ET A SES MONUMENTS
d'après quelques auteurs et quelques voyageurs
lia Bible.
Hébron est une des villes les plus anciennes du pays de Canaan. On lit dans les Nombres 1 : « Or, Hébron avait été bâtie » sept ans avant Soan d'Egypte. * Son nom primitif était Kirjath-Arbah, selon plusieurs paragraphes bibliques : « et elle » (Sara) mourut en Kirjath-Arbah, qui est Hébron au pays de » Canaan *. » — « Or, le nom d'Hébron était auparavant Kir- » jath-Arbah; Arbah avait été un fort grand homme entre les » Hanakins 3 . »
a Au reste, on avait donné à Caleb, fils de Jephunné, unp » portion au milieu des enfants de Juda , selon le commande- » ment de l'Eternel fait à Josué, savoir, Kirjath-Arbah ; Arbah » était père de Hanak. Or, Kirjath-Arbah, c'est Hébron 4 . »
Dans la Chronologie, j'ai cité qu'Abram s'établit à Mamré (Note VIII) et qu'à la mort de Sara il acheta la caverne de Macpéla : lisons la Bible : — « Abram donc ayant remué ses » tentes, vint demeurer dans les plaines de Mamré, qui est en » Hébron.... 5 »
» xm, 23.
3 Gen. xxm, 2.
3 Jos. xiv, 15.
* Jos. xv, 13, 54. — xx, 7. — xxi, 15.
* Gen. xiii, 18. — xxxv, 28.
« Puis l'Eternel apparut à Abraham dans les plaines de » Mamré.... *. »
i Et Abraham ayant entendu Héphron,lui paya l'argent dont » il avait parlé, en présence des Héthiens, savoir, quatre cents » sicles d'argent, qui avaient cours entre les marchands. — » Et le camp d'Héphron, qui était à Macpéla, au-devant de » Mamré, tant le champ que la caverne qui y était, et tous les » arbres qui étaient dans le champ, et dans tous ses confins • tout autour, fut acquis en propriété à Abraham. . . . (Note IX) 2 . »
Abraham enterra sa femme Sara à Macpéla ; plus tard , il y fût enterré lui-même, ainsi que son fils Isaac avec sa femme Rébecca, et Jacob avec sa femme Léa 3 .
La Bible raconte qu'à Hébron est le tombeau d'Abner. — € Et quand ils (les Hébreux) eurent enseveli Abner à Hébron, » le roi (David) éleva sa voix et pleura près du sépulcre d'Ab- » ner ; tout le peuple pleura aussi 4 . »
A Hébron, la Bible indique un étangs — « Et David com- » manda à ses gens de les tuer (Bahana et Récab les assassins » du roi Isç-bosceth, fils de Saùl), et de leur couper les pieds » et les mains ; et ils les pendirent sur l'étang d'Hébroh. Puis » ils prirent la tête d'Isç-bosceth, et l'ensevelirent au sépulcre » d'Abner à Hébron 5 . »
Flavius JoBèphe ».
« Abraham demeurait en ce temps-là en un lieu nommé le Chesne d'Ogis, assez proche de la ville d'Hébron \ >
« Sara mourut étant âgée de cent vingt-sept ans , et fut enterrée à Hébron, où les Ghananéens offrirent de lui donner sé-
1 Gen. xviii, 1. — xxxvii, 14.
1 Gen. xxiii, 16-20.
J Gen. xxm, 19. — xxv, 9. — xxxv, 27, 29. — xlix, 30, 31.
4 2 Sam. m, 32.
5 2 Sam. m, 32.
6 Je copie de la traduction de J.-A.-C. Buchon. Paris, 1836.
7 Ant. Jud. i, x.
pulture. Mais Abraham aima mieux acquérir à cette occasion uo champ qu'il paya quatre cents sicles à un habitant d'Hébron nommé Ephrem, où lui et ses descendants bâtirent plusieurs sépulcres 1 . »
« Abraham mourut bientôt après le mariage d'Isaac lsaac
et Ismaël ses enfans l'enterrèrent à Hébron auprès de Sara sa femme V »
« Jacob n'eut pas la consolation de trouver Rébecca sa mère encore vivante ; et lsaac ne vécut que fort peu après son retour. Esaû et Jacob l'enterrèrent auprès de Rébecca à Hébron dans le tombeau destiné pour toute leur race *. »
« Jacob leur (à ses enfans) témoigna à tous qu'il désirait
d'être enterré à Hébron leurs fils et leurs petits-fils portèrent leurs corps à Hébron dans le sépulcre de leurs ancêtres ; et lorsque les Hébreux sortirent d'Egypte, ils y portèrent aussi les os de Joseph, ainsi qu'il avait ordonné et se l'était fait promettre avec serment 4 . »
g Ceux du pays (de Chébron) assurent qu'elle n'est pas seulement la plus ancienne de toute la province, mais qu elle précède même en antiquité celle de Memphis en Egypte; et qu'il y avait deux mille trois cents ans qu'elle était bâtie 5 . Us ajoutent qu'Abraham, dont les Juifs tirent leur origine, y avait établi sa demeure depuis qu'il avait quitté la Mésopotamie ; et que ce fut de là que partirent ses descendants pour passer dans l'Egypte. Leurs sépulcres se voient jusqu'à ce jour, entièrement construits en beau marbre, et magnifiquement e . » (Ces dernières paroles soulignées, je les emprunte de la traduction du grec laite par M. F. de Saulcy, attendu que M. Ruchon a mal inter-
» Ant. Jud. i, xiv.
* Ant. Jud. i, xvi.
3 Ant, Jud, i, xix.
4 Ant. Jud. h, iv.
* JoscpUe écrivait de l'an 37 à l an 90 de l'E. V. « Guer. Jud. iv, xxxi.
prêté le texte grec en traduisant : « En effet, on y voit encore aujourd'hui ce que je viens de rapporter, gravé dans des tables de marbre enrichies de divers ornements. »
« Céréalis (général romain) alla à Chébron, cette ville si ancienne dont je viens de parler, qui est assise dans les montagnes et proche de Jérusalem *. i
Le pèlerin de Bordeaux.
En 333, le pèlerin écrivait « Chébron... ubi est memoria per quadrum ex lapidibus mirae pulchritudinis, in qua positi sunt Abraham, Isaac, Jacob, Sara, Rebecca et Léa. »
c Relativement au Térébinthe, il écrit : « Ubi Abraham habitavit, et putum fodit sub arbore Terebintho. »
Fuaèbe.
L'évêque de Césarée raconte : « Eutropia, belle-mère de Constantin, étant venue au chêne de Mamré pour y accomplir un vœu, et ayant vu toutes les superstitions qu'on y pratiquait, en informa l'empereur. Constantin écrivit à Eusèbe de Césarée et aux autres évêques de renverser l'autel des faux dieux et de faire bâtir une église à sa place »
Saint «lérdme.
Ce Docteur de l'église qui se trouva en Palestine au IV e siècle, écrivit, en parlant du chêne vert d'Hébron : cEst quercus Mambre juxta Chébron, in qua usque ad aetatem infantise meae et constantii régis imperium terebinthus monstratur pervetus, et annos magnitudine indicans, sub qua habitavit Abraham; miro enim cultu ab Ethnicis habita est, et velut qUodam insigni numine consecrata 3 . »
1 Guer. Jud. îv, xxxm.
' Euscb. de Vita Cowtantini, Lib. m, cap, lit ; — Socrat. Hist., Lib. i, cap.
» Jérôm, De lotis hebraicis.
Jérôme nous raconte : « Il y avait au pied de l'arbre un autel sur lequel on offrait des sacrifices. Chacun y célébrait une fête selon sa religion : les Juifs honoraient la mémoire de leurs patriarches ; les chrétiens l'apparition de Dieu et des anges ; on croit que les païens y rendaient un culte aux anges sous la forme de dieux ou de démons favorables. Ils leur offraient des libations de vin et d'encens; d'autres immolaient un bœuf, un bouc, un mouton ou un coq, qu'ils avaient nourris avec soin pendant toute l'année pour le festin de cette fête. On ne pouvait alors puiser de l'eau au puits, parce que les païens y jetaient du vin, des parfums, des gâteaux, des pièces de monnaie, et les lampes qu'ils avaient allumées sur le bord. La foule de ceux qui y venaient était si grande, qu'on y établit une foire qui fut longtemps célèbre, et Adrien y fit vendre à vil prix, ainsi qu'à Gaza, cette infinité de captifs juifs qui tombèrent dans ses mains après la prise de Bethsour; ceux qui ne furent pas vendus furent transportés en Egypte où ils périrent misérablement 1 . »
Saint Jérôme parle des tombeaux d'Abraham comme de monuments parfaitement connus de son temps, et Eusèbe écrit dans le même sens.
Antonin le martyr.
Vers 570, le pèlerin de Plaisance visita la Palestine et écrivit ainsi sur Hébron : « Est ibi basilica aedificata in quadriporlieus; atrium in medio discoopertum ; et per médium discurrit cancellus, et ex uno latere intrant christiani, ex alio Judaei, incensa facientes multa *. »
' Hieron, in Zachar. xi ; — Jérém. xxxi, 15 ; — Sozom. Hist. eccl, n, iv,
* M. de Saulcy (Voyage en Terre Sainte, page 158, tome I) écrit c les mots « incensa, facientes multa » sont un précieux indice de l'habitude que Ton avait en Judée d'illuminer, à certaines époques, les monuments funéraires des personnages illustres.
Benjamin de JTudèle.
Cet Israélite espagnol qui visita la Palestine pendant le règne d'Amaury, roi des Croisés, c'est-à-dire de 1162 à 1173, alla jusqu'à Hébron. Je ne répéterai pas des fables que (selon son habitude) il raconte sur les sépulcres des patriarches, mais seulement ce qu'il dit par rapport à l'église « que l'église de » saint Abraham est bâtie sur le tombeau des patriarches et » qu'elle avait été une synagogue sous la domination musul- » mane. »
Pendant ces années l'allemand Ferdinand Troilo, faisant des recherches à Hébron, retrouva une ancienne piscine de 66 pieds de long et deux fois autant de large ; on y descendait par quatre escaliers en pierre, de 40 degrés chacun \
1/auteur arabe du livre de la PRÉÉMINENCE DE I/EMPIRE DE L'ISLAMISME *
« Hebra est le bourg d'Abraham. On y voit un château considérable qui, dit-on, est l'ouvrage des génies, et construit de larges pierres, ornées de peintures. Au milieu est une coupole de pierre, construite depuis l'islamisme, qui recouvre le tombeau d'Abraham, celui d'Isaac placé sur le devant, et celui de Joseph dans la partie postérieure. Chaque prophète a vis-à-vis de lui sa femme. Cet édifice a été converti en mosquée, et l'on a bâti tout autour des maisons qu'habitent ceux qui veulent y vivre en retraite. Des constructions l'entourent de tous côtés, et l'eau y arrive par un petit canal. Ce bourg, dans une étendue d'une demi-journée en tout sens, présente une suite non interrompue de villages, de vergers, de vignes, de plantes de pommiers. La plus grande partie des fruits est portée en Egypte.
1 Munk Palestine, pag. 58.
5 Voyez Quatremère, Histoire- des sultans mamlouks, par Makrisi, tom. I, Appendice, pag. 24t.
Dans ce lieu on exerce constamment l'hospitalité. On y voit des cuisiniers, des boulangers, des esclaves chargés de servir à ceux des pauvres qui se présentent des lentilles cuites dans l'huile, et d'en donner à ceux qui veulent bien les recevoir. Le tombeau d'Abraham, ce lieu auguste qui est dans l'intérieur du mur de Salomon, a en longueur, dans la partie qui regarde la Syrie, depuis le milieu du mihrab jusqu'au milieu du monument où se trouve le tombeau de notre seigneur Jacob, 80 coudées. Sa largeur d'orient en occident, depuis le mur où est percée la porte d'entrée jusqu'au milieu du portique occidental où se trouve la tribune grillée par laquelle on arrive au tombeau de notre seigneur Joseph, est de 85 coudées. L'épaisseur du mur est, sur toutes les faces, de 3 i j i coudées. Le nombre des assises est de 15 dans l'endroit qui a le plus d'élévation, savoir près de la porte de la citadelle. Dans ce lieu, l'édifice s'élève au-dessus du sol à une hauteur de 26 coudées, et cela sans compter la construction romaine placée au-dessus du mur de Salomon. Le mur susdit est surmonté de deux minarets. Cet édifice, renfermé dans l'intérieur du mur, et tel qu'il existe do notre temps, sous la forme d'une mosquée, comprend un bâtiment voûté qui occupe environ la moitié de l'espace renfermé dans le mur. Il se compose de trois nefs, dont celle du milieu a plus d'élévation que les deux qui lui sont contiguës à l'occident et à l'orient. Le toit porte sur quatre piliers solidement bâtis. Au milieu de cet édifice voûté, sous la nef la plus élevée, se trouve le mihrab, et, tout à côté, le menber, formé de bois et d'un travail aussi beau que solide. Vis-à-vis est l'estrade des muezzins (crieurs), soutenue par des colonnes de marbre d'une extrême beauté. Les murs de la mosquée sont revêtus de marbre sur toutes les faces. Les tombeaux augustes sont placés dans l'intérieur du mur. Sous l'édifice susdit se trouve le tombeau de notre seigneur Isaac, auprès du pilier qui se trouve à côté du menber. Vis-à-vis est le tombeau de
Rébecca, femme d'Isaac, à côté du pilier oriental. Cet édifice a trois portes, qui conduisent sur le parvis de la mosquée. L'une d'elles, celle du milieu, mène à la sépulture auguste où repose Abraham. C'est un lieu voûté, dont les quatre murailles sont revêtues de marbre. Dans ta partie occidentale, on voit la chambre vénérable dans l'intérieur de laquelle se trouve le tombeau qui passe pour renfermer Abraham. Vis-à-vis, du côté de l'orient, est le tombeau de Sarah, femme de ce patriarche. A l'extrémité de la cour renfermée dans l'enceinte du mur de Salomon, du côté du nord, est le tombeau qui porte le nom de notre seigneur Jacob. Il est placé à l'occident, vis-à-vis celui d'Abraham. En regard de ce monument, du côté de l'est, se trouve la sépulture de Lika (Lia), femme de ce patriarche. Le parvis de la mosquée, cette partie qui est entièrement découverte, règne entre le tombeau d'Abraham et celui de Jacob. Les coupoles qui surmontent les tombeaux où reposent, dit-on, Abraham, Sarah sa femme, Jacob et Lia son épouse, ont été, comme je l'ai appris, construites par les soins des Omniades. Tout le terrain compris dans l'enceinte du mur, tant la partie abritée d'un toit que la cour découverte, est pavé de carreaux qui remontent au temps de Salomon et qui présentent un coup d'œil admirable. »
Un auteur arabe anonyme 1 .
« Dans le voisinage de la mosquée est la cuisine où se fait la dechiché pour les pèlerins et les voyageurs. Tous les jours, dans l'après-midi, on distribue le manger à la porte de cette cuisine, au son du tambour. C'est du pain qui se cuit tous les jours et se distribue trois fois dans la journée, le matin et à midi aux habitants de la ville seulement, et dans l'après-midi à tous les arrivants, sans distinction. On en fait ordinairement quatorze mille ragiss par jour, et quelquefois jusqu'à vingt-
* Qui écrivit dans la première moitié du xvin e siècle.
cinq mille. La libéralité de cette fondation (Nota X) s'étend indistinctement aux pauvres et aux personnes aisées. Voici la raison pour laquelle on bat le tambour à la distribution du manger dans l'après-midi. Lorsque des étrangers arrivaient auprès d'Abraham, il leur faisait préparer à manger; quelquefois, dans l'intervalle, ils se dispersaient dans les vallons voisins; alors, lorsque le dîner était prêt, Abraham les appelait à table au son du tambour (Nota XI). De là cette coutume de battre du tambour tous les jours à la distribution du manger. Riches! lorsque, étant à table, le son de la musique vient frapper vos oreilles, souvenez-vous de Vhospitalitè d'Abraham »
Volney 2 .
c Habroun ou Hébron, située à sept lieues au sud de Bethlem ; les Arabes n'appellent ce village que El-kalil, c'est-à-dire le bien-aimé, qui est l'épi thète propre d'Abraham, dont on montre la grotte sépulcrale. Habroun est assis au pied d'une élévation sur laquelle sont des mauvaises masures, restes informes d'un ancien château. Le pays des environs est une espèce de bassin oblong, de cinq à six lieues d'étendue, assez agréablement parsemé de collines rocailleuses, de bosquets de sapins, de chênes avortés, et de quelques plantations d'oliviers et de vignes. L'emploi de ces vignes n'est pas de procurer du vin, attendu que les habitants sont tous musulmans zélés, au point qu'ils ne souffrent chez eux aucun chrétien ; l'on ne s'en sert qu'à faire des raisins secs mal préparés , quoique l'espèce soit fort belle. Les paysans cultivent encore du coton, que leurs femmes filent et qui se débile à Jérusalem et à Gaza. Ils y joignent quelques fabriques de savon, dont la soude leur est fournie parles Bédouins, et une verrerie fort ancienne, la seule
• Voyez Fundgruben des Orients, 2 er Band. pag. 377.
* Voyage en Syrie et en Egypte, pendant les années 1783, 1784, 1785. Tom. il, fin du chap. vi.
qui existe en Syrie : il en sort une grande quantité d'anneaux colorés, de bracelets pour les poignets, pour les jambes, pour les bras au-dessus du coude \ et diverses autres bagatelles que l'on envoie jusqu'à Constantinople. Au moyen de ces branches d'industrie, Habroun est le plus puissant village de ces cantons; il peut armer huit à neuf cents hommes qui, tenant pour la faction Qaîsi, sont des rivaux habituels de Bethiem (Nola XTÏ).
Ce voyageur qui visita Hébron en 1807, nous donne la description suivante de la mosquée d'Hébron : « Les sépulcres d'Abraham et de sa famille sont dans un temple qui était jadis une église grecque. Pour y arriver, on monte un large et bel escalier, qui conduit à une longue galerie, d'où l'on entre dans une petite cour ; vers la gauche est un portique appuyé sur des piliers carrés. Le vestibule du temple a deux chambres, l'une à droite qui contient le sépulcre d'Abraham, et l'autre à gauche qui contient celui de Sara. Dans le corps de l'église, qui est gothique, entre deux gros piliers à droite , on aperçoit une maisonnette isolée, dans laquelle est le sépulcre d'Isaac, et dans une autre maisonnette pareille sur la gauche, celui de sa femme. Cette église, convertie en mosquée, a son méhereb, ou tribune pour la prédication des vendredis, et une autre tribune pour les muddens ou chanteurs. De l'autre côté de la cour est un autre vestibule qui a également une chambre de chaque côté. Dans celle de gauche estje sépulcre de Jacob, et dans celle de droite celui de sa femme.
» A l'extrémité du portique du temple, sur la droite, une
' Volney. « Ces anneaux ont souvent la grosseur du pouce et davantage; on les passe an bras dès la jeunesse; il arrive, ainsi que je l'ai vu plusieurs fois, que le bras grossissant plus que la capacité de l'anneau, il se forme au-dessus et audessous un bourrelet de chair, en sorte que l'anneau se trouve enfoncé dans une dépression profonde dont on ne peut plus le retirer »
porte conduit à une espèce de longue galerie qui sert encore de mosquée ; de là on passe dans une autre chambre où se trouve le sépulcre de Joseph, mort en Egypte, % et dont la cendre fut apportée par le peuple d'Israël. Tous les sépulcres des patriarches sont couverts de riches tapis de soie verte, magnifiquement brodés en or ; ceux de leurs femmes sont rouges, également brodés. Les sultans de Constantinople fournissent ces tapis, qu'on renouvelle de temps en temps. J'en comptai neuf l'un sur l'autre au sépulcre d'Abraham. Les chambres où sont les tombeaux sont aussi couvertes de riches tapis; l'entrée en est défendue par des grilles en fer et des portes en bois, plaquées en argent, avec des serrures et des cadenas du même métal ; pour le service du temple, on compte plus de cent employés et domestiques. »
Comte Tlelehior de Vogtté
Dans le livre « Les Eglises de la Terre sainte (Paris MDCCCLX) à la page 344 écrit sur Hébron. » La ville d'Hébron renferme un des monuments les plus intéressants de la Palestine et du monde entier. Je veux parler du sépulcre d'Abraham, de Sara et des autres patriarches. « De la caverne double située dans le champ d'Ephron, fils de Seon, en face de Mambré, qui est Hébron 9 >, le bourg d'El-Khalil occupe, sans aucun doute, l'emplacement de l'antique cité d'Abraham, et le sépulcre était certainement creusé dans une des pentes rocheuses qui l'entourent. Il n'y a donc aucune impossibilité à ce qu'il soit renfermé, ainsi que l'affirme une très ancienne tradition, dans la célèbre mosquée qui s'élève à mi-côte vers l'extrémité nordest de la ville moderne. Malheureusement, le fanatisme musul-
' Il visita la Palestine, pour la première fois, en 185t. 2 lien. Chap. xxm.
man, en interdisant à tout chrétien l'entrée de l'édifice, rend toute vérification matérielle impossible. »
« Extérieurement, la vue est arrêtée par un mur très élevé et qui, à lui seul, offre le plus grand intérêt. Haut de 15 à 20 mètres, il entoure la mosquée de toutes parts et forme un parallélogramme rectangulaire de 70 mètres à peu près sur 50, dont le grand axe est dirigé de nord-nord-ouest au sud-est. U est bâti pour la plus grande partie en pierres énormes *, disposées en assises horizontales, avec bandes lisses sur les joints, offrant la plus grande analogie par leur appareil et leurs dimensions avec celles qui composent les soubassements extérieurs du temple de Jérusalem. Cette belle enceinte a un caractère tout particulier, sans fenêtre aucune, soutenue de place en place par des pilastres engagés; elle paraît avoir eu la destination spéciale d'entourer un lieu consacré, suivant un usage bien plus conforme aux habitudes religieuses de l'antiquité qu'à celles du christianisme. Elle me paraît donc antérieure à l'ère chrétienne et provient, sans doute, de travaux exécutés par les Hébreux, pour honorer la sépulture de leurs patriarches. Joséphe dit expressément que les tombeaux d'Hébron étaient en grand honneur de son temps, et qu'ils avaient été revêtus d'une riche ornementation de marbre 2 . L'histoire confirme donc l'étude extérieure du monument, et vient en aide à la tradition. Un autre témoignage plus récent, mais non moins précieux, paraît se rapporter à la même construction; c'est celui du pèlerin de Bordeaux; il vit au IV e siècle les tombeaux de la famille d'Abraham « au milieu d'un monument carré fait de
1 Quelques-unes ont jusqu'à 6 mètres de longueur. Irby et Mangly disent en avoir mesuré do 25 pieds anglais. Cf. Robinson, Biblical Researches, 2« édit. Tom. il, pag. 75.
* Bel. Jttd., iv, îx, 7. Les Juifs avaient l'habitude d'orner les tombeaux de leurs ancêtres illustres ; c'est à cet usage que font allusion ces paroles de Jésus- Christ : Vue vobis.... qui aedificatis sepulcra prophetai um, et ornatis monumenta Justorum. Matth. xvn, 29.
pierres d'une grosseur extraordinaire 1 . » Après la paix de l'Eglise, une grande basilique, précédée d'un atrium, fut disposée dans l'enceinte * autour des tombeaux : elle servit , sans doute, de point de départ aux constructions modernes. »
c L'intérieur de l'édifice ne nous est connu que par la description très sommaire et les planches peu fidèles d'Ali-Bey 3 V Le style du portique ne saurait se distinguer, mais celui de l'église est bien évident : aux voûtes, aux arcs-doubleaux, aux faisceaux des colonneltes, aux ogives franchement accentuées, on reconnaît facilement la main des croisés. Un toit en charpente à double versant surmonte la nef principale. Cette couverture, qu'on ne rencontre en Syrie que dans les églises très anciennes, telles que celle de Bethléhem, la mosquée El-Aksa et la grande mosquée de Damas, semblerait prouver qu'une partie de la basilique primitive a été conservée dans là reconstruction de l'église au XII e siècle. Les tombeaux attribués par les musulmans aux patriarches sont situés dans l'intérieur de l'ancienne église ou dans de petites salles disposées de chaque côté de la cour. Quelques-uns sont décrits par Ali-Bey comme ayant la forme de « maisonnettes », d'où l'on pourrait conclure qu'ils ont été, comme le Saint-Sépulcre , isolés de la masse du rocher par un travail artificiel. Ce qui semblerait confirmer cette supposition, c'est qu'une des faces de la grande enceinte est profondément engagée dans le flanc de la colline, entaillée pour la recevoir. »
« Les Croisés avaient établi dans l'église d'Hébron un chapitre de chanoines 4 avec un prieur 5 . En 1167, ils érigèrent la ville enévêché 0 . En 1187 les Mahométans s'emparèrent du saint
* Qiiadrum ex lapidibus mirae magnitudinis.
* Antonin de Plaisance.
s Voyages, etc., m, 161. Pl. lxhi et lxiv.
* Godefridus cauonicus S. Abrahaï, 1140, Cartul. pag. 171.
s Gnido prior, 1136, Rogerius prior, 1155, Cartul., 120, 148. e Guil. de Tyr, xx, 3.
édifice, et depuis ce temps ils n'ont pas cessé de le posséder. Ils modifièrent sans doute les tombeaux, pour leur donner la forme grossière et conventionnelle commune à toutes les tombes musulmanes, et que dissimulent à peine les tapis et les riches étoffes de soie. Extérieurement, ils surélevèrent le mur de la grande enceinte et le flanquèrent de minarets situés aux quatre angles. »
La vallée de Mambré possédait encore un autre souvenir des temps bibliques, un second objet de pélérinage, c'était l'arbre sous lequel Abraham avait fait reposer les trois envoyés de Dieu (Genèse, XVIII). A toutes les époques de l'histoire, la vénération publique a entouré de ses hommages un arbre d'une grande vieillesse, situé près d'Hébron. Ce culte extérieur était d'autant plus assidu, qu'il répondait à un usage oriental qui s'est perpétué jusqu'à nos jours parmi les Arabes Musulmans 1 . Seulement la tradition semble s'être déplacée, ce qui s'explique facilement par la mort de l'arbre , et par l'absence de tout monument de pierre qui pût empêcher l'imagination publique de substituer, à l'arbre disparu, un arbre voisin et d'une trompeuse longévité. Ainsi du temps de Joséphe, on montrait un térébinthe situé à six stades d'Hébron c et qu'on disait aussi vieux que le monde * ». Sous Constantin c'était un chêne à deux milles de la ville 3 . L'empereur s'émut d'un culte rendu en commun à un vieux tronc d'arbre, par les disciples de toutes les religions ; craignant un retour à des pratiques idolâtriques, il voulut donner une direction plus chrétienne et plus spiritualiste aux hommages de la foule, et construisit en ce lieu une grande basilique dédiée à la Sainte Trinité 4 . Le docteur Robinson 5 croit avoir retrouvé ses ruines à une heure de marche
' On rencontre à ehaque instant de ces arbres sacrés. La dévotion consiste à couvrir leurs branches de petites loques de toute couleur. 2 Bel. Jud, iv, ix, 7.
J Saint Jérôme, de lotis Hcb, — Le Pèlerin de Bordeaux. * Eusèbe. Vit. Cotist., m. 53. — Le Pèlerin de Bordeaux. Bib. Bes., i, 216, et m, '271»,
d'Hébron, sur la route de Jérusalem, dans une localité nommée par les Arabes « Ramet-el-Khalil » et par les Juifs € la maison d'Abraham. »
M. de Vogué, dans son ouvrage Le temple de Jérusalem etc. (Paris 1864) aux pages 119, 120, écrit : « Celte similitude de style de construction, rapprochée du passage de Josèphe * qui atteste l'existence d'un culte rendu au tombeau d'Abraham, et de travaux faits pour l'embellir, autorise â considérer l'enceinte d'Hébron comme un monument judaïque, élevé sans doute à l'époque Asmonéenne ou Ilérodienne. Rien ne s'oppose donc, archéologiquement, à ce que le fragment du mur judaïque que j'ai déblayé à Jérusalem (Nota XI 11) appartienne à la seconde enceinte de la ville. »
Renan*
Je devrais parler maintenant de la visite à llébron en 1861, faite d'abord par M. Ernest Renan, membre de l'Institut de France, puis ensuite par M. Thobois alors son architecte; mais comme je sais très bien (puisque je les ai accompagnés) que leurs recherches n'ont apporté aucun résultat utile à la science, je me contenterai d'en parler dans une note. (Note XIV.)
lie révérend Stanley K
Au commencement de l'année 1862, le révérend M. Stanley
• A écrit cet ouvrage après avoir fait un second voyage, en Palestine en juin
* De Vogùé, pag. 119. L'enceinte a la forme d'un rectangle de 84 mètres sur GO : il y a huit contre-forts sur une face et seize sur l'autre, sans compter les contre-forts des angles; chaque contre-fort a l"»,10de largeur; il occupe en hauteur la moitié de la hauteur du rnur, que l'on peut évaluer à 18 mètres; l'intervalle des pilastres est de 2"',10, et les contre-forts des angles est de 2 m ,80 sur chaque face. A l'intérieur il neiesterien d'antique. J'avais conclu de la description d'Ali-Bey et de la forme des toits que la mosquée actuelle était une ancienne église chrétienne (Eglises de la lierre Sainte, pag. 945). Le D r Rosen, le seul savant européen qui y soit jamais entré (à la suite du prince de Galles), a entièrement confirmé cette manière de voir; quant aux tombeaux des patriarches, ils sont situés dans les cryptes où nul ne pénètre, pas môme les Musulmans.
s Accompagna S. A. R. le prince de Galles eu Palestine (1861-1862). Cette
donna dans le Times de Londres une description de sa visite laite à Hébron à la mosquée de Macpéla. Je ne la reproduis pas ici entièrement ; je transcris ce qui importe essentiellement au monument, attendu que plus tard j'aurai occasion de faire quelques observations à cet écrivain distingué.
Il commence avec un abrégé historique sur Macpéla, puis continue : c Josèphe nous dit expressément qu'eux (les descendants d'Abraham) entourèrent (Macpèla) de hautes murailles qui existent encore aujourd'hui. Sans aucun doute ces murs sont les enceintes massives sur lesquelles de notre temps se sont arrêtés tant de regards ardents. Leurs dimensions, leurs bandes lisses et leur conformation répondent à la description de Josèphe » « tout s'accorde avec une ancienne origine hébraïque ; mais à l'exception du rapport (de Josèphe), toutes les connaissances à ce sujet ont été si stériles qu'elles n'ont produit que l'incertitude qui est plus fâcheuse que l'ignorance absolue » (je passe sous silence quelques notions historiques).
« Dans cette enceinte sacrée, de 606 ans à ce jour, aucun européen n'a jamais mis le pied, à moins qu'inaperçu. * (Il parle de quelques auteurs qui ont écrit sur Macpéla, et a raison de dire qu'ils ont donné de très faibles descriptions). « Tandis que les autres lieux saints de la Palestine, comme, par exemple, la mosquée de Jérusalem et la mosquée de Damas ont été ouvertes aux voyageurs distingués, celui-ci (Macpéla) est resté hermétiquement fermé, même aux personnages royaux. Pénétrer un tel mystère, éclaircir une telle incertitude, indépendamment de l'intérêt naturel que porte avec lui un tel lieu, semblera à beaucoup, je n'en doute pas, un sentiment digne de la première visite d'un prince de Galles en Terre-Sainte ; et comme tel est considéré par Son Altesse royale et par ceux qui
l'accompagnèrent en cette occasion » « Pour ce qui regarde
l'édifice même, deux choses au premier abord se peuvent re-
lettre n'est pas parfaite quant au style, vu qu'elle m'a premièrement été traduite de l'anglais en mauvais italien et de cet italien en français.
connaître. Premièrement que la mosqnée était originairement une église bysantine, et quiconque connaît bien la basilique de Ste-Sophie à Constantinople, ainsi que les églises monastiques du mont Àthos, s'en persuadera facilement en voyant le double portique et les quatre colonnes de la nef. Secondement, que l'église a été convertie en mosquée à une période assez récente ;
ceci s'aperçoit aux arches aiguës et à la coupe de l'abside »
i Décrivons les sépulcres des patriarches. Le plus intérieur des portiques extérieurs contient les deux premiers sépulcres. Au fond à droite est la tombe dite d'Abraham; à gauche celle de Sara* l'une et l'autre sont protégées par des portes d'argent. Nous fûmes priés de ne point entrer dans l'enceinte où est la tombe de Sara, parce qu'étant une dame ce serait inconvenant. L'entrée de l'enceinte d'Abraham nous fut accordée après un moment d'hésitation et une prière faite au patriarche de donner la permission. La chambre contenant la tombe est incrustée de marbre et a la forme des tombes musulmanes; celle-ci est faite de maçonnerie ou de marbre, couverte de trois tapis verts brodés d'or. On raconte que les trois tapis ont été présentés par Mohamed II, Selim I et le défunt sultan Abdul Medjid. Il est à peine nécessaire que je dise que cette tombe, comme toutes les autres, n'est qu'un simple cénotaphe érigé au-dessus de la véritable tombe, laquelle, dit-on, se retrouve au-dessous. Il est impossible de ne pas éprouver une forte et insolite émotion en se trouvant si près d'un tel lieu, émotion, on peut le dire, augmentée par le fait de l'unique occasion, que se sont ouvertes les portes de ces lieux consacrés qui ne furent ouvertes, comme dit le gardien de la mosquée, à aucun autre mortel qu'au fils aîné de la reine d'Angleterre. Dans l'église ou mosquée, on nous montra les tombes d'Isaac et de Rebecca qui sont différentes des autres, étant placées chacune dans une chapelle séparée, fermée non par une porte d'argent, mais de fer. Naturellement le même décorum par rapport à
l'exclusion des voyageurs du sexe masculin au sépulcre de Rebecca, fut observé comme à celui de Sara. Voulant ensuite voir la tombe d'Isaac, à notre grande surprise, on nous pria de n'y pas entrer. Nous demandâmes le motif de cette objection, qui ne nous fut pas faite â la tombe d'Abrabam, et qu'on nous faisait à celle d'Isaac qui est bien moins illustre que son père. On nous dit que cela dépendait de la différence de caractère des deux patriarches : Abraham fut affectueux et aimable, se montra opposé à la résolution de Dieu de détruire Sodome et Gomorrhe ; lui, Abraham, fut la bonté personnifiée et pardonnerait facilement à un manque de respect envers lui;* tandis qu'lsaac, d'un caractère tout autre, fut proverbialement sombre et on courrait grand risque en l'irritant, lbraïm Pacha, qui voulut y entrer après avoir conquis la Palestine, fut chassé par Isaac et tomba à la renverse comme si la foudre l'avait frappé. La chapelle réellement ne contient rien d'intéressant, mais j'en raconte la fable tant pour l'idée bizarre qui l'a suggérée que pour montrer le sentiment au moyen duquel la sainteté du lieu, comme on nous Ta raconté, fut conservée jusqu'à nos jours; sentiment du reste qui n'est autre qu'une crainte aussi bien qu'une terreur solennelle des grands personnages ensevelis au-dessous, qui, apprenant quelque manque de respect commis envers leurs tombes s'en vengeraient aussitôt. »
« Nous vîmes les tombes de Jacob et de Lea dans des petites chambres semblables à celles d'Abraham et de Sara ; elles sont sous un portique vis-à-vis l'entrée de la mosquée. Nous vîmes à travers la grille deux bannières vertes appuyées sur la tombe de Lea ; quant à leur origine et à leur signification, on ne nous sut rien dire. Les portes de la chambre de Jacob furent ouvertes sans difficulté, mais l'intérieur ne renferme rien de spécial. Jusque-là, rémunération des monuments de la mosquée correspond exactement à ce qu'en dit la Bible, comme je l'ai rapporté plus haut. La variété, qui viendra en continuant, s'ap-
puie à ce que m'a dit le D r Rosen et à la tradition générale du pays, qui peut être justifiée par une expression ambiguë de Flavius Joséphe, qui dit que le cadavre de Joséphe, après avoir été déposé premièrement à Sichem (Jos. XXIV, 32), fut ensuite transporté à Hébron. La position spéciale de la tombe s'accorde avec le caractère exceptionnel de la tradition. Elle est dans une chambre voûtée qui communique avec l'intérieur ; on y entre par une ouverture pratiquée dans le même mur massif et ainsi est invisible de l'extérieur du mur du côté sud. Celte tombe est moins somptueuse que les autres, et il est remarquable que bien que le nom de la femme de Joseph, Zuleika, selon la version musulmane , soit inscrit dans les certificats donnés aux pèlerins qui visitent la mosquée, il ne se voit cependant aucun sépulcre portant ce nom. Aucune autre tombe ne nous fût indiquée dans la mosquée. Deux semblables à celles d'Isaac et de Rebecca, vues par un de nos compagnons, dans une plus petite mosquée adjacente, nous furent indiquées comme simples objets d'ornement. On voit que jusqu'à ce point il ne s'est rien dit sur le sujet le plus intéressant pour nous tous, c'est-à-dire de la caverne sacrée même, où il se peut croire que repose au moins un de la famille patriarchale, c'està-dire le cadavre embaumé de Jacob. On peut aisément imaginer que toutes nos investigations étaient dirigées à cet objet. Nous vîmes une seule indication de la caverne de dessous. Dans l'intérieur de la mosquée, à l'angle de la chapelle d'Abraham, il y a un petit trou de huit pouces environ de diamètre. Jusqu'à un pied au-dessus du pavement, il est formé de maçonnerie, mais la partie inférieure, autant que nous pûmes voir et comprendre, est taillée dans le roc même. Cette ouverture semble correspondre à un espacé obscur qui est dessous, que les gardiens de la mosquée disent s'étendre au-dessus de tout le plan de la Mosquée ; ainsi , selon toute probabilité, il est certain que c'est l'ancienne caverne de Macpéla. C'était la seule
ouverture connue des gardiens ; ils racontent qu'une fois, 2500 ans ou environ, le serviteur d'un grand roi, d'une santé excellente et d'une corpulence extraordinaire, ayant pénétré par quelque autre entrée, en sortit aveugle, sourd, maigre et boiteux. Depuis cette époque l'entrée fut interdite ; c'est la seule ouverture qui soit restée , afin que l'air sain de la caverne pénétrât dans la mosquée et fût respiré par les fidèles ; aussi pour permettre qu'une lampe fût descendue au moyen d'une chaîne, que nous vîmes suspendue au haut du trou. Nous demandâmes si la lampe se pouvait allumer. Non, fut-il répondu, il plaît au saint d'avoir la lampe de nuit, mais non en plein jour. »
» 11 faut que notre coup d'œil jeté dans l'espace voûté et obscur nous satisfasse aussi bien que le monde en général. D'autres entrées peuvent exister ou peuvent avoir existé , et la connaissance que nous avons prise des différentes parties de la plate-forme nous aiderait beaucoup à indiquer les localités où pourraient se trouver de telles ouvertures ; mais ce fut la persuasion de ceux qui parmi nous étaient les plus capables d'en juger, qu'actuellement les Musulmans eux-mêmes ne connaissent aucune autre ouverture que celle indiquée. Leur crainte à laquelle j'ai déjà fait allusion est une garantie qu'ils ne voudraient pas entrer dans la caverne, même s'ils y pouvaient pénétrer, et le ton des histoires arabes de la mosquée démontrent la même tendance. »
» Le résultat de la visite* du prince sera peut-être un désappointement pour vous, et ceux qui espéraient un éclaircissement plus positif des mystères d'Hébron ; mais je suis bien convaincu que ceci est tout ce qui peut s'obtenir pour le moment, et je veux, pour conclure, attirer l'attention sur deux ou trois bénéfices indirects qui peuvent être obtenus en conséquence de cette grande occasion. D'abord avec notre entrée, le premier pas fut fait vers la destruction de la barrière d'exclu-
sion de ce très intéressant lieu sacré. Si le prince et ses conseillers se fussent abstenus de se prévaloir du droit qui leur fut accordé par le gouvernement turc, ou si le pacha de Jérusalem avait persévéré à refuser de prendre la responsabilité qui lui fut imposée par son gouvernement, les portes de la mosquée seraient restées fermées plus fortement que jamais. Actuellement, bien que l'avantage obtenu aura besoin d'être employé avec caution et grande abstinence, il est cependant impossible de ne pas être persuadé qu'il en dérivera quelque effet même sur les dévots d'Hébron, lorsqu'ils verront que les patriarches n'en souffrent ni injure ni insulte, et qu'Isaac même reste tranquille dans son tombeau. »
» Les Anglais peuvent se réjouir que ce progrès vers la cause de la tolérance religieuse et de la science biblique a été accompli dans la personne de l'héritier du trône d'Angleterre, et par égard à la position que ce prince et son pays tiennent dîins le monde oriental. Secondement, ce sera un grand avantage pour les futurs investigateurs qu'une inspection de la mosquée, bien qu'imparfaite, fût accomplie par des personnages qui .ne la virent pas en se déguisant ou en cachette, mais avec commodité et accompagnée de telles circonstances que leur attention fut naturellement portée sur les choses qui demandaient le plus de recherches. Peut-être cet écrit n'apprend pas davantage que les narrations des pèlerins anciens, ou de Ali Bey, lesquelles substantiellement sont justifiées par notre récente visite, qui met à même de mieux les comprendre, de corriger leurs erreurs et de rectifier la confusion qui se retrouve dans leurs descriptions. Plus de détails dans cette lettre demanderait plus de temps et plus d'espace que je n'ai à présent; mais je suis content de trouver que cette courte inspection a versé tant de lumière sur des textes qui auparavant me paraissaient excessivement obscurs. »
» Vous apprendrez avec plaisir que le D r Rosen (alors consul
de Prusse à Jérusalem), avec l'aide d'un de notre compagnie, a fait un plan de l'entière plate-forme , et j'espère que ce résultat, entre ses mains et celles d'autres étudiants bibliques, servira à rendre la visite du prince non-seulement une occasion de se rappeler avec reconnaissance comment l'entrée fut facilitée, mais qu'ils y reconnaîtront un grand pas fait dans la connaissance de ces lieux renommés. L'existence et l'endroit exact de la caverne, la vue plus proche de l'antique enceinte au dehors et au dedans, l'origine et les dispositions de la mosquée, la relation précise qui existe entre les différentes tombes et la conformité générale des traditions de la mosquée, et ce qu'en raconte la Bible et les premiers voyageurs, sont maintenant pour la première fois clairement assertés. Il faut que l'exploration des sépulcres de la caverne, du découvrement intérieur, celle du corps et de l'embaumement de Jacob soient réservés à une autre génération pour laquelle cette visite aura été la meilleure préparation. »
» P. S. Il faut observer que les chapelles d'Isaac et de Rebecca, qui sont au centre de la mosquée, occupent une position tout à fait insolite dans les édifices musulmans, où les angles sont les places de sépulture d'honneur. Leur disposition et leur forme particulière nous induiraient à croire qu'elles restent sur les endroits mêmes décrits par les anciens pèlerins chrétiens. »
» Les gardiens de la mosquée tiennent pour certain que l'enceinte massive fut construite par des génies sous la direction de Salomon. Ils attribuent la mosquée au sultan d'Egypte Halarun. Ils expliquent la tombe de Joseph en disant que son cadavre fut enseveli pendant 4005 ans dans le Nil; au bout de ce temps un Egyptien en révéla le secret à Moïse, à condition que celui-ci épouserait sa fille. Moïse l'épousa, prit le corps de Joseph et le porta à Hébron. Il semblerait d'après Arculf que de son temps il y avait sept tombes, mais que la septième était
celle d'Adam. La tradilion de la sépulture d'Adam à Hébron semble être pourtant une tradition chrétienne et non musulmane appuyée du vulgaire. Au D r Rosen comme à moi, il parait que l'expression d'Arculf, par rapport au mur bas (humili muro), pourrait être expliquée par le fait que lui le vit de l'intérieur de la plate-forme, tandis que les voyageurs modernes ne le virent que de l'extérieur, où sa hauteur est beaucoup plus considérable, »
De Saulcy
(Voyage en Terre-Sainte. Tom. I, pag. 149, etc.) « De l'Ayned-Diroueh, il y a un peu plus de deux kilomètres jusqu'à une ruine placée sur le sommet d'une colline à gauche de la route, et qui semble avoir eu une importance réelle. C'est Ramet-el- Khalil, dênt le nom est significatif. Un peu avant, on aperçoit
du même côté le village ruiné de Halhoul Ramah veut dire
la hauteur, la colline ; Ramet el-Khalil signifie donc la hauteur de l'ami de Dieu ou d'Abraham. Pour moi, c'est là qu'Abraham planta sa tante. 11 n'y a pas trois quarts d'heure de marche de ce point à Hébron, et trois quarts d'heure , grâce à l'infernal pavé qu'il faut suivre, ne donnent certainement pas trois kilomètres. Or le Térébinthe si célèbre sous lequel Abraham reçut les anges qui venaient lui annoncer la catastrophe de la Pentapole, était, au dire de Sazomène (Lib. II, cap. IV, 8), à quinze stades d'IIébron. Quinze stades donnent 2775 mètres. Saint Jérôme, de son côté, place le Térébinthe à deux milles d'Hébron, c'està-dire à 2962 mètres. Il est permis de se contenter de cet accord entre les deux chiffres. Le Térébinthe de Mamré était donc à proximité de Ramet-el-Khalil, et il est peut-être facile encore d'en déterminer sûrement la place. Ramet-el-Khalil est à gauche de la route, et à cinq minutes plus loin, sur la droite, vers Hébron, se trouve la ruine nommée Kharbet-en-Nassara,
1 Le savant auteur visita Hébron dans les premiers jours de novembre 1863.
la ruine des chrétiens. Pour moi, c'est là qu'était le bosquet de Ma m ré, ou, si Ton aime mieux, le fameux Térébinthe; car là, le nom l'indique comme les ruines elles-mêmes; il y a eu un important établissement chrétien, au milieu duquel je suis disposé à chercher l'église bâtie par l'ordre de Constantin et par les soins d'Eusèbe , évêque de Césarée , pour écarter les pratiques du paganisme de ce lieu vénéré. (Voyez Socratis Hist. I, 18.) De Kharbet-en-Nassara à Hébron, il n'y a plus que trente-huit minutes de marche, et, je le répète, le pavé détestable sur lequel il faut cheminer fait perdre beaucoup de temps. »
Quant à la position de Térébinthe, le pèlerin de Bordeaux ajoute . « Ubi Abraham habitavit, et puteum fodit sub arbore Térébinthe. » Or le creusement d'un puits était bien plus facile à Kharbet-en-Nassara qu'à Ramet-el-Khalil , puisque la première de ces localités est à peu près au niveau du fond de la vallée, tandis que la dernière est sur le sommet d'une élévation. Remarquons toutefois qu'à l'angle nord-ouest de l'enceinte antique, que je décrirai plus tard, et qui s'appelle Haram- Ramet-el-Khalil, il y a un puits qui pourrait bien aussi être pris pour le puits creusé par Abraham 1 »
» Nous avons commencé tout naturellement par aller visiter le Haram, c'est-à-dire la mosquée construite au-dessus de la grotte de Makfelah, où reposent Abraham, Isaac et Jacob, avec
leurs femmes. Entendons-nous ! la mosquée elle-même, non pas, mais bien la belle enceinte extérieure; car ici, comme
1 (De Saulcy. c Nous lisons dans les écrits de saint J érome un passage qui se rapporte forcément ou au Haram-Ramet-el-Khalil, ou aux Kharbat-en-Nasara. Le voici : « Legamus veteres historias et traditiones plangentium Judœorum » quod in tabemaculo Abraham, ubi nunc per annos singulos mercatus celeberri- » mus excrcetur, post ultimam eversionem quam sustinerunt ab Adriano, multa » hominum millia venumdata sint, e quai vendi non potuerint, translata in » yEgiptum, et tam naufragio et famé quam gentium caede truncata. > (Com- » ment, in Zachariac cap. xi, tom. m, pag. 1773.) Ce fut donc ici qu'après la chute de Barcochebas, les malheureux Juifs furent vendus par milliers. »
naguère à Jérusalem, un chrétien peut admirer les murailles du dehors, mais c'est tout. Les habitants d'Hébron sont des fanatiques de la pire espèce, et tenter un peu plus que de voir de loin, ce serait s'exposer à un danger certain. »
» Nous entrons donc dans la ville, et nous nous dirigeons vers le Haram, dont la vue est une révélation pour moi. C'est une construction magnifique, et qui ressemble fort aux plus belles partie de la muraille extérieure de Haram-ech-Chérif de Jérusalem, c'est-à-dire à celles que j'attribue, avec toute confiance, à Salomon lui-même. Comme David, père de Salomon, a régné pendant sept ans et demi à Hébron avant de se rendre maître de Jérusalem, où il transporta le siège de la royauté, je n'ai pas le moindre scrupule à attribuer l'enceinte sacrée d'Hébron à David lui-même. Voici en quoi elle consiste : c'est un parallélogramme rectangle orné de quinze pilastres engagés de 1 m ,l0 de largeur, et d'environ 8 mètres de hauteur sur les longues faces. Il y en a huit seulement sur les petites faces, et, de part et d'autre, ce nombre est compté abstraction faite des coins, qui ont bien la même saillie que les pilastres, mais qui offrent un développement horizontal plus considérable. Le haut est orné d'un simple filet carré couronnant le mur et les pilastres. Toutes les pierres des assises , qu'elles fassent partie du mur du fond ou des pilastres, sont munies d'un encadrement destiné à parer les joints , et ces encadrements existent même sur les faces intérieures ou joues des pilastres. Il va sans dire que les Arabes, ou plutôt les Turcs, vu le bon goût qui les caractérise, ont, avec un soin extrême, couvert d'un ciment blanc et criard ces encadrements si élégants. Je dis criard, parce que le temps a donné aux pierres de cet antique édifice une belle patine noire , sur laquelle ces joints blancs font le plus détestable effet. Une rampe en escalier, au pied de laquelle nous sommes forcés de nous arrêter, conduit à la porte par laquelle on pénètre dans l'édifice sacré. Au bas, et à
gauche de cet escalier, est un bloc que l'on regarde comme faisant partie du roc lui-même, et sur lequel il est permis aux Juifs de venir prier. J'allais oublier de dire que les faces du fond rachètent celles des pilastres et du stylobate de l'édifice par des plans inclinés. »
» L'âge de ce monument a été discuté bien des fois, et il a fait naître les opinions les plus diverses. Les uns, comme moi, y voient un appareil judaïque des premiers temps de la royauté ; les autres, cédant à la manie de ne rien vouloir reconnaître de judaïque dans le royaume de Juda, font descendre cette imposante construction jusqu'aux époques les plus basses. C'est leur affaire. Quoi qu'il en soit, voici deux passages des écrivains de l'antiquité concernant ce monument vénérable. Joséphe, en parlant d'Abraham (Ani. jud., lib. I, XIV) et des funérailles de Sarah, s'exprime ainsi : « Et Abraham et ses descendants bâti- » rent des monuments pour elle. » (Je laisse le texte grec que le savant archéologue reporte dans son livre.)
» Dans la guerre judaïque (lib. IV, IX, 7), parlant encore de , l'origine d'Hébron, Joséphe dit : « Les habitants du pays racon-
> tent (je l'ai déjà transcrit quand je reporte les textes de
» l'historien juif). » Je ne sais si l'on me permettra de voir dans ce dernier passage l'indication précise de l'enceinte du Haram d'Hébron, telle qu'elle existe encore de nos jours. Mais en tout cas, si on ne me le permettait pas, je déclare que je me passerais de la permission. »
M. de Saulcy continue à reproduire quelques faits rapportés par le pèlerin de Bordeaux, par Antonin de Plaisance, lesquels j'ai déjà reproduits, et finit en disant: «Ces paroles (des deux cités) se rapportent encore parfaitement, à ce que nous pouvons juger, même de loin, de la distribution intérieure de l'édifice. » Continuant, il parle de la visite du prince de Galles à Hébron ; d'un plan de Macpéla que je lui ai donné avec autorisation de le publier, et fait mention d'autres plans dessinés à la hâte par
le docteur Rosen, et d'un autre de M. Salzman, que peut-être, dit-il, il publiera plus tard. Puis il reprend : « Après une première station aux abords du Haram, j'ai pensé qu'il était convenable d'aller faire une visite au moutzellim (gouverneur) tout fraîchement nommé, et qui se trouve être le beau-frère d'Akkil-Agha, à qui, lors des massacres de Syrie (1860-1861), sa conduite honorable a valu, de la part de l'empereur, un cadeau de belles armes et la croix de la Légion d'honneur (Note XV). j> Il poursuit montrant que le principal objet de sa visite au gouverneur, fut d'obtenir la permission de visiter l'ancien château contigu au Haram, dans l'espérance que de la terrasse il pourrait mieux observer l'enceinte de Macpéla; mais s'étant rendu au château et ayant examiné le lieu vénéré, il dit : « Qui » a examiné le Haram d'Hébron du bas de l'escalier, en a vu » tout autant qu'il en pourra voir en quelque autre point qu'il » se place. »
Excursion de Salzmann et 3! a usa à Hcnron*.
« Au premier aspect, vue de loin, la célèbre enceinte de la mosquée, avec ses pilastres engagés et sa corniche en forme de bandeau plat, paraît être une construction peu ancienne et sans caractère déterminé. Celte impression se modifie complètement lorsqu'on se trouve au pied de ces vénérables murailles. Alors, au contraire, on est frappé de leur aspect de haute antiquité. L'appareil est le même que celui du Haram de Jérusalem. Les blocs sont de même dimension, leur bossage offre le même caractère ; seulement, à Hébron, ce bossage n'est pas exécuté par les mêmes moyens que ceux employés à Jérusalem. Au lieu d'être fait à la brette, il est piqué, non pas à la boucharde, mais à la pointe. Les bandes lisses sont obtenues, comme à Jérusalem, par un ciseau plat, entaillé, qui prend toute la lar-
' Cette excursion a été faite le 20 novembre 1803. Je la copie du Voyage en Terre Sainte par F. de Saulcy. Pag, 328-332.
geur de la bande. Quelques-unes des assises inférieures présentent sur leur surface des masses réservées, grossièrement arrondies et lormant saillie d'environ trente centimètres. Il est probable que la tradition du pays ne se trompe pas et que l'enceinte du Haram d'Hébron est bien l'ouvrage de David. »
v Nous avons pu, au grand scandale de la population, et non sans quelques dangers, dessiner et mesurer les parties accessibles de l'extérieur de l'enceinte. Quant à pénétrer dans l'intérieur, il n'y fallait pas songer. Plus heureuses que nous, quelques personnes de la suite du prince de Galles, qui furent admises à visiter l'intérieur du Haram, purent de mémoire faire quelques dessins et reconstituer un plan qui nous donne une idée de la disposition intérieure du Haram. Nous devons à l'obligeance du docteur Holle la communication d'un essai de plan qu'il put faire, d'après nature, dans des circonstances exceptionnelles. Malgré son imperfection et son exécution toute primitive, nous n'hésiterons pas â publier quelque jour son dessin en fac-similé, à titre de document à consulter. Le plan que nous donnerons nous-mêmes est le résultat du travail de ceux qui nous ont précédés , travail corroboré ou modifié par nos observations personnelles. Nous devons ajouter qu'il est loin d'être infaillible. »
» Le tombeau de Khalil, du bien-aimé, d'Abraham, était probablement disposé comme tous les tombeaux judaïques d'une certaine importance. Il consistait en une chambre dans laquelle étaient pratiquées des niches en nombre correspondant à celui des membres de la famille qui devaient y être inhumés. »
» Cette chambre, peut-être précédée d'un vestibule, avait été taillée dans une partie saillante de la colline qui s'élève, en pente douce, derrière Hébron. Quand David voulut consacrer ce lieu vénéré, il profita de la disposition naturelle du terrain et entoura d'un mur en pierres énormes cette partie saillante, ce cap dans lequel était excavée la chambre sépul-