MACHIAVEL ET L*HELLÉNISMIS EN ITALIE
née même où Aide Manuce entreprenait à Venise ses propres travaux de restauration littéraire.
«Tel était, écrit M. Didot, Fétat des études grecques en Italie avant l'entrée d'Aide sur la scène. Onatre auteurs grecs profanes seulement étaient imprimés en original : Esope, Théocrite, Homère, Isocrate; et voici ceux dont les œuvres n'étaient connues que par des traductions plus ou moins fidèles, dans Tordre de leur publication (sauf omission) :
Alcynoûs, Epitome (1469).
Plutarque, Vitœ ( v. 1470).
•Phalaris, Epistolae (v. 1470).
Strabon, Geographia ( v. 1470).
Lucien, six Dialogues ( v. 1470).
Plutarque, Apophtegmata (1447).
Merclire Trismégiste, depotestate et sapientia Dei(1471).
Ptolémée, Cosmographia (1472?).
Appien (1472).
Diodore de Sicile (1472).
Aristote, de Anima (1472).
Id. Metaphysica (1473).
Id. de Physico auditu (1473).
Id. de Cœlo et mundo (1473).
Id. Lapidarius, etc. (1473).
Poljbe (1473).
Homère, Iliade (1474).
Hiéroclès (1474).
Hérodote (1474).
Hésiode, Théogonie (1474).
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Aristote, deMOeoris (4474).
Id. de GeneraUtme et corrupiUme (1474).
Id. FrobUnuUa (1475).
Id. de Morihus (1475).
Diogëne Laërce (1475).
Lucien, Fera? narraJtionts (1475).
Aristote, de AnwMUbus{iAl%),
Id. Bhetanea (1478).
Id. la Logique et la Physique (1479).
Denjs d'flalicamasse (1480).
Aristote, Bhetoriea, traduit de l'arabe (1481).
Platon, de Animarum immorlcUitate (1482).
Lucien, de Prwcedentia (1482)
Aristote, la Physique et la Métaphysique (1482).
Id. Opéra (1483).
Platon, C^a (1483).
Plutarque, de Libéria edueandis (fiYa,nii^S5).
Id. de Virtutibus muHerum (1485).
Hippocrate, de Medicorum astrologia (1485).
Ésope (1488).
Plotin (1492).
Mercure Trismégiste, Cenliloquium (1492).
Homère, Batrachomyomackia (vers 1492).
« C'était déjà, conclut M. Didot, un beau résultat pour une période de vingt-cinq ans.
Initié par ce moyen, aux trésors de la grécité classique, qui était tout une révélation, le public se prit d'une ardeur immense pour l'hellénisme.
« Il ne lui suffisait plus de connaître les auteurs grecs par les yeux des traducteurs; il dé-
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sirait, en dehors de la connaissance du sujet, sous une forme toujours affaiblie, sinon dénaturée, soulever le voile qui lui cachait les beautés de la forme originale; il voulut se donner la jouissance que procure la contemplation directe d'un chef-d'œuvre. Donnez-nous des textes grecs! Tel était le cri général. Ces textes grecs imprimés faisaient défaut. — D'ailleurs, même les traductions latines, qui ne consistaient principalement qu'en ouvrages de philosophie, de morale et d'histoire, n'avaient encore offert qu'une portion restreinte de la littérature hellénique ; les grands auteurs dramatiques, Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, demeuraient inconnus, et ce sont ceuxlà principalement qui témoignent de la sublimité incomparable du génie grec *. »
On en conviendra : ce tableau donne beaucoup à penser. Quand les textes grecs étaient si rares et que les traductions latines, faites sur le grec ou même sur l'arabe, se trouvaient, au contraire, si abondantes ; alors qu'à peine commençait, inaugurée par Aide Manuce, l'impression des manuscrits dispersés qui ren-