NicERON, Ouvr cit., p
2. Rome, 1659, in-4. — Rapprochez des Considérations politiques sur les coups d'État, VOinisius Tubero de La
LE PRINCE AVANT LE PRINCE 21i
ne Ta-t-il pas cité, en le rapprochant même de Niphus ? Ou encore, pour ne produire qu'un autre témoignage, n'a-t-il point, dans un autre passage de ceitemème Bibliographie j jugé Machiavel d'une manière aussi pittoresque que profonde ? « Il y a des publicistes, écrit Naudé dans cet ouvrage, il y a des publicistes qui produisent au grand jour les secrets des princes, leurs fraudes cachées, les iniquités de leurs ministres, tout ce qu'on doit en un mot, dans . l'administration des royaumes, envelopper, comme les mystères d'Eleusis, d'une certaine obscurité, et qui livrent aux regards des profanes Diane nue et sans vêtement. Tels sont Procope et Machiavel * . »
Qui ne serait persuadé, après cela, que Naudé a lu exactement, sinon tous les traités de Niphus, ceux-là du moins dont il s'est fait l'éditeur? Qui, de même, ne tiendrait pour in-
Mothe-Le-Vayer. Gomme Naudé, Le Vayer s*est inspiré de Machiavel.
l.pper. cit,, p. 408. ii Sécréta principum occultasque fraudes et nequitias ministrorum ac omnia quœ in politicis regnorum administrationibus velut sacra Eleusini nocte quadam obscur a tegi debent^ in apertum proferunt, nudamque et sine veste Dianamunicuiqueprofano conspiciendam prœbent, quemadmodum Procopius et Machiavellits, n
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dubitable que s'il se rencontrait parmi les écrits du philosophe de Sessa et ceux de l'auteur du Prince^ non pas de simples analogies (Naudé les a indiquées), mais de ces rapprochements qui, de part ou d'autre, impliquent un plagiat, Naudé n'aurait point manqué de s'en apercevoir et, s'efr-étant aperçu, de les signaler? Eh bien! Naudé n'a consigné aucune remarque de ce genre. Cet homme docte considère, au contraire, comme originaux de tous points les Opuscules moraux et politiques de Niphus, dont il affirme expressément que l'auteur les a tirés de son propre fond, « quos proprio Marte composuit * . » Il ne lui est pas venu à l'esprit (pourquoi Taurait-il dissimulé ? ) que l'un de ces écrits, par exemple, pouvait bien n'être, en beaucoup d'endroits, qu'une reproduction du Prince de Machiavel, et ainsi qu'un plagiat. Non, il ne paraît pas s'en être douté un seul instant.
Jamais pourtant plagiat ne fut plus manifeste et ne s'étala plus impudemment au grand jour. Il suffit pour s'en convaincre, quand on connaît les écrits de Machiavel, de lire, que dis-je?