‹ Machines marines. Cours de machines à vapeur professé à l'École d'application du génie maritimeChapitre 15 sur 99 · ifc · texte numérisé non relu

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Cette disposition, en permettant de réduire l'introduction correspondante à Tangle de calage a des excentriques réels, présenterait des avantages évidents, au point de vue des très grandes détentes désirables

à marche réduite. La crainte de fatiguer les organes, en faisant travailler la coulisse à faux et chargeant outre mesure Texcentrique voisin du point conducteur D, empêche de l'appliquer aux machines de grande puissance.

S4. — Dispo8ilion$ diverses et construction de la cotUisse Slepkenson. — Nous n'avons pas à examiner ici les inexactitudes que présenterait répure circulaire appliquée à la régulation d*un tiroir conduit par la coulisse Stephenson. Cette étude fera Fobjet du n° 66, auquel nous renvoyons, en appelant seulement dès à présent l'attention sur les deux figures 104 et 105, qui font connaître les trajectoires dans l'espace des différents points d'une coulisse, et le mouvement angulaire de cette pièce.

Gi4|h fewic Y, Il , W , JL9-

Fig. 75. — Camot.

Tous les points de la coulisse décrivent des orbites fermées, dont la largeur comptée perpendiculairement à la directrice est de plus en plus grande, à mesure qu'on s'éloigne du point de suspension. 11 résulte de

là que le pied de la tige du tiroir, assujetti à se mouvoir en ligne droite, doit constamment glisser dans la coulisse, le mouvement relatif étant de plus en plus grand, à mesure qu'on se rapproche des deux extrémités correspondant à la marche a pleine introduction. 11 y a par suite, une double condition à satisfaire pour la Jonction de la tige et de la coulisse ; il faut que la tige soit solidement guidée et maintenue dans sa direction rectiligne ; il faut de plus, que la réunion des deux pièces se fasse par une rotule laissant libre cours aux déplacements angulaires de la coulisse. La position exacte ou sensiblement exacte de la rotule dans le prolongement de la tige du tiroir est généralement assurée, comme sur la figure 76, par un levier de guidage UV de grande longueur, qui est le' plus souvent placé pour des raisons d'encombrement près de la bielle de relevage, mais qui se distingue facilement de cette dernière, son axe d'oscillation étant fixe dans l'espace; l'axe d'oscillation de UV est le plus souvent l'arbre de relevage lui-même. Entre la tige et la rotule, se place une bielle courte, dont le mouvement oscillatoire est à peine perceptible. Dans ces conditions, la tige elle-même est suffisamment guidée par son presse-é loupes, mais, par prudence, on lui donne souvent un guide, en debors du presse-étoupes.

Quelquefois les tiges de pistons sont assez courtes et robustes pour 16 passer de levier de guidage et de bielle courte, comme sur la figure 76.

Ce ca3 se rencontre surtout quand le tiroir a deux tiges, ou qu'il y a deux tiroirs conjugués ensemble.

La disposition de la rotule dépend du système de construction adopté pour la coulisse elle-même.

La coulisse est évidée ou pleine.

Dans le premier cas, fig. 75, l'extrémité de la tige est à fourche, embrassant la coulisse; la rotule est formée par un simple tourillon K, qui traverse un sabot ou coussinet glissant dans l'évidement de la coulisse.

fit- "■ Fig. 7«.

Dans le second cas (âg. 16), la tige se termine par un œil de grand diamètre, avec chapeau et coussinet, embrassant la rotule H. Celle-ci est traversée par la coulisse formée en général de deux barres pleines marquées en noir sur la figure. Dans les très petites machines, on se contente d'une simple barre pleine en donnant une section à queue d'hironde à la rainure de la rotule dans laquelle celte barre glisse.

Les coulisses pleines sonl proférées aujourd'hui aux coulisses évidécs à cause de la facilité d*ezéeulion.

Les articulations qui relient la coulisse aux barres des deux excentriques et à la bielle de relevago, n*offrent rien de particulier ; leur disposition se voit sur les figures 75 cl 76.

Il est à remarquer que les deux excentriques OA et OR, chacun avec sa bielle, se trouvent dans deux plans différents perpendiculaires à- Taxe 0. La coulisse est dans un troisième plan. Il est rationnel de faire coïncider le plan de la coulisse avec celui de rexcenlrique OA de la marche Af, en dévoyant la fourche du pied de la barre de l'excentrique OU pour la fixer sur la coulisse, fi>ç. 77. Toutefois, on place quelquefois le plan de la coulisse à mi-distance entre ceux des deux excentriques, comme sur la figure 78, ce qui fait subir une certaine flexion latérale à l'excentrique de la marche N.

55. — Barre Marshall. Description générale, — Au lieu de faire varier l'angle de calage a de l'excentrique fictif des tiroirs, en passant d'un excentrique à un autre par le mouvement d'une coulisse, on peut articuler la tige du tiroir en un point fixe d'une bielle réunissant la tète même de deux excentriques, à calage variable. Cette disposition, qui ne comporte que des articulations, sans aucun mouvement de glissement, est facile à réaliser ; il suffit en effet que le calage d'un seul excentrique subisse des variations convenables, celui de l'aulre restant fixe. Do plus, l'excentrique à calage variable peut être remplacé par un simple balancier commandé par l'excentrique à calage fixe.

Tel est le principe d'une mise en train contemporaine de la coulisse Stephenson, car elle a été construite, en 1843, par M. Solms de Château- Renault, mise en service par la Marine sur l'aviso le Véloce^ puis réinventée ou du moins introduite définitivement dans les machines marines par M. Marshall de Saint-Peter près Newcastle, et maintenant presqu'aussi répandue sur les navires français que la coulisse Stephenson elle-même.

La mise en train Marshall comporte un excentrique unique 0 M calé invariablementsurrarbreà vilebrequins 0,fig. 79. Le calage jS decetexcentrique par rapport à la manivelle motrice doit convenir à la fois pour la marche Al et la marche ,iv, en restant le même pour les deux cas ; il ne peut donc être que très voisin de zéro ou de 180». La barre MN de l'excentrique M, dont le pied N est assujetti à parcourir une certaine directrice N,N,, est une pièce robuste, sur laquelle s'articule, en un point £, la tète d'une bielle conduisant le tiroir. La direction de la tige du tiroir est perpendiculaire à la position moyenne de la barre M N.

Les deux sens de la marche et toutes les régulations intermédiaires correspondent aux diverses directions de la ligne N, Ns, dont les déplaments angulaires ont le même effet, que les mouvements do translation dans la coulisse Stephenson. Ces déplacements angulaires sont faciles à réaliser, parce que N,N, est Tare de cercle décrit par un balancier NQ,

Fig. 79.

dont on peut faire mouvoir le centre d'oscillation Q.On passe de la marche A/^ à la marche .f\y en transportant Taxe Q en Q' par une rotation de l'arbre de relevage C qui a son axe au point d'intersection des diverses positions de la directrice N, N, , N', N', , et dont la manivelle de relevage CQ peut occuper toutes les positions comprises sur la figure 79 entre C Q et C Q'.

56. — Application de l'épure circulaire à la mise en train Marshall. — La conception générale de l'appareil n'est pas moins simple, comme on voit, que celle de la coulisse Stephenson. Son fonctionnement peut,

comme celui de la coulisse, êlre expliqué à l'aide de l'épure circulaire ; mais> bien plus encore que pour la coulisse, l'explicalion n'est qu'un exposé de principe ; il ne saurait être question d'une épure circulaire propre à déterminer les éléments de la régulation.

Pour arriver toutd'abordàla conception des deux excentriques, remplaçons la directrice N, N„ par sa corde 2L, celle-ci, à son tour par sa projection verticale n,n, égale à 2 L tang. co, fig. 80. La seconde de ces deux

llJk^

Fig. 80.

substitutions revient à négliger le mouvement de translation horizontal de la bieUe MN, lequel n'a que peu d'influence sur le mouvement du tiroir, la bielle du tiroir étant très longue. Le mouvement vertical de la barre M N, seul considéré, se trouve ainsi assimilé à celui qui lui serait donné, fig. 81, par les excentriques OM=RetON=:L tang. «». Ces deux

Fig. 81.

excentriques sont calés à 90* l'un de l'autre, quelle que soit, fig. 80, l'orientation de la directrice N, N, ; le passage de l'un d'eux au point mort, dans le mouvement vertical, correspond en effet au passage de l'autre à mi-course.

L'épure circulaire fait voir comment Tangle de calage % dépend des

rayons des deux excentriques R, L tang. », et du rapport des deux bras de la barre M E, E N, de part et d'autre du point E.

Soit G M, l'excentrique de rayon R et de 180** d'angle de calage ; portons en 0 S la longueur L égale à la demi-corde de la directrice, traçons en S Tangle m, comme l'indique la figure 81, nous avons, en N, la position de Texcentrique de rayon L tang » et de direction perpendiculaire à OM. Joignons les deux points M N. D'après ce qui a été établi au n^ 81, si nous plaçons, sur la ligne, M N un point E qui la partage en deux parties proportionnelles aux longueurs des deux bras ME et NE de la barre, figure 80, l'excentrique fictif OE est, comme calage et comme course, l'excentrique donnant au liroir son mouvement. L'angle de calage a, est égal à P 0 E.

La manœuvre de l'appareil Marshall est facile à suivre sur Tépure circulaire ainsi tracée. La marche en .iV s'obtient en renversant le sens de l'angle o) par rapport à 0 S, elle est donnée par l'excentrique fictif 0 E*. Toutes les régulations intermédiaires, correspondant aux valeurs de <hi comprises dans les angles N 0 S et N' OS, sont données par des excentriques fictifs tels que 0 e joignant le centre 0 aux divers points de la corde E E' ; en effet, quand l'angle » est égal à 0 S w, par exemple, et que l'excentrique variable a pour rayon 0 w, le point e, qui doit diviser la ligne Un en deux parties proportionnelles aux deux bras constants de la barre, c'est-à-dire à M E, E N, tombe évidemment sur la ligne E E'. A mi-suspension, quand « est égal à zéro, et a égal à 180% le rayon.de l'excentrique fictif est égal 5 Os.

Fig. St.

Le cas du calage /S égal à 180"* ou environ, pour l'excentrique unique 0 M de l'arbre à vilebrequins, correspond à l'angle de calage a obtus, avec manivelle du tiroir en avant de la manivelle du piston; c'est, d'après

les figures 52 et 83, le cas de Tadmission de vapeur par les arêtes extérieures du tiroir. Avec le calage égal à zéro, pour l'excentrique unique, ou à Tangle a aigu, avec manivelle du piston en avant de la manivelle du tiroir, on réalise la régulation qui convient pour l'admission par les arêtes intérieures du tiroir. La figure 81 s'applique également bien aux deux cas, en y donnant au point P la position qui lui convient.

Nous avons supposé que le point E tombait, sur la barre MN, entre les deux points guidés par les excentriques. Suivant une autre disposition, la bielle MN se prolonge au contraire au delà du point N, et porte à son extrémité le bouton de conduite du tiroir. Dans ce cas, l'épure circulaire présente la disposition de la figure 82. L'angle de calage obtus a et l'admission par les arêtes extérieures correspondent au calage |3 nul de l'excentrique 0 M par rapport à 0 P ; Tangle de calage aigu a, correspond au calage j3 de 180** entre 0 M et OP.

En résumé, l'épure circulaire assimile approximativement la barre de Marshall à une coulisse Stephenson conduite par les deux excentriques 0 E, 0 E'.

57. — Avantages ei inconvénients de la barre Marshall, Coulisse de Hackmorih et parallélogramme articulé de M. Gamier. — L'assimilation donnée par l'épure de régulation, entre l'appareil de Marshall et celui de Stephenson, est trop grossière pour qu'il soit permis d'en conclure à leur équivalence au point de vue de la régulation du tiroir. L'épure sinusoïdale, étudiée au n'^BS, permet seule des comparaisons assez exactes pour juger de la valeur des deux appareils; cette épure présente, dans le cas de la barre Marshall, la particularité que toutes les courbes, représentant le mouvement du tiroir pour les diverses régulations, se coupent en un même point, qui correspond à la position du tiroir au moment où la barre passe par le point C de la figure 79. Les partisans de la barre Marshall lui attribuent la propriété de permettre des détentes un peu plus prolongées en donnant des régulations moins vicieuses, surtout comme avance. Aux introductions voisines de 0,3, ravantage, sMl existe, est peu appréciable ; il consiste surtout dans la possibilité de choisir, comme position des tiroirs commune à toutes les régulations, celle qui correspond aux passages du piston aux points morts, de sorte que la hauteur d'orifice ouverte en vertu de l'avance est invariable. D'un autre côté, le mouvement du tiroir, avec la barre Marshall, est très sensiblement dissymétrique aux deux extrémités de la course, parce que la directrice courbe N, N„ fig. 79, fait avec la ligne 0 C un angle variable, supérieur à » en N,, inférieur à w en N, ; cet inconvénient est sans gravité au point de vue de la régulation, la valeur de Taccélération du

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tiroir n'ayant d'importance qu'au moment de l'admission et de l'évacuation.

La préférence donnée à la coulisse ou à la barre dépend surtout de la disposition générale qui convient le mieux pour la machine. La barre Marshall se prête plus naturellement à conduire les tiroirs placés latéralement au cylindre, figure 79 ; la coulisse Slephenson est plus simple à installer, quand les tiroirs sont dans le plan diamétral de la machine. Quant au choix à faire pour la position des tiroirs, soit dans Taxe, soit sur le côté, il dépend de considérations très variées sur l'encombrement, la simplicité du tuyautage, la commodité des visites et des démontages, etc.

Pendant très longtemps, les machines verticales à tiroirs latéraux, surtout les machines horizontales à tiroirs au-dessus des cylindres, ont présenté un encombrement beaucoup moindre, dans le sens longitudinalf que les machines à tiroirs placés dans le plan de l'arbre. Cet avantage important tend à disparaître aujourd'hui, avec remploi des hautes pressions, qui fait diminuer le diamètre des cylindres, joint à l'adoption des grandes vitesses de rotation, qui oblige à allonger les paliers. Quand on donne aux paliers la longueur qui leur convient, il reste entre les cylindres des vides presque suffisants pour le logement des tiroirs.

Mous ne parlerons pas des difficultés de manœuvre, qui ne présentent rien de sérieux, pour Time ni l'autre des deux mises en train. L'appareil Marshall, avec son excentrique unique, renferme moins de pièces, mais les pièces sont plus lourdes ; son principal avantage est de n*avoir que des articulations, tandis qu'avec la coulisse Stephenson, il faut faire courir la coulisse sur la rotule, qui porte en général le poids de tout le tiroir. Une particularité de la barre de 'Marshall, très remarquable au point de vue géométrique tout au moins, consiste dans la possibilité de renverser la marche en laissant le tiroir parfaitement immobile, dans le cas particulier où la machine est arrêtée avec l'extrémité N de la barre à mi-course au point C; cette immobilité du tiroir ne 88 réalise pas dans les autres positions de la barre.

La mise en train Marshall perd, du côté de la fatigue des pièces en marche courante, ce qu'elle peut gagner en facilité pour la manœuvre. 11 y a eu dans les premiers temps, et récemment même sur le CoetlO' goUy des déformations et des ruptures, qui ont obligé à renforcer les premiers échantillons ; toutefois on est arrivé, aujourd'hui, à une sécurité aussi grande qu'avec la coulisse. La fatigue provient de plusieurs causes. D'abord, la barre M N travaille par flexion et son porte-à-faux est considérable, surtout quand on fait tomber le point Ë en dehors de MN, %• 82, pour admettre par les arêtes es^térieures avec un angle p égal à

zéro. De plus la forme 1res aiguë de la courbe décrite dans l'espace par le point E conduit, pour le tiroir à haut de course, à des accélérations angulaires excessives qui augmentent la charge de toutes les pièces.

Le frottement donné par certains modèles de tiroir, et les forces d'inertie dans tous les cas, exigent des écliantîllons robustes pour tous les appareils de conduite. Cette remarque s'applique également au balancier Joy, qui a donné lieu, sur le Tage, à des difficultés provenant de la flexion des pièces.

L'avantage que l'on trouve, sous le rapport de la fatigue, sinon sous celui de la régulation, à rétablir la symétrie dans le mouvement du tiroir aux deux extrémités de course, a conduit à quelques modiScatlons de la mise en train Uarshall.

On peut obtenir la symétrie cherchée, en faisant décrire, à l'extrémité N de la barre, une ligne droite au lieu d'un arc de cercle . A cet effet, on remplace le levier de suspension C Q oscillant autour du point C

par une coulisse recliligne commandée directement par l'arbre de relevage C, qui lui fait prendre toutes les positions angulaires comprises entre N, N, et N', N'„ fig. 19. Cette disposition, due à M. Hackworth, se rencontre, dans la Marine française à bord du Ckamer et du Latovche- Iréville. L'inconvénient est de rétablir, en l'amplifiant, le frottement dans une coulisse, que l'appareil Marshall a pour but de supprimer, et d'exposer à une usure de pièces assez rapide.

Dans la machine du Tréfiouart, M. Garnier a introduit une solution beaucoup plus élégante, inspirée par l'ancien parallélogramme des machines à balancier de Watt. L'extrémité N de la barre, flg. 8S, est articulée au milieu d'un balancier QR, dont les deux extrémités décrivent des arcs de cercle, de rayons égaux R U et Q V, et de courbure inverse ; par suite, ce point N décrit une ligne très sensiblement droite.

Le renversement de marche s'opère en déplaçant les deux centres d'oscillation U et V, qui sont fixés aux deux extrémités d'un levier oscillant, comme la coulisse Hackworth, sur l'arbre de relevage C. La

figure 85 donne la courbe décrite par le point E, qui présente une symétrie convenable entre ses deux sommets.

La disposition du TréAotui W mérilerait d'être appliquée d'une manière générale à la barre de Marshall.

68. — Balancier de M. Joy, — La mise en train Marshall ne comportant remploi que d'un seul excentrique, dont le calage p est nul (à la condition d'adopter l'admission par les arêtes intérieures du tiroir), il est clair que la manivelle du grand piston elle-même, qui répond exactement à cette condition de calage, peut servir d'excentrique • De là une simplification possible, qui est réalisée dans la mise en train Joy (fig. 86).

Fig. 86.

Le mouvement moteur est pris, non sur la manivelle, mais sur la bielle, en un certain point B, de telle sorte que son amplitude est beau* coup plus grande en hauteur qu'en largeur. D'après ce qui a été dit du mouvement des deux excentriques fictifs de Marshall, il semblerait que le mouvement en hauteur est seul nécessaire ; en réalité, il faut assurer à l'orbite un diamètre horizontal assez grand, afin d'éviter les arcboutemenls et les broutemepts dans Tarticulalion à bout de course. De

plus, il faul réduire beaucoup Tamplilude du mouvement en hauteur de la bielle. On obtient ce double résultat en suspendant au point B un balancier intermédiaire B6, dont l'autre extrémité G décrit un arc hori- I

zontal. Sur ce balancier on choisit le point M, suffisamment rapproché de G pour que son orbite ait le diamètre horizontal voulu. Le mouvement du point M représente exactement celui du bouton d'excentrique de la barre Marshall. Le reste du mécanisme est identique à celui de Marshall ; l'épure circulaire rend compte, de la même manière, du renversement de marche et des régulations intermédiaires, en donnant à , OM, sur la figure 81, la valeur du demi-diamètre vertical de lorbite décrite par le point M.

La figure 86 représente le canevas géométrique de la mise en train du Tage^ complété par celui de la commande de l'arbre de relevage.

La mise en train Joy convient aux tiroirs placés en côté, de même que la mise en train Marshall ; elle ne présente d'avantage sur cette dernière, ni comme simplicité, ni comme légèreté, ni même comme sécurité de marche, bien que les excentriques soient des pièces dont on aime à se débarrasser, en général, à cause des dangers d'échaufTement.

La mise en train Joy n'a été appliquée en France que sur le Tage\ il serait peut-être excessif d'accuser le système lui-même des avaries qui se sont produites sur ce navire. La régulation obtenue était convenable, avec une période d'admission de 0,30, comme avec le système Marshall

De nombreuses applications de la mise en train Joy ont été faites en Angleterre, sur les locomotives; elles paraissent avoir donné toute satisfaction.

§ 3. — Représentation, dans l'épure oiroulaire, des mou-^ vements de deux excentriques indépendants.

59. — Emploi des appareils de délente variable dans les machines marines. — Les appareils de détente variable n^ont jamais joui d'une grande faveur dans la marine. Au temps des machines à simple détente, auxquelles la crainte irraisonnée de la compression faisait donner des introductions fixes de 0,7 environ, il semble que les plus simples notions d'économie de vapeur eussent exigé la diminution de l'introduction aux allures réduites. Au fond, les avantages de la détente restaient noyés dans l'eflet des causes permanentes de déperdition de vapeur dues aux espaces morts, à l'isolement insuffisant, aux fuites

des pistons et des tiroirs en D, au refroidissement au condenseur, etc. La recherche de la simplicité et le souci d'avoir un appareil de détente à déclancher avant toute manœuvre aidant, on se contentait souvent d'étrangler la vapeur avec le registre, pour marcher avec la moitié ou le quart des feux.

Actuellement les principaux avantages de la détente sont obtenus d'une manière efficace par remploi de la détente multiple, le rapport du volume des cylindres B P aux cylindres HP atteignant couramment des valeurs égales à six, el dépassant même sept. De plus, on réduit sans hésiter Fintroduction à 0,8 dans le cylindre H P à Taide de l'appareil de mise en train, ce qui porte à 20 et plus, le rapport ^ exprimant le volume final de vapeur V^, page 56. Dans ces conditions, la détente par un appareil spécial ne paierait plus sa complication ; aussi la dernière application en remonte à la machine du Hoche, dont la mise en train ne permet pas de faire varier Tadmission.

Quoiqu'il en soit, l'abandon des admissions inférieures à 0,30 et 0,25 n'étant pas absolument définitif, il convient, sinon de décrire les mécanismes qui les donnent, du moins d'indiquer sommairement le principe de leur fonctionnement. Cet exposé complète utilement l'étude des propriétés géométriques de Tépure circulaire et de ses applications possibles.

Au point de vue du principe, il y a lieu de distinguer deux sortes de tiroirs de détente, ceux qui travaillent sur une glace fixe et ceux qui travaillent sur le dos du tiroir de distribution. La première disposition est plus simple ; la seconde, un peu plus compliquée comme étude géométrique, a, sous le rapport du fonctionnement, Tavantage de réduire presque à rien les espaces morts particuliers à la détente. Les mécanismes de conduite et de manœuvre sont les mêmes dans les deux cas.

Le tiroir de délente n'a qu'une seule (onction à remplir, celle d'ouvrir l'introduction à deux reprises, pendant une révolution complète de la machine, et cela symétriquement, pour deux positions écartées de 180° dans la révolution de son propre excentrique. Par suite, l'introduction peut se faire, soit à l'extrémité de course, comme pour le tiroir de distribution, soit à mi-course. L'admission faite à mi-course, au moment où le tiroir a sa vitesse de translation maximum, a l'avantage d'une plus grande rapidité d'ouverture et de fermeture, donnant lieu à un moindre laminage de la vapeur. Les deux modes d'admission, soit aux points morts, soit à mi-course, s'obtiennent avec des excentriques dont les calages diffèrent de 90"".

Afin de réduire la course, le tiroir de détente et la glace sur laquelle

il glisse sont généralemeDt percés de plusieurs orifices ; lousles orifices ouvrent ou ferment ensemble ; il suffit donc d'étudier ce qui se passe pour un seul d'entre eux. La distinction entre l'admission par les arêtes extérieures et les arêtes intérieures n'a aucun intérêt ; pour un même appareil de détente et une même position du tiroir à mi-course, on a exactement la même régulation avec Tangle de calage a et Tangle de calage 180*^— a .

60. — Tiroir de détente travaillant sur une glace fixe. — Cas de Vouverture à fin de course. — Le cas le plus simple, pour l'élude géométrique, est celui où le tiroir de détente travaille sur une glace fixe, dans une boite qui lui est particulière. Nous supposerons d*abord que l'admission se fait aux points morts. Soit /3 l'angle de calage du tiroir de détente, que nous supposerons obtuB, de même que a, sur la figure 87 ; Tangle de la manivelle de détente avec la manivelle du tiroir est j3 — a Pour avoir sur l'épure circulaire, les positions du tiroir de détente correspondant aux diverses phases de la régulation, il suffit de tracer un diamètre D^Da faisant avec la verticale Tangle j3 — a, mais en sens inverse de la différence des calages /3 et a, et de projeter, sur ce diamètre,

le point mobile qui représente le mouvement de la manivelle du tiroir sur la circonférence de Tépuro; il suffit, à ce sujet, de se reporter à la figure 55 et à ce qui est dit au sujet de la re- * présentation du mouvement du piston à vapeur.

Fig. 87. fig. 88.

Considérons maintenant le tiroir dans sa position moyenne; prenons les deux recouvrements p et p\ généralement égaux, dont le tiroir doit se déplacer dans un sens ou dans l'autre pour ouvrir à la vapeur; puis,

revenant à la figure 87, traçons un diamètre perpendiculaire à D<.DAet de part et d'autre de ce diamètre, deux cordes qui en sont écartées de P et de p\ et qui coupent la circonférence en E F, ET'. Le passage du point mobile en EetE' marque Touverlure à la vapeur qui précède l'admission par le tiroir principal, et ne change rien à la régulation de la machine; son passage en F et F' marque la fermeture à la vapeur, qui précède la fermeture au point N par le tiroir de distribution, et qui fait commencer la détente dans le cylindre.

Ainsi la période d'admission, comptée en degrés de la circonférence, se trouve limitée à l'arc PaF, et, en fraction de course de piston, à Pa /". Si d'un point X de l'arc Pa F on abaisse deux perpendiculaires sur M N et sur E F, la plus courte des deux Xx représente l'ouverture à la vapeur, en supposant les sections, représentées à la même échelle sur la figure, pour la distribution et la détente, et les lumières du cylindre et de la

glace de détente assez larges pour ne pas découvrir entièrement. La courbe tracée au bas de la figure représente ces sections portées sur des

ordonnées perpendiculaires à E F, avec les largeurs de lumières et les

recouvrements indiqués sur la figure.

Il est à noter que les lumières de détente sont largement ouvertes au début de l'admission par le tiroir de distribution ; c'est seulement à la fin de l'admission par le tiroir de détente que se produit le laminage de la vapeur.

La figure 87 fait voir immédiatement quels sont les moyens de diminuer l'admission. Il suffit de diminuer la course du tiroir de détente, ce qui revient, sur les figures 87,88, à augmenter les deux recouvre-

Fig. 89.

ments p et p\ On peut aussi accroître l'angle p, ou, en d'autres termes, appelant toujours angle de calage l'angle aigu qui est ici 180** — /?, diminuer l'angle de calage. La manivelle de détente pourrait même passer de

Tautre côté de la manivelle du pislon, ûg. 89, ce qui donnerait, sur la figure 87, /3 > 180.

Quand on incline beaucoup la ligne 0 Da, en relevant d'autant F et E', il faut veiller à ce que le point E' ne vienne pas tomber au-dessus de N. Dans ce cas, en effet, l'admission après avoir élc interrompue en F, recommencerait en £*, puisqu'on ce point le tiroir de régulation donne encore l'ouverture à la vapeur. Il y a eu des exemples à cette faute de régulation, qui s'est immùviiatement révélée par la forme bizarre du diagramme représenté figure 90.

Fig. 90.

61. — Cas de Couverture à mi-course. — Si maintenant nous supposons le tiroir de détente disposé pour ouvrir à mi-course, le diamètre

Da D^ représentant le calage de son excentrique fait, comme nous avons dit, un

A^l ^ÏL^^P^^J^ ^ "V ' "N\ angle de 90**, avec la position

' j qu'il occupe (fig.87); en même

temps les lignes EE, E'F' qui marquent les ouvertures etles

Fig. 91. Fig. 92.

fermetures d'admission tournent également de 90<»j et Ton a ainsi la

figure 91 •

On remarquera, fig. 92, la forme particulière prise dans ce cas parles recouvrements à la détente, qui sont des vides, et non des lèvres de la face glissante du tiroir de détente; ce sont en somme des recouvrements négatifs. L'ouverture à la vapeur a lieu dès que Tarète d'admission }Jl est k h + p en avant de la position moyenne M„ et la fermeture quand TarèteNestà h-^-p* au delà delà position moyenne N^.

Les sections successives du passage de vapeur ont été représentées sur la figure 91, comme sur la figure 87.

62. — Tiroir de détente appliqué sur le dos du tiroir de distribution. — Considérons maintenant le tiroir de détente appliqué sur le dos du tiroir de distribution. Dans ce cas, l'admission se fait nécessairement parles arêtes extérieures m et m\ du tiroir de distribution; ce tiroir est prolongé à ses deux extrémités par des cloisons, constituant à l'extérieur deux conduits que le tiroir de détente doit ouvrir et fermer alternativement à la vapeur. Ces cloisons doivent se prolonger par des surfaces frottantes assez longues, pour qu'on n*ait jamais d'admission parles nouvelles arêtes extérieures ZfZ\ et qu'on ne puisse réaliser ainsi la faute de régulation indiquée sur le diagramme de la figure 90.

J?ig. 93. J'ig- 94.

Les phases de la détente variable sont exactement réglées par le mouvement relatif des deux arêtes d'admission p et ^ des deux orifices.

Soient OD etOT, fig.94,Iesdeuïe2centriquesquicoiKiuisentles tiroirs; supposons les bielles infinies, ce qui, du même coup, les rend égales. Le mouvement relatif des deux points P, E, est donné par les changements de valeur de td, projection de TD. L'ouverture et la fermeture des lumières d'admission a, et A, se font donc exactement comme si les arêtes q,q' du tiroir étaient fixes, et si les arêtes pp' de la délente étaient conduites par l'excentrique 0, égal et parallèle à chaque instant à la corde TD. On a ainsi, très simplement, par l'introduction de l'excentrique flclH OR, l'application des épures circulaires 87 et 91 au cas dont nous nous occupons.

Pour déterminer les conditions initiales dans le mouvement relatif, la longueur de tige et de hielle de l'excentrique D et les deux recouvrements à la détente, il suffit de dessiner le tiroir de distribution, dans la position qui correspond au passage de son excentrique en T,, quand l'excentrique fictif est en ' R, à sa position moyenne. Sur le dos du tiroir ainsi placé, fig-9K, on trace le tiroir de détente à sa position relative moyenne, et on relève ensuite les recouvrements p et />' et les éléments de la construction et de la régulation, la position OD, de l'excentrique OD étant connue.

Si l'on était curieux, au point de vue géométrique, de connaître les positions absolues successives de la ligne PQ, il suffirait de combiner le mouvement relatif des deux points P et Q avec le mouvement absolu de leur point milieu, qui est donné par l'excentrique fictif joignant le centre 0, au milieu de la ligne TD. Celte élude serait sans intérêt pour la régulation.

Sur les figures 93 et 9S, nous avons supposé que le tiroir de délente admettait à ses points morts. 11 pourrait également admettre à mi-course, en ce cas, chacune des deux plaques frottantes qui te composent serait percée d'une lumière ayanl la largeur h +p -i-p", comme dans le cas du tiroir de détente travaillant sur une glace fixe.

63 — Détente Meyer. — Quand on prend la peine d'établir des tiroirs de détente spéciaux, c'est toujours en vue de pouvoir faire varier à volonté l'introduction dans des limites étendues.

Le moyen le plus simple de modifier la délente consiste à faire varier simultanément les deux recouvrements p et p\ en composant le tiroir de

deux plaques indépendantes, et en les montant sur une tige présentant deux filetages de sens inverse, que l'on peut faire tourner à volonté. Telle est la disposition du tiroir de détente Meyer, dont la figure 96 représente l'application à la machine du Hoche. Le Hoche est le dernier bàliment de la Marine française qui ait reçu des tiroirs de détente.

Fig.96.

Diverses dispositions ont été appliquées autrefois, pour faire varier la détente en modi&anl la course du tiroir de détente : aucune n'est plus en service, du moins sur les navires de guerre.

§ S. — Inexactitude de l'épure circulaire

et corrections possibles.

Courbes de régulation exactes-

64. — Bffel de l'obliquité de la bielle. — Correction sur Cépure ordinaire. — Lorsque le tiroir est bien réellement conduit par un excentrique ou une manivelle, la seule cause d'erreur dans les données founiies par l'épure circulaire consiste dans l'obliquité des bielles. Cette épure assimile en effet le mouvement du piston et du tiroir à celui de la projection, sur la direction de leur tige, du centre du boulon de la manivelle qui les conduit ; elle suppose ainsi que les bielles sont de longueur infinie, par rapport aux manivelles. Celte hypo-

thèse, acceptable en général pour le mouvement du tiroir, ne Test

pas pour celui du piston, dont la manivelle a de trois à six fois la longueur de la manivelle du tiroir.

Soient: rie rayon de la manivelle égal à — ,

b la longueur de la bielle BD, |9 Tobliquilé de la bielle correspondant à rinclinaison f de la manivelle sur la verticale.

La distance y du pied de bielle D à son point mort inférieur se compose de deux parties : 1® La distance z parcourue par la projection de B à partir du point mort, à laquelle nous attribuons le signe — parce qu'elle est comptée de bas en haut;

(10) r = r — rco9«p = '^ri — cosçj

S^ La diminution de valeur de la projection de la bielle

« = 5 — ô ces ^,

qui se retranche de z, et , qui est négUgée rig. 97. dans Tépure circulaire.

La valeur de e est facile à calculer, en vertu de la relation.

qui donne (18)

sin /3 r ^

sia 9 ô "~ w '

= ^ (l--l/l-jî8in*?j = 2 (»« - v/m« - Bin" 9)

Le maximum de e, atteint pour (p^zrdO'', est

■^-['V-œl-O-vZ-à)-

En supposant la longueur de la bielle égale à trois fois et demie celle de la manivelle, ce qui est le minimum dans les machines marines, nous trouvons,

La figure 98 représente le mouvement de translation du piston, les valeurs de <p étant prises pour abscisses, dans les deux hypothèses de la bielle infinie et de la bielle égale à 3,5 r. L'écart e est, comme on voit assez notable ; sa valeur a été portée en ordonnée de part et d'autre de la ligne médiane de mi-course.

Fig. 98.

La correction à apporter à Tépure circulaire pour tenir compte de Tobliquité de la bielle se fait graphiquement ; elle est très simple et a été usitée, dès les premières applications de cette épure. On projette le point mobile sur le diamètre PûPa, non par des droites perpendiculaires,

Fig. 99.

mais par des arcs de cercle de rayon 6 à l'échelle de la figure 99, ayant leur centre sur le diamètre P^Pa, du côté de P^. La figure 99 montre en effet qu'au moment du passage successif de la manivelle en M^jM^M,, etc.,

le pied de bielle et le piston se sont élevés au-dessus du point mort inférieur Da de longueurs égales à Pa m«, Pa m„ etc.

Pour projeter le point M sur Pa P« par un arc de cercle au lieu d'une droite, il suffit d'employer une équerre de forme appropriée à cette opération.

65. — Épures de Zeuner. — M. Zeuner détermine exactement la position du piston correspondant à chaque valeur de l'angle 9, d'après le théorème suivant :

Soient OT le rayon r de la manivelle, et TD la longueur b de la bielle ; nous portons les deux longueurs bout à bout sur une verticale, comme l'indique la figure 100. Du point 0 comme centre, nous décrivons deux

Fig. 100.

circonférences, ayant pour rayons r et r-f-ô et, du point Ta comme centre, une troisième circonférence avec b pour rayon. Soit maintenant OX^ une position quelconque de la manivelle; prolongeons le rayon 0X„ qui coupe les deux circonférences extérieures en W^ etZ<, et traçons la position de la bielle X^D^ correspondant à la position de la manivelle considérée. Les deux triangles OTZ^ et OX, D. sont égaux comme ayant un angle commun et deux côtés égaux, les angles compris entre les côtés égaux étant en même temps aigus ou obtus . Nous avons donc

OD, = OZ, DDt = W,Z,.

Ainsi, quand la manivelle passe par les positions successives X„X„X,, etc., les espaces parcourus par le piston, à partir du point mort bas, sont W,Z^, W,Z„ etc.

On pourrait arriver immédiatement à la conclusion précédente, en

imprimant à toule la machine un mouvement de rotation fictif autour du point 0 de manière à rendre la manivelle immobile en OT; la bielle aurait alors un mouvement relatif autour du point Pa, dans lequel le point D décrirait la circonférence Z,Z,Z,.

Celte détermination du mouvement du piston pourrait servir à corriger répure circulaire de Reech, et elle conduirait à une figure un peu différente de la figure 99. M. Zeuner a donné à Tépure une autre forme que celle à laquelle nous sommes accoutumés, en s'appuyant sur un second théorème analogue au premier.

Considérons la circonférence décrite par la manivelle du tiroir, et, sur le rayon OT ; décrivons une seconde circonférence. Soit X une position quelconque du bouton de manivelle; le rayon OX coupe la petite circonférence au point Y, joignons TY. Projetons de plus le point X sur OT en x ; Ta? est le chemin parcouru par le tiroir à partir du point mort, la longueur de la bielle étant ici supposée infinie. Les deux triangles Oa?X et OYT sont égaux, ce qui donne

Ta: = XY.

Avec deux circonférences décrites sur les deux moitiés du diamètre vertical, on peut suivre le mouvement pendant la totalité de la double course.

Si maintenant, du point 0 comme centre, nous décrivons des circonférences avec les quatre recouvrements, positifs ou négatifs, comme rayons, elles couperont les deux petits cercles en des points qui déterminent toutes les positions de la manivelle correspondant aux phases de la régulation : en M ouverture de Tadmission AV, en N fin de l'admission AV, etc. La figure a été tracée, comme la figure 59, en supposant que l'un des recouvrements à l'évacuation est négatif.

Ed traçant ensuite un diamètre faisant avec Ta Ta Tangle de calage a, et en projetant les points X^X^sur ce diamètre, nous avons les positions du piston correspondant aux diverses positions du tiroir, et par suite les différentes phases de la régulation.

Fig. 102.

Si maintenant nous combinons les deux figures 100 et 1 02 nous obtenons la figure 103, dans laquelle, au lieu de projeter les points X sur Pa Pa, nous avons porté, à partir de Da les longueurs Da D„ Da l\, etc., égales àW,Z,, W,Z,. Cette figure représente Tépurede Zeuner, avec correction de Tobliquité des bielles .

Il est assez difficile de distinguer les avantages pratiques de l'épure représentée figure 102 sur Tépure circulaire ordinaire; la complication est plus grande et le voisinage des deux points à joindre ensemble doit rendre incertaine la détermination des phases relatives à l'évacuation. Toutefois, la juste notoriété qui s'attache au nom de M. Zeuner a fait adopter son épure dans diverses contrées.

Fig. 103.

66. — Imperfection de Vépure circulaire appliquée aux excentriques fictifs. — Dans l'épure circulaire appliquée à la conduite du tiroir par un excentrique simple et réel, l'imperfection porte uniquement sur la manière dont le mouvement du piston à vapeur est représenté. Le cas du tiroir conduit par un excentrique soumis à l'influence d'un second excentrique, et surtout celui du tiroir conduit par un excentrique fictif sont tout différents. Ici, la représentation du mouvement du tiroir luimême devient inexacte dans l'épure circulaire, et la correction de l'épure est très difficile ou même impossible.

Nous laisserons d*abord de côté le cas des excentriques fictifs, qui ont été imaginés pour faciliter l'intelligence des appareils, non pour permettre de tracer l'épure de leur fonctionnement, et pour lesquels l'inexactitude de cette épure est par suite bien prévue. Nous considérerons la coulisse Stephenson, que nous avons supposée réalisant la conduite, par des excentriques réels, aux calages +« ©t — a, et par des excentriques fictifs, aux calages intermédiaires entre + a et — oc.

Considérons une coulisse à bielles ouvertes, disposée comme sur la figure 66, en supposant la bielle de suspension à l'extrémité de course et le tiroir T conduit par le point M; supposons que Tarbre 0 de la machine fasse un toiir complet. La coulisse prendra successivement les diverses positions représentées sur la figure 104, et chacun de ses points décrira une orbite de forme compliquée, le point S où s*attache le pied de la bielle de relevage décrivant seul un arc de cercle qui peut être assimilé à une ligne droite.

Fig. 104.

En faisant le même tracé pour une coulisse à bielles croisées, nous obtenons la figure 105, sur laquelle les orbites des différents points sont des courbes s'ouvrant de plus en plus dans le sens du petit axe, à mesure

Fig. 105.

qu'on s'éloigne davantage du point de suspension de la bielle Q S et

qu*on se rapproche, par conséquent de la conduite directe du tiroir par Tun des deux excentriques réels OA et OR.

Il résulte de là que la tète de la tige du tiroir, assujettie à se mouvoir en ligne droite, est conduite par un point de la coulisse qui change sans cesse. Traçons à grande échelle, figure 106, Torbite du point M. Lorsque le point M est en M„ la lige du tiroir est conduite, non par le point M, mais par un point D, de la coulisse situé à droite deM ; à ce moment, d'après ce que nous avons vu au n® 48, figure 61 , l'angle de calage prévu a« a son sinus diminué de la quantité

(8 bis) ^^ sin «,

Fig. 106.

/ étant la moitié de la longueurMN de la coulisse, c'est-à-dire la distance du point M au point d'attache S de la bielle de suspension, ce point étant supposé à mi-longueur de la coulisse. .

Il est possible d'annuler M,D, pour la marche en avant, en fixant le pied S de la bielle de relevage au point M de la coulisse correspondant à cette marche, comme sur la figure 75; la variation d'angle de calage est alors à peu près doublée pour la marche en arrière.

Les valeurs de M,D, sont toujours assez faibles en pratique, et leur influence sur la régulation peu importante. Il est à noter toutefois que, même aux points extrêmes M et N de la coulisse, avec la suspension habituelle à mi-longueur, le tiroir est conduit par un excentrique fictif. De plus, le calage de cet excentrique fictif est légèrement variable pendant la marche. A la position de stoppage seulement, M,D. est nul ; mais alors interviennent toutes les causes d'erreur négligées au n° 51, qui doivent rendre très fictif l'excentrique au mouvement duquel le déplacement du tiroir est assimilé. Il est évident que l'épure circulaire ne peut pas, dans ces conditions, donner, en valeur absolue, les éléments de la régulation ; elle ne peut pas être utilisée, en particulier, pour le

Iracé et rexécution des pièces, même après correction de l'obliquilé de la bielle du piston à vapeur; elle peut seulement servir à comparer entre elles les régulations de machines analogues, comme il a été dit au n® 46. En général, il faut recourir à d'autres méthodes pour obtenir, d'une manière continue, le mouvement relatif du tiroir et dû piston.

Le tracé des positions successives de la coulisse, fig. 104-105, quand on le possède, permet d'obtenir exactement la régulation, à la condition de déterminer la position du piston correspondant à chacune des positions de la coulisse. En traçant diverses positions relatives de la direction de l'axe de la tige du tiroir par rapport à la coulisse, comme sur la figure 106, on a même les régulations correspondant à diverses valeurs de «, puisque les déformations des figures 104-105, quand la directrice se déplace sont négligeables: On peut seulement craindre des confusions de points dues à la complication de la figure ; pour les éviter, on avait autrefois, à Indret, Thabitude de supposer fixes les deux manivelles d'excentriques OA et OR et de faire tourner autour d'elles l'ensemble des deux barres, de la coulisse MN et du tiroir; toutes les positions de la coulisse étaient ainsi dégagées les unes des autres. Cette figure, qui est donnée dans le traité de M. de Fréminville, atteignait des dimensions peu commodes qui l'ont fait abandonner. Actuellement, on se contente des figures 104-105. Pour étudier le mouvement relatif des diflférentes pièces, et particulièrement celui du tiroir, dans toutes les positions de l'arbre de relevage, on s'est pendant longtemps servi très souvent des gabarits des pièces en vraie grandeur ; on les assemblait et on les faisait mouvoir comme dans la machine véritable; on déterminait ainsi, après tâtonnements, la régulation définitive à adopter, par un procédé analogue à celui qui sert à relever exactement la régulation sur la machine construite et qui sera décrite au n^69. On se contente habituellement aujourd'hui d'une simple étude géométrique à l'aide d'épurés à l'échelle du dixième ou du cinquième.

Ce qui vient d'être dit de la coulisse s'applique, a fortiori, à la barre Marshall et au balancier Joy. L'épure circulaire est tout à fait inapplicable à ces appareils, même comme première approximation. On trace une épure du mouvement de la tète de bielle conduisant le tiroir, dont la projection représente suffisamment celui du tiroir réel. Quand la régulation ainsi obtenue semble satisfaisante, on construit les pièces, en se réservant le moyen de les modifier après coup. Plus tard, on corrige, à l'aide du mouvement relevé sur place, les premiers résultats de l'épure. On modifie ensuite les pièces jusqu'à ce qu'on ait exactement la régulation cherchée, ainsi que nous le verrons au n° 69.

Les épures que nous allons maintenant considérer, la courbe en œuf

et répure sinusoïdale, font connaître la régulation exacte, sans aucune correction, pour la coulisse Stephenson, les barres Marshall, Joy, et tout autre appareil à excentriques conjugués ou à excentrique fictif, aussi bien que pour les tiroirs directement conduits par un excentrique réel.

67. — Épure en œuf de Reech et Fauveau. — Quand on possède le relevé exact des positions du tiroir et des positions correspondantes du

Fig. i07.

piston, on peut représenter par une courbe continue la loi qui les rattache

les unes aux autres; on forme ainsi une yéritable épure de régulation, tenant compte du mouvement réel de tous les organes et de Tobliquité de toutes les bielles. La plus ancienne et la plus simple de ces courbes est l'épure en œuf de Reech et Fauveau, qui se trace de la manière suivante.

Sur l'axe des abscisses, à partir de Torigine P^ on porte les espaces parcourus par le piston a partir de son point mort, et en chaque point on prend pour ordonnée la distance du tiroir à son point mort au même instant De part et d'autre de Thorizontale médiane, que la courbe obtenue coupe quand le tiroir est à mi-course, on porte les recouvrements à l'admission et à l'évacuation. L*épure se lit exactement comme l'épure circulaire, mais en projetant les points sur Taxe des abscisses pour rapporter les phases de la régulation au mouvement du piston. Il y a admission AV, avance comprise, de M en N, détente de N en Q, évacuation, avance comprise, de Q en R et compression de R en M.

S'il y avait un tiroir de détente variable, on indiquerait son fonctionnement par une seconde courbe, tracée, sur la même figure, comme la courbe du tiroir de distribution.

L'épure en œuf n'est plus employée aujourd'hui. On lui a reproché de ne pas montrer les positions de la manivelle du piston et de ne pouvoir donner les valeurs des phases de la régulation exprimées en angles du mouvement de rotation de la machine.

Pour faire intervenir les angles, au moins approximativement et sans tenir compte de l'obliquité de la bielle, il serait facile de tracer le mouvement de rotation de la manivelle au-dessous de l'axe des abscisses, comme on a fait en pointillé sur la figure 107, en partant des positions du piston sur l'axe des abscisses. On déduirait ainsi, d'une figure exacte quant aux chemins parcourus, des indications sur les arcs correspondants .

68. — Epure sinusoïdale de MoU et Moniéty, — Cette épure, qui remonte a la construction delà première machine du Napoléon par M. MoU et dont l'usage est universel, se trace en prenant pour abscisses les arcs décrits par la manivelle du piston. En chaque point, on porte en ordonnées la hauteur où se trouvent à l'instant correspondant, et par rapport à leur position moyenne représentée par une parallèle à l'axe des abscisses, tous les organes mobiles dont on étudie le mouvement rotatif, piston à vapeur, tiroir de distribution, et tiroir de détente, s'il en existe. On obtient ainsi autant de courbes de forme sinusoïdale qu'il y a d'organes en mouvement ; il ne reste, pour compléter l'épure, qu'à porter les hauteurs des divers recouvrements de part et

d'autre de la ligne médiane, que coupe à mi-course chaque tiroir de distribution ou de détente.

Les deux figures 108 et 109 correspondant à deux régulations, la pre-

mière avec admission par les arêtes extérieures, la seconde avec admission par les arêtes intérieures.

CA

Sur ces figures, on lit immédiatement toutes les phases de la régula-

is

tion mesurées, soit en angles, par les abscisses, soit en fractions de course, par les ordonnées de la courbe du piston, en marchant de gau-

. çu:--J^^'^'W'f^^W^ - -^ m- - - -^

che à droite pour la marche en avant, et de droite à gauche pour la marche en arrière.

Nous trouvons ainsi, sur la figure 110 :

De M à Pa .

DePààN .

De N à Q .

De Q à Pa .

De Pa à R •

De R à M .

en degrés • . .

en fraction de course

en degrés • . .

en fraction de conrse

\ en degrés . • .

\ en fraction de course

V en degrés • . •

/ en fraction de course

\ en degrés * • .

( en fraction de conrse

\ en degrés • . .

Avance à Tadmission

Admission Détente

I Avance ( à l'évacuation

Evacuation

«uu»K«» • • • • ( Compression / en fraction de course. )

La figure 110 relative au Hoche donne l'épure avec addition d'un tiroir de détente.

69. — Épures relevées après exécution. Corrections à la régulation des machines construites, — L'épure sinusoïdale de régulation se trace deux fois au moins par machine.

La première épure, relative au projet de la machine, s'obtient, comme nous avons vu, à l'aide de tracés géométriques, à grande échelle, parfois même en manœuvrant les gabarits des pièces avant leur exécution.

La seconde épure, beaucoup plus exacte se relève sur la machine elle-même, après son montage, en la faisant tourner à l'aide du vireur, et en s'arrétant à des stations suffisamment rapprochées. L'opération a été décrite en détail par M. de Montchoisy (*); elle exige, pour être précise, toute Tattention d'un bon praticien; la dilatation en cours de marche n'en n'altère pas sensiblement les résultats, parce qu'elle s'exerce à peu près également sur le tiroir et sur la glace du cylindre.

C'est sur l'épure relevée après exécution, que l'on détermine exactement les modifications à la régulation, dont l'examen des diagrammes d'indicateurs peut révéler l'utilité. Ces modifications ne peuvent porter que sur la grandeur des recouvrements et la valeur de l'angle de calage.

Les recouvrements peuvent être diminués après coup, mais non augmentés, en retaillant les barrettes du tiroir; par suite, il est prudent, lors de la première construction, de leur donner une valeur trop forte, plutôt que trop faible. La diminution des recouvrements à l'admission permet d'augmenter l'avance ; elle augmente aussi la période d'admission, mais d'une quantité à peu près insignifiante. La diminution des recouvrements à l'évacuation augmente l'avance à l'évacuation et diminue la compression. La diminution simultanée de tous les recouvrements tend, par un effet combiné, à prévenir l'existence des boucles de tra-

1. B<» de Montchoisy, Cours pratique et théorique de machines à vapeur^ § 131, 133.

vail négatif à Tadmission, fig. 37, et peut tenir ainsi lieu de rétablissement de la petite soupape Normand.

Le calage des excenlriques peut être modifié, soit dans un sens, soit dans l'autre, en changeant les clavettes qui fixent leur chariot sur l'arbre. Augmentons, en effet, la largeur np d'une clavette de la petite quantité mn ou pq, en pratiquant les agrandissements mn dans la rainure de l'arbre, et pq dans celle du chariot, le chariot courra sur l'arbre d'un arc égal mn ou pq dans le sens de la flèche. On se réserve toujours le moyen de faire varier, après exécution, la longueur des manivelles de l'arbre de relevage, qui portent les bielles de relevage des différentes coulisses. Il est difficile, en effet, d'obtenir, sans retouches, une régulation également bonne, à tous les tiroirs que commande un seul arbre de relevage. Une fois les longueurs de toutes les manivelles réglées par tâtonnement, il est bon, d'ailleurs, que leur changement ne soit pas une opération trop facile, qui puisse se faire à la légère. La figure 112 représente les dispositions adoptées sur le Galilée^

Fig. 111

Hg. 112.

qui paraissent remplir convenablement ce double but. Le changement de longueur se fait par un déplacement de quatre cales mobiles, que l'on peut placer à volonté au-dessus ou au-dessous de la soie conductrice ; les manivelles sont doubles et portent deux soies extérieures QÇi^j pour recevoir les doubles bielles de relevage de chaque coulisse, fig. 76. Très souvent, la direction dans laquelle la soie peut se mouvoir dans la manivelle de relevage est oblique; le calage de la manivelle change alors, en même temps que sa longueur.

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