorte il abrégea ses jours. » Niphus, qui adressait d'ailleurs ordinairement ses hommages en haut lieu, sans
1 . Padlus Jovius, Elogia doctorum virorum, Augustinus Niphus. « Periit in patria, nocturno itinere refrigeratus, cum sero e Sinuessa rediisset, obtortis sciîicet tonsillis^ quœ fauces obsederant, eaipsa nocte Etruriœ admodum funesta, qua Alexander Medices in lecto tiirpissime confossus interiit. » Niphus serait mort par conséquent en 1537; mais Naudé pronve que Niphus vivait encore en 1545.