‹ Machiavel: augmentée du̕n appendiceChapitre 96 sur 96 · Aide ManucOf etc. Introduction, p. xliii et suiv · texte numérisé non relu

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fermaient les plus précieux trésors de Fancienne Grèce, ne devrait-on pas juger vraisemblable que c'était principalement, sinon uniquement, des traductions latines que, comme Pétrarque, comme Boccace, avait dû se servir Machiavel, qui aussi bien, n'a jamais passé et ne s'est jamais donné pour un « grand Grec? » Et ainsi ne faudrait-il pas revenir sur quelques-unes des affirmations qu'a cru pouvoir porter M. TriantafiUis?

A la vérité, ce que le savant professeur a dit des fragments du recueil rédigé par les ordres de Constantin Porphyrogénète, subsiste intégralement, et on s'étonne que M. Didot n'ait pas même mentionné cette source inattendue, mais si considérable d'informations.

D'autre part, il y a lieu également de le constater. Si l'auteur de V Hellénisme en Italie cite de très anciennes traductions de Plutarque, il n'établit point que les Opuscules de ce polygraphe et nommément son Traité de la Colère ^ eussent été traduits assez à temps pour que Machiavel ne fût point absolument obligé de recourir au texte grec de cette composition.

Surtout, cette vague énonciation que Polybe avait paru traduit en latin dès 1473, ne suffit

pas à détruire, en ce qui concerne Polybe, les allégations de M. TriantafiUis. De quels livres de Polybe en effet M. Didot veut-il parler?

Il ne se peut guère qu'il s'agisse pour lui non pas certes de Polybe tout entier, mais de Polybe tel du moins que nous le possédons au^ jourd'hui. Car il est notoire que ce n'est que bien postérieurement à 1473, et par fragments successifs, qu'on est parvenu à restituer une grande partie des quarante livres qui formaient VBistoh^e générale. Or, M. TriantafiUis se flatte d'avoir démontré par des dates irréfragables * que ce ne fut que nombre d'années après la mort de Machiavel que parut, traduite en latin, la partie du sixième livre, où Polybe traite de combien d espèces, sont les républiques et de quelle espèce fut la république romaine et que Machiavel s'est sans scrupule appropriée. Conséquemment, le docte professeur Vénitien s'est maintenu, semble-t-il, le droit d'affirmer, jusqu'à preuve contraire, que Machiavel savait le grec.

Toutefois, ajoutons-le. Alors même que cette argumentation devrait demeurer hors d'atteinte,

1 . Lettera allHllustre signor professore Pasquale Villari interno ad alcune opinioni espresse neWopera Nicolô Ma- CHiAVELLi E I suoi TEMPi ; p. H et suiv.

336 APFEMDICE

il serait sans doute excessif d'en inférer que c'est nniquement sur les textes grecs qu'a travaillé le Secrétaire Florentin. Eftectivement, à one époque, où il était si difficile de se procurer ces textes, tandis qu'on en avait des traductions latines sous la main, on comprendrait mal que Machiavel n'eut pas eu fréquemment recours^ à cette sorte de documents qu'il pouvait si commodément consulter. Qu*on y songe ! Machiavel n'est point comme Marcel Virgile Adriani, son midtre et prédécesseur, un philologue, un érudit, amoureux du beau langage; c'est un politique, un homme d'Etat, , que les choses touchent certainement plus que les mots, et qui, en tout, à dû toujours aller au plus aisé et au plus pressé. Aussi bien, comment ne pas l'observer ? C'est, en définitive, une question purement curieuse et presque futile, que celle qui consiste à rechercher si Machiavel était ou n'était pas capable de lire les écrivains grecs dans les originaux. Ce qui était vraiment intéressant, et c'est ce qui demeure désormais acquis, c'était de constater que Machiavel leur a fait, bien qu'à la dérobée, des emprunts aussi multipliés que fructueux.

Préface . I

Avamt-Feopos XYll

Illustration légendaire du nom de MachiaTel. — Sa gloire et son infamie. — Fortunes diverses de ses écrits et notamment du livre du Prince, — Ses adversaires et ses admirateurs. — Inanité de la plupart des opinions qu'ont suscitées la personne de Machiavel et ses ouvrages. — La rédaction du Prince expliquée parles accidents de la vie de Machiavel. — L'esprit du Prince expliqué par Tesprit même du siècle de Machiavel ; cette explication confirmée par Diistoire d'un plagiat 1

Caractère de Machiavel. — Son éducation littéraire. — U est tout pénétré de Tantiquité grecque et romaine ; n'appartient point cependant à la classe des Humanistes, — Son indifférence apparente pour la littérature italienne, pour les arts, pour les grandes découvertes de son temps. — Machiavel est essenticllcinent un politique. — Machiavel observateur et contempteur de la nature humaine. 23

3i8 TABLE DES MATIÈRES

Grandeur et faiblesses du seizième siècle. -- Princes non italieas oppresseurs alors de Htalie. — Protestations de ritalie contre les Barbares. — État de Florence pendant la jeunesse de Machiavel — Conjuration des Pazzi. — Administration déplorable de Pierre IL — Machiavel et Savonarole. — Machiavel et Pierre Soderini 37

Les Médicis, promoteurs de civilisation et de corruption. — Gosme le Père de la patrie et Laurent le Magnifique. — Julien II duc de Nemours et Laurent II duc d'Urbin. — Clément VU et Léon X. — Machiavel juge des Médicis. — Machiavel prophète de la Réforme 53

Papes contemporains de Machiavel. — Pie III et Adrien VI.

— Sixte IV et Innocent VIII. — Alexandre VI et Jules IL

— Jugements de Machiavel sur ces différents pontifes. — Corruption du clergé italien au xvi» siècle. — Vénalité des conclaves 69

César Borgia. — Il n'a point été pour Machiavel une idole.

— Explication des louanges que Machiavel lui a prodiguées. — Condamnation finale de César Borgia par Machiavel. — César Borgia ne dépasse guère en scélératesse la plupart des autres princes ses contemporains ... 87

Les Uffizi et Santa-Croce. — Tombfiau de Machiavel. -- Disparates choquantes que présente la vie de Machiavel. — Biographie de Machiavel principalement d'après sa correspondance. — Trois périodes — Première période (1494- 1512). — Sa naissance (1469). — Machiavel succeàseur de Marcello di Virgilio. — Ses légations. — Ses premiers écrits : Tahhau de la France^ Caraclèi^e des Français^ Ta-

bleau de i* Allemagne f les Décennales. — Gêne et plaintes de Machiavel. — Seconde période (1512-1521). — Première restauration des Médicis. — Conduite équivoque et basse de Machiavel. — Sa lettre à Alphonsine Orsini. — Destitution de Machiavel. — Il est emprisonné et mis & la torture. — Machiavel gracié par les Médicis sollicite leurs faveurs. — Ses lettres à Vettori. — Machiavel auteur d*œuvres légères et homme de plaisir. — Les Orti Oricellarii et les Ruccellai. — Dialogues sur F Art de la guerre, — Discours sur la première décade de Tite-Live, — Vie de Castrucda Caslracani 101

Machiavel ne montra pas plus de noblesse dans ses écrits que dans sa conduite. — Date des Discours et date du Prince. — Opinion de Ginguené confirmée par les textes. Machiavel n'a pas eu' deux politiques. — Identité foncière des maximes des Discours et des maximes du Prince. — Préoccupation constante chez Machiavel de plaire aux Médicis par ses ouvrages 135

La Mandragore ; Il Fraie; Clizia; V Entremetteuse maladroite ;— Date de la Mandragore. — Discussion. — Pourquoi Machiavel a composé la Mandragore. — Machiavel cherche dans cette composition un divertissement à sa tristesse. — - La canzone rédigée pour Clément YII ; le prologue rédigé pour Léon X. — Histoire de Florence 145

Machiavel conseiller officieux de Léon X. — Discours sur la réforme de la constitution de Flm^ence. — Ce que valent les vues que Machiavel expose dans ce Discours. — Le Prince. — Dans quel dessein et comment ce livre a été composé. — Retraite forcée de Machiavel à la Strada. — Lettres à Vettori ; leur éloquence et leur misère. — La Muse famélique. — Machiavel rentre en grâce auprès des

Médicis.— Troisième période de sa vie (1521-1527). — MissioQs sans importance. — Machiavel et GuicharJin. — •— Lettre de Sadolet. — Seconde expulsion des Médicis.

— Versatilité de Machiavel. — Sa mort et les causes de sa mort. — Machiaveljugé par ses contemporains. . . . 153

Antécédents du livre du Prince. — Poggio et son traité de l'Office d'un Prince. — Pootanus et son traité de Principe.

— Originalité du Prince de Machiavel. — Le Prince, objet tour à tour pour Machiavel de crainte et d'espérance. ~~ Machiavel redoute un plagiat du Prince. — Machiavel veut supprimer le Prince. — Date de la publication des plus importants ouvrages de Machiavel, et, en particulier, du Prince, — Ardinghelli et Niphus. — Le Pt*ince avant le Prince 185

Nais?aDce et patrie de Niphus. — Caractère du personnage.

— Témoignage de Naudé, de Gui Patin, de Moréri. — Niptius et Yernias adversaires de Pomponace dans l'école de Padoue. — Niphus et Léon X. — Niphus professeur à Pise et à Bologne. — Niphus à Salorne. — Mort de Niphus. — Gui Patin et Pdul Jove. — Amours séniles de Niphus. 195

Catalogue des écrits de Niphus d'uprès Niceron. — Opinions cavalières de Tiraboschi et de Ginguené sur ces ouvrages. -— Bibliographie politique de Naudé. — Édition des Opuscules moraux et politiques de Niphus et apologie de Tauteur par Naudé. — Bayle copie Naudé qui ne semble pas avoir lu l^s traités par lui-même édités. — Il n'a, du moins, pas soupçonné que Niphus fût un plagiaire. — Traité de regnandi Pe?'itia par Niphus. — Précautions de Niphus pour assurer le succès de cette composition. — Dédicace à Charles-Quint. — Le (le regnandi Peritilia publié environ neuf .

ans avant le Prince. — Rapprochements nombreux qui élablisseot que le de regnandi Peniia n'est guère tout entier qu'un plagiat du Prince 207

Gomment il a été facile à Niphus de copier le livre du Prince.

— Pourquoi ce plagiat a pu passer inaperçu. — Distractions de la guerre. — Multiplicité des publications de Niphus. — Thèses politiques alors rebattues. — Raisons décisives. — Les maximes du de regnandi Peritia et du Prince sont les maximes mêmes du temps. — Machiavel et Niphns traduisent l'un et l'autre en théorie la pensée de leur siècle. L'un et l'autre représentent la philosophie péripatéticienne en déclin 227

Comment doit être jugé Machiavel. — Deux hommes en \\xl : rindividu et l'Italien du seizième siècle. — Hommages rendus à Machiavel par les Italiens de nos jours. — Leur ingratitude envers la France. — Amour de Machiavel pour l'Italie, et, en particulier, pour Florence. — Ses théories militaires. — Son fanatisme patriotique. — Sa haiue contre les étrangers. — Machiavel unitaire et dans quelle mesure.

— Mf^chiavel et Guichardin ; leurs préjugés contre l'Ëglise et la Papauté. — Machiavel a rêvé pour l'Itulie l'hégémonie de Florence ou des Médicis. — Machiavel précurseur des Italianissimes 235

Machiavel représentant du paganisme politique, philosophique, religieux de U Renaissance. — Supériorité attribuée par Machiavel au paganisme sur le christianisme. — Erreur de Machiavel réfutée. — Fatalisme de Machiavel. — Théorie des corsi ericorsi. — I^a religion instrument d'État.

— Superstition .de Machiavel. — Astrologie et magie au seizième siècle. — Théorie de la forco 269

CoDsIdérëe en clle-rnfirae, k politique de Macliiavel ffâffr^ ni utillU, ni origiunlité. — Macbiuvel déduit sa politique I de celle donnée, que loua les lionimes eont nature Uepie at f -Tliéoriedo iiicëês. IdSâTÏÏiTprïnce de Hacbïa- J - L'habileté siiprênio n'est qu'une nuurSoie liTPOt ïie. — néfutalion de Manhiavol. — Le prince de MachiafeL i te trouve être un ani mal d aupereui. — Las hommea n ■nnt ul eotiëreineDl boue, ni euLièremeot maaTais. — Objet de la politique. — Elle ne se ciiaTond ni avec ta mo-

c la reliai

a elle n

a politique de Machiavel, aui De repose nue sur \ç x ,. Alla , n^ qu'une jmliti giip (Cmp^ili^ nta. — La yraie et ' solide politique se fonde, avant tout, sur la droit . . i"

IL Machinvel et les écrivains grecs . . ■ . î

ni. Machiavel et l'hellénisme en Ilalie ;

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