CHAPITRE L
revoir enfin ce procès que Ton a tâché cCéclaircir dans tous ses détails 9 mais qui n'est pas jugé?
Voici à peu près comment les nations ont procédé relativement à Machiavel. Les Espagnols sont ceux qui Tont le plus attaqué; mais ce sont des. écri^iams appartenant à un ordre religieux qui ont pris ce soin. L'on pourrait bien expliquer pourquoi les écrivains laïcs se sont tus : la censure établie dans le pays démontre assez qu'ils devaient garder le silence. Les Français ont tour à tour attaqué et défendu MachiayeL Les Allemands ont suivi en quelque sorte la manière d'agir des Français ; mais il faut avouer que chez eux il y a eu plus de panégyristes que d'adversaires^ Les Anglais^ excepté Pohis, sont les premiers qui ai^it fait entendre des opinions favorables. L'Orient de l'Europe n'a vu s'élever que des ennemis, injustes. Les Italiens y si on en sépare quelques écrivains de la cour romaine, n'^ont pas cessé en général d'entourer la mémoire du Florentin, de justifications , d'explications, d'atténuations, plus ou moins fondées.
C'est enfin un Anglais qui a fait retentir le premier une voix généreuse pour honorer directement Machiavel.
Le secrétaire avait été obscurément enseveli à Sainte' Croix de Florence, dans le caveau de la famille des MaçhiavelU '. Il y était resté deux siècles et demi sans
• * > Les BffacbiaTelli ftpparteBaimt , comme je Tai dit, à one faoulle très-ençieBoe. M. le comte de Goarcbemps, à qui je dois aussi beancoop dinformatîons ftirt jadkleiises et da meiUeor goàt sur le moyen âge, a bien yonlareoherober qneUes étaient les armes de cette fMmlle', et je les ai placées an-des«ona dn litre de cbaqae yoliHne. fi y aTait sans donte quelque peine à prendra poorptésenter à ce sQJet nn iiayail complet. Ces armes, d*abord , étaient d*asnr, à la croix d'argent. Il parait, soÎTant rAmmirato, que depuis,. qndqoes IfadriaTclU y ^on* tèrent quatre f\<cnA de sable (noir) ; ensuite, peu de temps, aranl la naissance de Nicolas, un gonfrlonier, issu d» cette fimillt , y ijoota un cinquième doç en
aucune distinction particulière , lorsque la voix de cet Anglais réveilla cette longue et ingrate indifférence. Lord Nassau Clavering, comte Cowper, favorisa d'abord le projet de la célèbre édition in-4^ qui fut publiée en 1782, et ensuite celui du monument qui est
tihàmf («I mOicia de la croix). Les amct ainsi «zaoteoieiit retioutëas, oat été daiHDéct par Bi. Gantier, qne j*aTaU oomm penaioniiaire da toi à Eomcy et dont f ai toojonrs cultivé l*amitié.
Yoici maintenant d^antres infonnatlont relatÎTes à la même famifle, que mon ami, M. Joseph Molini, m*a adressées de Florence le tS décembre iS3ft«
• La fiuniUe Rangoni de Ferrare possède actuellement la maisoo de cam- « pagne de Machiavel , près San-Casciano. On lit dans le mannscrit ia4 delà « bibliothèque BfagUabecchi , page i x : »
« Le II mars 1796 (1727), le marquis Fkançois Marie Machiavelli monnU « dans sa viUa de Colomhaja , et fut inhumé k Sainte-Félicité. Il étoit le dernier « rejeton de la famille , et il eut pour héritier le marquis Jean Marie Rangoni « de Ferrare. Aux funérailles, comme la race étoit éteinte, on porta en pompe •• les armes de la iàmille, et on fit des dépenses extraordinaires pour le oatn- « fidqne et le luminaire. »
« On observera qne le marquis François Marie Machiavelli, mort en 1727, « ne dcscendoit pas de la ligne directe du secrétaire , parce que celle-ci s*étei- « gnit dans la femme IppoGta , mariée à Pierre François de* Ricci , et qni moo- «« mt en. i6i3 , laissant un fils et deox flUes. Le marquis François Alarie de^ « cendok de T0ttOf on d*nn antre firère de Nicolas» La £uniUe Rangoni a « ijonté k son nom celui de Machiavellt, et le marquis RtMgonî MackiaçelB m actuel demeure presque toujours dans sa villa de Colombija , près Florence , « distante d'environ six milles de la villa près San-Casdano, oà faicnt oom- « potée la plupart des ouvrages de Nicolas. »
J'ajouterai îoi quelques détaik sur les éditions de Madiiavel. Il j en a en on nombre extraordinaire. Dans rezamen que j'ai entrepris , j*ai cité k peu près les plus belles y les plus complètes. Machiavel ne vit imprimés de son vivant que Vjârt de la guerre {t 5^ i) et la Mandragola, La première édition des Disewêi est de i53i , Rome. La première édition det Principamtét est de i53a , Rome. Les Juntes Imprimèrent les Istoriék Florence, en i53a. Il y a une édi» Ikia presque complète, fiiie à Genève, in-4^, sans date, mais de xSSo, appelée deUê Tudme, paroe qa*dle fut faite sur les textes originaux. On estime rédHinn générale de Falecme, i5S4; eelle de La Haye, 17»^; de Paris, X76t. L« plnemodefws sont les éditions de Tensse, 1769; Londres, i77a;Flotenaiv I7ts,ln*4*; llonnoa, 1796; et les decaièrea sont daLiroome, Gènes, 179S» Milni, x8o4; enfin, Florame, Ciardetti, xS»6, in•8^ La deraîève ast eeik de Florenee, Paesigll , fft3 1 , vo/bne wifco , in-8^ de 918 pages.